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Les valeurs du sport au-delà des mots

Images du clip « Je suis Paris » réalisé par le PSG.

Dans les jours qui ont suivi les attentats du 13 novembre de Paris et de Saint-Denis, le sport a rendu hommage aux victimes. Partout, des minutes de silence ont été respectées avant les rencontres sportives du week-end des 14 et 15 novembre, et puis joueurs et supporters de nombreux pays ont entonné « La Marseillaise », les maladresses de prononciation en rajoutant dans l’émotion.

Le sport a su faire siens les symboles de la nation et de la République française : les couleurs bleu, blanc, rouge ont été projetées sur la glace avant le match de hockey opposant les New York Rangers et les Toronto Maple Leafs, sur la pelouse du mythique stade de Wembley et de tant d’autres terrains de part le monde. Les joueurs de l’équipe de l’académie militaire de football américain ont pénétré en courant sur la pelouse avec un drapeau français flottant au vent. Au Masters de tennis masculin de Londres, toute la salle était aux couleurs de la France.

Le PSG a également réalisé un clip mettant en scène une cinquantaine de stars issues du sport : les joueurs et joueuses du club, les Ballons d’or Lionel Messi, Cristiano Ronaldo, Ronaldo, Zidane, mais aussi Martina Navratilova, Rafael Nadal, Carl Lewis, ainsi que de célèbres sélectionneurs du football prononçaient un « Je suis Paris », en français, avec ou sans accent, ou dans une autre langue. Geste symbolique s’il en est, celui des Ultras de l’OM qui ont recouvert un pont d’une grande banderole noire où il était écrit : « Nous sommes Paris ».

À l’Euro, des valeurs à défendre

On s’est ainsi aperçu que le sport professionnel, par ailleurs tant décrié, tant critiqué pour ses dérives financières, ses scandales de corruption ultra médiatisés, était capable de mettre en pratique les valeurs qui lui confèrent son exigence d’exemplarité. Mais hormis ces moments de communion exceptionnels comme ceux qui ont suivi les attentats du 13 novembre, on en parle peu. En juin et en juillet prochains se tiendra, en France, l’Euro masculin de football. Ce sera l’occasion, pour l’UEFA, de mettre en avant les actions de sa Fondation en faveur de l’enfance, ainsi que son programme pour encourager le leadership féminin dans toute l’Europe, ou encore son dispositif FARE qui consiste à combattre les discriminations – racisme, nationalisme, sexisme, trans- et homophobie, etc. – dans le football.

Quant à l’Union européenne, par exemple via le financement de programmes de recherche comme Erasmus+, elle œuvre à la diffusion de bonnes pratiques sur l’activité physique et sportive à des fins de santé, la mixité hommes-femmes dans le coaching sportif, l’éthique des supporters ou encore la promotion du sport pour tous. En France aussi, de nombreux acteurs – fédérations, clubs, intellectuels, mais aussi éducateurs et entraîneurs dans leur travail quotidien – font en sorte que, jour après jour, le sport soit un jeu, un plaisir, un lieu de rencontre. Au-delà les discours, les valeurs du sport n’ont de sens et de crédibilité que si elles trouvent à s’incarner.

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