Les jeunes face aux défis du travail : le rôle des mères

Mère et fils sur la route. Pensiero via VisualHunt, CC BY

La plupart des gens connaissent bien les raisons pour lesquelles ils doivent être reconnaissants à leur mère. On espère se souvenir de lui être redevable tout au long de l’année pour toutes les connaissances, l’amour et les soins apportés et ce, d’autant plus le jour de la fête des Mères. Cependant, des études montrent qu’en réalité, nous devrions réellement être reconnaissants à nos mères (et à nos belles-mères également) pour tout ce qu’elles nous transmettent. Ne fut-ce que la préparation des jeunes hommes et jeunes femmes aux challenges du marché du travail moderne.

L’influence des mères

Nos parents ont une influence majeure sur nos valeurs, nos comportements et nos opportunités. Pour le meilleur et parfois le pire, ils façonnent notre approche des différents aspects de nos vies, des loisirs à l’éducation et au travail, en passant par nos propres relations de couple. Les recherches montrent que les enfants ont tendance à adopter les mêmes attitudes en lien avec la confiance et le risque que celles de leurs parents.

Les mères semblent avoir une plus grande influence, tout particulièrement en ce qui concerne la confiance en soi. Ces états d’esprit vont influencer la façon dont nous appréhendons tous les aspects de la vie, santé, finance et travail inclus.

Telle mère telle fille, tel père tel fils

Il n’est pas surprenant de suivre les traces de ses parents. Des études montrent comment les classes sociales et les statuts socio-économiques se transmettent d’une génération à une autre au point où les descendants reproduisent les mêmes parcours professionnels que leurs géniteurs.

Alors qu’il est largement admis que les enfants héritent du capital social de leurs parents dans son ensemble, de leur réseau et de leurs ressources, une recherche a montré que ces avantages pouvaient également concerner une profession spécifique. Votre mère avocate va donc peut-être vous inculquer ses comportements professionnels et son assurance ainsi que vous offrir les relations de son réseau.

Les pères ont aussi un rôle. Une étude canadienne réalisée en 2011 a démontré qu’environ 40 % des jeunes hommes avait été employés à un moment ou à un autre par une personne pour qui leur père travaillait et que près de 10 % restaient avec cet employeur à long terme.

Deux grandes théories ont émergé pour expliquer cette tendance des jeunes adultes à travailler au même endroit que leurs parents. La première est le népotisme, quand les parents ou leurs amis ont le pouvoir de donner la priorité à leurs enfants.

La seconde en revanche, suggère qu’une socialisation précoce par les parents peut aider à l’apparente adéquation au poste, étant donné tout ce qu’ils auront appris de la fonction grâce à eux. L’exploitation de cet apprentissage précoce qui semble apparaître naturellement au sein des familles pourrait être une utilisation des ressources particulièrement productive et efficace, et par conséquent, pourrait bénéficier à l’économie.

Mais de tels procédés peuvent aussi renforcer les inégalités chez ceux dont les parents n’occupent pas de postes bien rémunérés ou qui n’ont pas de cercle social prestigieux.

La transmission des comportements de mère à fille

L’accent est beaucoup mis sur la transmission intergénérationnelle des professions de père à fils, en premier lieu parce qu’il y a plus de données concernant les emplois des hommes que des femmes, mais également en raison de l’apparente plus grande complexité des choix professionnels de la gente féminine. Il a de tout temps été admis que les hommes sont censés travailler à plein-temps et aux quatre coins du pays malgré la promotion du travail femmes et l’encouragement des hommes à avoir un plus grand rôle dans la sphère domestique.

En revanche, les opportunités de travail à l’extérieur pour les femmes varient et continuent de dépendre de leurs responsabilités familiales. Néanmoins, les études qui enquêtent sur la transmission des comportements de mères à filles démontrent leur impact important sur la participation au marché du travail.

Ces effets sont passés d’une génération à une autre et peuvent être vus comme l’héritage transmis aux filles par la main-d’œuvre féminine. Et ce qui semble encore plus intéressant est le fait qu’il y avait non seulement une probabilité accrue que les filles travaillent mais également, que les belles-filles aient aussi un emploi. D’autres études laissent entendre que les hommes ont choisi des épouses qui ressemblent à leurs mères ou qui ont pu être les témoins des avantages d’avoir eu une mère qui travaillait pendant leur enfance et qui veulent donc reproduire ce schéma dans leur propre famille. Certains éléments laissent à penser que les mères inculqueraient aussi à leurs fils, les compétences et les valeurs nécessaires à la création de plus d’égalité dans le couple.

chuddlesworth/Visual Hunt, CC BY

Les mères qui travaillent : une assurance contre les crises économiques

Une étude récente sur les impacts de la crise économique montre qu’avoir des mères et des pères qui travaillent réduit les risques que leurs enfants soient un jour sans emploi, et que cette incidence se retrouve dans différents pays et à différentes époques. L’effet protecteur des pères actifs contre le chômage de leurs enfants a diminué pendant la crise mais pas celui des mères.

Une étude qui comparait la situation à travers les pays européens a montré que le fait d’avoir une mère active augmentait la probabilité de l’être soi-même et réduisait le risque d’inactivité. Cela a toute son importance quand on sait qu’être inactif (ne pas travailler et ne pas être à la recherche d’un emploi) est une situation très à risque pour les jeunes. Deux parents sur le marché du travail signifie des taux d’emploi plus élevés ou un taux d’inactivité réduit à la fois pour les fils et les filles.

Les bienfaits de l’égalité de genre à travers les générations

L’influence du comportement des parents sur le marché du travail et dans les professions met en évidence les bienfaits et les risques liés au transfert de valeurs et de normes intergénérationnelles. Pour ceux qui ont grandi dans des foyers avec des mères actives, leur réussite sur le marché du travail est en général meilleure en termes d’évitement d’inactivité en période de crise et d’accès à de bons réseaux.

Cela peut être considéré comme une autre conséquence positive de l’égalité de genre car encourager l’emploi des mères pendant la jeunesse de leurs enfants peut avoir un effet positif sur les chances de succès des enfants dans le monde du travail pendant leur jeunesse.

Cependant, le revers de la médaille est que ceux issus de foyers inactifs courent un risque plus grand de moindre succès sur ce même marché du travail. La leçon à tirer pour les familles et les décideurs est la suivante : faciliter le travail des deux parents et des mères tout particulièrement, a des avantages tant à court terme qu’à long terme pour les foyers, les enfants et la société en général.

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