Six façons de faire aimer les maths à votre enfant

Les cours qui s'appuient sur des références concrètes aident les enfants à se sentir plus à l'aise. Shutterstock

Il est fréquent de voir les maths comme une matière difficile d’accès et, en définitive, assez ennuyeuse. Le simple fait d’en parler peut suffire à déclencher des réactions négatives chez vos interlocuteurs, comme le constatent de nombreux mathématiciens, lorsque surgit dans un événement mondain la question redoutée : « Que faites-vous dans la vie ? »

Pour beaucoup, les leçons de maths à l’école marquent un point de bascule : c’est là que la moindre curiosité qu’ils pouvaient ressentir vis-à-vis de cette matière tourne au désintérêt. Et, finalement, les maths deviennent un domaine d’études dont beaucoup de gens ne veulent plus entendre parler pour le restant de leurs jours. Une part non négligeable de la population, au moins 17 % – et peut-être beaucoup plus suivant l’approche statistique choisie – développe une anxiété vis-à-vis des maths. Il s’agit d’une crainte paralysante face à la moindre tâche impliquant des nombres, ce qui aboutit à une sous-performance chronique dans toute question nécessitant le recours aux mathématiques.

A l’autre bout de l’échelle, les professionnels des maths voient cette discipline comme quelque chose d’amusant, d’engageant, de stimulant et de créatif. Et en tant que passionnés de maths, nous voudrions essayer de prendre en compte ces différences radicales de perception, pour permettre à tout le monde d’apprécier la beauté et la puissance de cette discipline. Voici donc nos six conseils pour aider vos enfants à retrouver le goût des maths.

Concentrez-vous sur le « pourquoi » des choses

Eddy Woo, un professeur australien, a fait sensation sur Internet avec sa manière entraînante d’aborder les maths. Il part des concepts et, au moyen d’images et de graphiques, en expose les enjeux théoriques.

Il ne demande pas à ses étudiants de faire des exercices répétitifs mais de travailler avec lui à développer leur intuition. Et il pose la question la plus cruciale qu’un élève puisse soulever : « Pourquoi ? » Dans tous ses cours, on peut entendre les « oh » et les « ah » de ses étudiants lorsqu’ils viennent de comprendre une nouvelle notion.

Faites référence au quotidien

Traditionnellement, les mathématiques sont enseignées sur un mode assez balisé, à base d’apprentissages par cœur et d’étude individuelle. Certains étudiants s’épanouissent dans ce système, d’autres – ceux qui typiquement ont besoin de plus d’empathie, souvent les filles – trouvent cette approche trop abstraite, déconnectée de leurs valeurs et de leur réalité.

Relier les concepts mathématiques à des applications réelles peut donner du sens aux cours et aux leçons, et inciter les étudiants à fournir l’effort nécessaire à la compréhension. Les dérivées, par exemple – utiles pour calculer des taux de variation – peuvent être présentées comme un moyen de calculer des pentes, et les pentes font partie de la vie quotidienne – pensez aux pistes de skate et à la grande colline que vous parcourez à vélo.

Reconnaissez le défi que cela représente

L’effort fait partie de l’apprentissage. Cela peut être stimulant mais peut quelquefois engendrer du stress, de la frustration et des accrochages. Cela peut créer un environnement complexe pour des enfants. Mais c’est aussi là que la ténacité et la persévérance seront récompensées quand une nouvelle notion est acquise.

A chaque succès, les étudiants se confortent dans l’idée qu’ils sont capables de progresser en maths. Ainsi, l’apprentissage des maths peut se comparer à l’ascension d’une montagne : beaucoup d’efforts, mais aussi des moments très gratifiants.

Instaurez une dynamique de groupe

Certaines personnes aiment escalader des montagnes en solitaire alors que d’autres préfèrent le faire en bonne compagnie, pour partager les efforts. De même, certains sont contents d’étudier les maths par eux-mêmes, tandis que d’autres ont besoin de plus d’aide pour affronter ce défi. La recherche montre que les étudiants qui échouent en maths sont ceux qui sont les plus affectés par les réactions de leur entourage : parents, profs et médias.

Donnez de l’importance aux maths

Étant donné que l’anxiété vis-à-vis des maths peut se diffuser d’une génération à l’autre, les parents ont clairement un rôle à jouer pour faire en sorte que leurs enfants ne soient pas paralysés à la seule pensée des nombres. C’est important : un parent qui apprend comment éviter de transmettre la peur des maths à son enfant lui donne la chance de découvrir une très belle discipline et d’accéder à des emplois parmi les mieux payés et les plus intéressants.

Créez des liens

Quand il s’agit de maths, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la classe, on ne devrait pas mettre l’accent sur le seul aspect numérique mais aussi sur des questions connexes, comme d’autres domaines d’études ou des applications de la vie quotidienne. Cela aide les enfants à envisager les maths comme une pratique sociale, où la discussion des problèmes avec les camarades de classe, les enseignants et les parents devient la norme.

Article traduit par Aurélie Djavadi

This article was originally published in English

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