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Pourquoi le niveau d’instruction mondial n’a jamais été si élevé

Aliaksei Kruhlenia/Shutterstock

Pourquoi le niveau d’instruction mondial n’a jamais été si élevé

Les établissements scolaires et universitaires sont plus fréquentés que jamais. Tel est le tableau très positif que brosse un récent rapport de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), intitulé « Regards sur l’éducation ».

Ce document ne fournit pas d’explication exhaustive du phénomène, mais il en expose les tendances les plus intéressantes.

Tout d’abord, on constate depuis trente ans une « hausse significative » du niveau de scolarisation des populations dans presque tous les pays de l’OCDE, comme l’illustre le graphique ci-dessous, qui compare les niveaux d’éducation des jeunes et de leurs parents. En 2014, un tiers de la population adulte de l’OCDE était diplômée de l’enseignement supérieur.

« Regards sur l’éducation 2015 », OECD

En Corée du Sud, où l’on assiste également à une hausse du taux d’inscription dans l’enseignement supérieur, le nombre d’étudiants dont les parents n’étaient jamais allés à l’université atteste de la formidable progression de la mobilité sociale dans ce pays. Elle est moins prononcée ailleurs, en Autriche, en Allemagne et aux États-Unis notamment.

Le rapport indique aussi qu’en l’espace de dix ans, entre 2000 et 2010, le nombre de Chinois diplômés a augmenté de 30 %. Ce chiffre est sans doute le reflet de l’extraordinaire croissance économique du pays sur la même période, et de l’expansion de l’urbanisation. Ces dernières années, la Chine a également progressé rapidement dans le classement du Programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves (PISA), et le nombre d’étudiants inscrits – en Chine et à l’étranger – s’est considérablement accru.

Bien entendu, quantité n’est pas synonyme de qualité. Même dans les pays classés en tête des évaluations PISA se pose parfois la question de la polyvalence et de la créativité d’étudiants possédant par ailleurs un très haut niveau littéraire et scientifique.

Il serait dangereux de tirer des conclusions hâtives de telles comparaisons : chaque pays a son histoire et ses spécificités sociales, culturelles et économiques, ce qui a évidemment une incidence sur le système éducatif. Par ailleurs, les données provenant de certains pays sont « lacunaires ». Le rapport de l’OCDE ne peut donc fournir une analyse exhaustive des différents systèmes.

Cependant, toute stagnation du taux d’inscription dans l’enseignement supérieur est source d’inquiétude. Le rapport met clairement l’accent sur les bénéfices d’une telle éducation, aussi bien sur un plan individuel que pour la société dans son ensemble. Plus un individu est instruit, plus il a de chances d’être en bonne santé, de mieux gagner sa vie, de faire du bénévolat ou de s’intéresser à la politique.

Il est aussi largement admis qu’un niveau d’instruction plus élevé a des conséquences positives sur un grand nombre de facteurs sociaux, politiques et économiques. Cela peut même atténuer les risques de conflit ou de guerre.

Plus de femmes que d’hommes diplômés

L’éducation des femmes et des filles a aussi des effets très positifs. L’UNICEF constate que « chaque année supplémentaire dans le niveau d’étude des mères réduit de 5 à 10 % le taux de mortalité de leurs enfants de moins de cinq ans ». Ces données, rapportées par l’OCDE et d’autres sources, laissent entendre que, dans le domaine de l’éducation, l’inégalité historique entre les sexes joue en faveur des femmes.

Dans le monde entier, de plus en plus de femmes sont scolarisées, en primaire comme à l’université. Si leur niveau d’instruction reste faible dans un certain nombre de pays – notamment les plus pauvres –, elles sont plus nombreuses que les hommes à obtenir un diplôme de l’enseignement supérieur dans les États membres de l’OCDE (la différence est d’environ 11 %). Selon le rapport, « la probabilité d’avoir un faible niveau d’instruction et de compétences est beaucoup plus importante chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes. »

« Regards sur l’éducation 2015 », OCDE.

Pourtant, malgré leur supériorité sur le plan scolaire, les femmes restent sous-représentées dans certaines filières, comme les écoles d’ingénieur ou la production industrielle. Le fait d’être davantage instruites n’a pas réduit pour autant l’écart de rémunération avec les hommes. Selon l’OCDE, à formation égale, les femmes diplômées ne gagnent en général que les trois quarts du salaire des hommes.

Conséquence des investissements considérables consentis par les pays développés et en développement, l’éducation a donc globalement progressé. Plus récemment, la crise financière mondiale a entraîné des coupes dans le budget de l’éducation de certains pays. Entre 2008 et 2011, selon l’OCDE, la croissance annuelle des dépenses dans ce secteur n’a cessé de décroître (en 2011-2012, elle était nulle).

Dans tous les pays de l’OCDE, les chiffres soulignent l’importance du retour net sur investissement dans le domaine de l’enseignement supérieur (1,2 fois le coût des études pour une femme et 2,5 fois pour un homme, en tenant compte de toutes les dépenses et recettes connexes). Réduire l’investissement dans le secteur éducatif pourrait nous coûter cher si notre ambition est d’assurer une meilleure éducation à travers le monde.


Traduit de l’anglais par Catherine Biros/Fast for Word

This article was originally published in English