Lorsque vos enfants -généralement vers l'âge de sept ans- cessent de croire au Père Noël, c'est probablement un moment plus difficile pour vous que pour eux. Shutterstock

L’art de dire adieu au Père Noël

Chers parents,

C’est moi, le père Noël. Je comprends combien cette saison vous a été difficile. Quand votre gamin du haut de ses huit ans vous a froidement annoncé que je n’existais pas…

Comment est-ce possible? L’âge de l’innocence et de la magie est-il déjà disparu? Hier encore, il était si facile de convaincre vos enfants que les quelques miettes éparpillées sur une assiette étaient la preuve irréfutable de mon passage. Et voilà qu’ils n’ont plus aucun respect pour le travail de calligraphie auquel je m’astreins afin d’imiter votre écriture!

Sans compter qu’ils ne vous ont laissé aucune chance de leurs faire part de ma non-existence. Car la plupart des enfants en arrivent à cette conclusion par eux-mêmes.

Ne vous inquiétez pas tant pour vos petits. Ils ne sont pas si traumatisés que cela de ne plus croire en moi. De fait, c'est vous que cela attriste le plus. Et il est fort probable qu’ils ne vous en voudront pas non plus de leur avoir fait croire en mon existence. Bien au contraire, les enfants qui ne croient plus en moi estiment qu'il faut encourager les autres à le faire.

Selon les recherches, peu d’enfants âgés de plus de sept ans et demi croient encore au père Noël.

Sans oublier qu’un petit bout de bonheur ne fait de mal à personne, surtout si l’on tient compte du fait que les gens sont moins heureux durant la période de Noël (à l’exception des fervents chrétiens).

C’est bien dur d’être un parent de nos jours. On ne peut pas dire que je reçoive beaucoup d’information ici au Pôle Nord, quoique la situation se soit beaucoup améliorée depuis que mon épouse a réussi à convaincre les elfes d’utiliser de la poudre magique pour fabriquer un cheval à bascule qui fonctionne comme l’enceinte vocale Echo de Amazon. Mais le peu de nouvelles que nous recevons nous permet de conclure que les gens sont super critiques envers chaque décision que vous prenez, y compris celles qui ont trait à la réalité du père Noël.

Certains chrétiens pensent que croire au père Noël, c’est encourager la consommation comme religion. Il est vrai que comme les dieux des religions, je possède « des informations stratégiques » sur le comportement vos enfants, bon ou mauvais, tout en prêtant davantage attention aux considérations d’ordre moral. (Je ne prête aucune attention à vous, les parents, donc nul besoin de mettre l’historique de votre navigateur Web à la poubelle, ho, ho, ho!) Mais le lien entre croire en moi et croire en des dieux est ténu, car j'ai échoué à attirer un grand nombre de vrais croyants.

Vos enfant ne sont pas les seuls à être incrédules. Peu de gens âgés de plus de sept ans et demi croient encore au Père Noël. Certaines personnes suggèrent que parler de moi, c’est mentir, et pourrait détruire le lien de confiance avec nos enfants, mais il n'y a aucune preuve en ce sens. D’ailleurs, il n’existe pas de preuve scientifique qui démontrerait que croire en moi serait néfaste en quoi que ce soit.

Rien ne prouve que parler du père Noël aux enfants détruirait les liens de confiance. Michael Nunes/Unsplash, CC BY

Par contre, on pourrait y trouver certains avantages: les enfants se comportent de manière plus généreuse après avoir parlé de moi (le même effet ne se produit pas lorsqu’ils parlent de leur animal de compagnie ou bien du lapin de Pâques). Mais quant à savoir si parler du Père Noël les rend plus sages, ce n'est pas clair…

Que vos enfants aient cessé de croire, ou qu’ils n’aient jamais cru, cela n’a pas grande importance. Ne vous sentez pas tristes. Ce n’est pas parce que la balade en traîneau se termine qu’elle n'était pas agréable, n’est-ce pas?

Joyeux Noël à tous et bonne nuit.

Le Père Noël

This article was originally published in English