Améliorer la qualité de l'éducation permet une croissance forte

Ecole en Chine. salinger/Pixabay

Depuis 1964, la plupart des pays développés participent à des tests en mathématiques et lecture de leurs élèves de primaire et collège. Très récemment, les résultats internationaux de l’enquête PIRLS (Programme international de recherche sur la lecture) ont montré que les élèves français avaient une performance relativement faible : 511 points contre plus de 560 points pour un pays comme l’Irlande.

Non seulement le niveau en lecture des élèves français de primaire est faible, mais il a surtout tendance à baisser dans le temps : il est passé de 525 à 511 points entre 2001 et 2016. La faible performance de la France est confirmée dans la plupart des enquêtes comme celle organisée par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), appelée PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves).

En quoi cette faible performance peut-elle avoir un impact sur l’économie ? Il semble à première vue évident qu’une faible performance en lecture et en mathématiques puisse avoir un impact sur la productivité des travailleurs (c’est-à-dire leur capacité à travailler vite et mieux). Les travaux d’économistes comme Eric Hanushek le prouvent : améliorer les compétences des travailleurs permet d’augmenter leur productivité ainsi que leurs salaires. Cependant, cela peut-il aussi influencer l’économie dans sa globalité ? C’est le dilemme classique analysé par les économistes : les conséquences sur les individus (ce que l’on appelle le “micro”) peuvent-elles avoir un impact sur l’économie globalement (ce qui s’appelle le “macro”) ?

Dans de récents travaux, nous collectons ainsi les résultats issus de toutes les enquêtes sur les compétences des élèves afin d’obtenir un indice mondial sur la qualité de l’éducation (appelé indice IQE). En analysant l’impact de cet indice sur la croissance, il en ressort une relation clairement positive.

Ce graphique présente une relation entre la qualité des systèmes éducatifs et la croissance économique d’environ 100 pays sur une longue période (1960-2010). Il en ressort une relation positive assez explicite : plus les systèmes éducatifs sont de qualité (indicateur IQE), plus les pays connaissent un développement économique important (indicateur TCA).

Nous trouvons ainsi qu’investir dans la qualité de l’éducation n’est pas seulement rentable pour les individus, mais aussi pour les pays. En comparant la qualité des systèmes éducatifs entre les différents pays du monde, il en ressort que les pays avec les meilleurs systèmes éducatifs (comme le Japon ou la Corée du Sud) ont une croissance économique plus forte que d’autres pays (comme la France). De façon plus nette, la faible croissance dans les pays d’Afrique subsaharienne peut être expliquée en grande partie par la faible qualité de ses écoles, même si d’autres facteurs peuvent entre en jeu.

Que pouvons-nous faire pour remédier à cette moindre croissance ? Assurément, augmenter la performance des systèmes éducatifs est le facteur clé pour les décennies à venir. Les recherches futures doivent ainsi s’axer sur les déterminants de la qualité des systèmes éducatifs. C’est un défi majeur pour tous les pays comme la France où les budgets sont restreints et où l’on doit faire « mieux » avec « moins ».


La data visualisation de cet article a été réalisée par Raphaël Da Silva.

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