Hip Hop Management

Last, but not least : « Essai sur la coaction », conversation avec Dominique Allix

Dominique Allix dans l'émission “Fenêtres Ouvertes sur la Gestion” pour évoquer son ouvrage “Essai sur la coaction”, publié en 1976.

The Conversation France a fêté ses trois ans en septembre. La Revue Française de Gestion a fêté les trois ans de son partenariat avec The Conversation France, en septembre. L’heure du bilan a sonné. Il est mitigé.

D’un côté bien sûr, il est plus que satisfaisant. Cette chronique est la 66e de la catégorie « Hip-Hop Management » et 30 articles ont été publiés sous label « Revue Française de Gestion en partenariat avec The Conversation France ». L’audience et l’influence de la recherche en management n’a jamais été aussi importante qu’elle l’est aujourd’hui, grâce aux partenariats développés avec Xerfi Canal Productions et The Conversation France. Un modèle que le monde entier désormais nous envie.

Logiquement, nombreux ont été ceux qui ont tenté de singer cette stratégie, ce qui était somme toute prévisible. Comme il était parfaitement évident qu’ils s’auto-condamneraient ainsi à la médiocrité autant qu’au déshonneur : la conquête du respect ne s’improvise pas ; elle résulte d’une gestion acharnée, construite patiemment, au jour le jour. Espérons que leurs échecs deviennent au moins des leçons, ce qui n’est hélas jamais certain.


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D’un autre côté, soyons lucides, ce bilan éditorial est insatisfaisant. Les trois thématiques sur lesquelles The Conversation France a soutenu la visibilité de la recherche en management n’ont rien donné de convaincant. Ainsi, ni la question d’un management qui pourrait être à repenser à partir des expériences Hip-Hop ; ni la nécessité de réinstruire l’affaire des « pertes de la Société Générale » dites « pertes Kerviel » ; ni plus généralement la façon dont la recherche en management doit conduire à repenser les responsabilités dans la conduite des affaires privées, comme publiques ; sur ces trois points, le résultat aura été au mieux un succès mercatique d’estime, au pire une indifférence générale aux thèmes traités.

Cette chronique écrite après le repos des congés de Toussaint est donc d’abord l’occasion de vous inviter le 14 novembre prochain à la conférence-débat qui se tiendra au Collège des Bernardins.


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Mon indépendance étant – pour combien de temps encore ? – garantie par principe à valeur constitutionnelle, j’y parlerai sans les anonymiser des nombreuses affaires traitées ici au fil des semaines, des mois, des années : EADS, Société Générale, Tapie, Lafarge, Jawad, etc. Et, bien sûr, de la crise politique qui ébranle le monde, et qui pouvait être anticipée… il y a 15 ans au moins. Du moins pour les chercheurs qui savaient choisir les bons ouvrages, comme le Aglietta et Réberioux ou encore le Bébéar/Manière. Durant cette intervention, j’irai jusqu’à évoquer le cas d’un président de la République en exercice, dont la référence (calculatoire et mimétique) aux années 30 fait frémir tant elle est d’abord le symptôme de l’incompétence managériale générale de nos « leaders » en culotte (scientifique) courte.

Je proposerai que pour un exemple réellement inspirant, il vaut mieux regarder du côté de cette thèse de Doctorat délicieusement surgie du passé, publiée en 1976 par Dominique Allix (ancien professeur de droit à la faculté Jean Monnet de l’Université Paris-Sud, ancien avocat général près la Cour de cassation (2003-2011) nommé en service extraordinaire). Une interview qui éclaire d’un œil neuf le présent de notre débat démocratique. Et qui dessine aussi ce qu’aurait pu être un autre avenir que celui dont nous sommes aujourd’hui collectivement prisonniers, si un débat démocratique informé était possible. Mais le défi épistémologique était sans doute, entre 2015 et 2018, trop immense. Pour The Conversation France, comme pour la Revue Française de Gestion, comme pour moi.


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Pour conclure, que l’équipe de The Conversation France reçoive mes très sincères remerciements d’avoir cru en la possibilité même d’une telle aventure (techno-)scientifique nouvelle. Et de l’avoir accompagnée durant plus de trois ans.