Attentats de Paris : comprendre l’innommable

Dans une rue près du Bataclan la nuit du 13 au 14 novembre 2015. Dominique Faget/AFP

Le choc, bien sûr, devant l’horreur. L’effroi devant une tragédie qui nous sidère. Et puis le deuil pour nos compatriotes et leurs familles. Ce qui s’est passé le vendredi 13 novembre à Paris a glacé la planète et nous a frappé au cœur, dans une ville qui a connu son lot d’attaques de tous bords depuis plusieurs années, mais qui n’avait jamais fait face à un tel carnage.

La tentation serait aujourd’hui de laisser nos émotions remplir le vide qui nous étreint. Mais après le traumatisme, il faut tout faire pour comprendre, tout faire pour analyser comment, après l’infamie de Charlie Hebdo, on a pu en arriver là. À une telle idéologie dont la barbarie semble être le seul moteur. Dans les semaines et les mois qui viennent, The Conversation va mobiliser son réseau d’experts nationaux et internationaux pour tenter de décrypter l’innommable. Parce que tous les chemins qui mènent à un tel carnage méritent d’être remontés, afin que d’autres ne puissent être tentés de les emprunter. Parce que la guerre qui fait rage aujourd’hui – et dans laquelle la France est impliquée – cette guerre-là est inédite, à la fois mondialisée, numérique, archaïque et d’une grande complexité.

Plus que jamais, il faut tenter de comprendre aussi pour mieux prévenir. Comprendre, et prendre le recul de l’analyse, pour ne pas céder aux dérives politiciennes extrémistes qui ne vont pas tarder à se faire jour. Comprendre pour mieux s’unir à l’avenir. Comprendre pour essayer d’apaiser notre douleur. Même si la tâche semble aujourd’hui insurmontable.

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