Les 100 mots de l’école du futur

Les 100 mots de l’école du futur

Les ed-tech : limites et contraintes

Gros plan sur les ed-tech.

Comme on a pu le voir, le secteur des ed-techs est en pleine ébullition et développement. Tous les jours de nouveaux acteurs apparaissent, apportant de nouvelles opportunités et champs d’investigation. Je suis impressionné par cette créativité et les possibilités offertes. Je l’ai souvent indiqué, il n’y a plus aucune limite dans la salle de classe et… à l’extérieur

Néanmoins, il y a à l’heure actuelle – en France – un certain nombre de limites et contraintes qui pénalisent le développement de ce type d’entreprise

Quatre limites

1. Un marché très fragmenté

Comme on a pu le voir, les cibles sont nombreuses, tout comme les business-models et les applications.

Il n’est pas facile de trouver des points communs ou des synergies entre celles évoluant dans le domaine de l’orientation et celles relevant de la formation continue

2. Des processus d’achat complexes

Les utilisateurs ne sont pas forcément les acheteurs. Je pense entre autres aux parents ou aux professeurs.

Il faut donc cibler les 2, ce qui n’est pas toujours évident, les attentes pouvant être différentes (et opposées) Il faut aussi tenir compte des prescripteurs qui ont, à mon avis, un rôle encore plus important. Là aussi la difficulté est de les identifier

3. Dans ce processus d’achat, et plus spécifiquement pour la France, l’Éducation nationale est un acteur incontournable, voire même obligatoire mais qui rebute toute initiative

  • Process d’achat inadapté aux réalités des ed-techs

  • Aucune liberté pour le directeur d’école, le chef d’établissement ou les équipes enseignantes d’expérimenter des solutions proposées par des ed-techs

  • Faiblesse du taux d’équipement des écoles, rendant aléatoire ces expéimentations ou utilisations

  • Pas ou peu d’argent et nécessité de traiter avec un autre « mastodonte », les collectivités locales qui pour encore plus compliquer la situation ne sont pas les mêmes (mairie pour la maternelle ou le primaire, le conseil départemental pour le collège et la région pour les lycées). Quant à l’enseignement supérieur, tout le monde connaît son sous-investissement

  • Je ne suis pas sur non plus qu’un enseignant souhaitant créer une ed-tech puisse bénéficier d’une aide et d’un accompagnement, sans compter l’impact (négatif ?) sur sa carrière

4. L’importance du gratuit qui rend aléatoire le retour sur investissement et peut décourager des investisseurs

Ces contraintes sont des réalités mais elles ne doivent pas empêcher le développement des ed-techs.

Ces dernières apportent de vraies solutions, que ce soit dans l’apprentissage, la découverte, l’expérimentation, l’approfondissement des connaissances ou les services.

Elles seront au cœur de l’école du futur, c’est indéniable.

Il faut une filière française d’excellence

Ces ed-techs sont aussi des enjeux économiques, industriels et géopolitiques. Je suis surpris lorsque je vais dans des salons internationaux de l’importance du nombre de pavillons de pays.

Il y a véritablement une compétition entre pays dans ce domaine, soit pour attirer ces entreprises, soit pour aider leurs « champions » à s’internationaliser. La France est à la traine dans ce domaine (même si je dois le reconnaître, la situation commence un peu à changer)

Il faut absolument une filière française d’excellence qui bénéficie

  • du soutien de l’État, au travers des ministères (pas uniquement de l’Éducation Nationale mais aussi de Bercy), de ses bras financiers que sont la CDC ou la BPI ou de la FrenchTech ;

  • de fonds privés (il y en a très peu en France) ;

  • d’incubateurs spécialisés ;

  • de l’implication des établissements. L’objectif n’est pas de nous faire concurrence mais de mutualiser pour permettre aux porteurs de projet d’expérimenter et de bénéficier de nos expertises pédagogiques.

Le défi est immense mais c’est une partie de l’avenir de l’école !