Les relations que les gens entretiennent avec leurs animaux de compagnie agissent sur le bien-être et la santé. Shutterstock

Vieillir avec son animal de compagnie, une question de santé et de bien-être

Votre maison est-elle un refuge confortable? Est-elle pleine de souvenirs familiaux et d’amis qui vous sont chers - dont certains sont peut-être des êtres poilus?

Des chercheurs ont analysé les données de l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement. Il s'agit d'une étude nationale sur le développement des adultes et du vieillissement menée auprès de 50 000 Canadiens âgés de 45 à 85 ans. Ils ont découvert que plus d’un tiers des Canadiens âgés ont choisi de vieillir avec leur animal de compagnie et que, pour certains, cela peut améliorer leur degré de satisfaction par rapport à leur vie.

Mon travail de recherche porte sur la justice sociale et le vieillissement, avec une attention particulière aux liens qui unissent animaux et humains. J’ai récemment collaboré à un rapport sur les personnes âgées pour le gouvernement fédéral portant sur les soutiens communautaires de base pour vieillir dans sa collectivité..

J’ai découvert, en recherchant la disponibilité du soutien communautaire au Canada, qu’il n’existait pas de crédits gouvernementaux pour aider les personnes âgées à prendre soin de leurs animaux.

Ce qui est fort dommage, car la relation entre les humains et leurs animaux de compagnie est de plus en plus en plus importante chez les Canadiens. S’il peut sembler frivole de s’intéresser à cette relation, elle a un impact significatif sur le bien-être et la santé et ce, de manières qui peuvent paraître surprenantes.

Aider les gens dans le besoin à couvrir les frais relatifs à leurs animaux est une mesure fiscalement responsable, car le rapport entre un animal et son maître pourrait à long terme faire baisser le coût des soins de santé.

Vieillir en restant chez soi avec son animal

La définition du « vieillir chez soi » - selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies - c’est « la faculté de vivre dans sa propre maison et sa communauté de manière sécuritaire, indépendante, et confortable, quels que soient son âge, ses revenus, ou ses aptitudes ».

On associe le fait de vieillir chez soi à une baisse des tendances dépressives, le maintien de son identité, un rapport continu avec sa communauté, ses amis et sa famille, et à l’évitement du traumatisme émotionnel et physique provoqué par la perte d’un milieu familier.

Pour bien des personnes âgées, les animaux font partie à part entière de leur famille. Il ne s’agit pas seulement d’un compagnonnage, mais également une voie vers une meilleure santé . Selon une étude menée en Allemagne et en Australie, les gens qui vivent avec leur animal de manière continue sont les plus en santé et se rendent moins souvent chez le médecin. Les chercheurs ont établi un lien entre cette relation et une baisse des risques cardiovasculaires, une baisse de la tension artérielle, ainsi qu’un taux plus faible de cholestérol.

Pour bien des personnes âgées, les animaux font partie de la famille. (Shutterstock)

L’étude souligne également que les propriétaires d’animaux sont moins isolés, disposent de meilleurs réseaux de soutien, et s’impliquent plus fréquemment dans des activités communautaires.

Mais de nombreuses personnes âgées ne disposent pas d’un revenu de retraite suffisant et de ce fait, prendre soin d’un animal peut devenir trop cher pour eux.

Compte tenu des nombreux avantages à posséder un animal de compagnie pour la qualité de vie et la santé, nous nous attendons à ce que des programmes communautaires dévoués au maintien des animaux auprès de leurs propriétaires âgés permettent de réaliser des économies pour le système de santé et les programmes sociaux.

Les dangers liés au changement climatique

Une autre inquiétude concernant le « vieillir chez soi avec son animal » est l’impact possible du changement climatique - et ses implications pour la santé.

Le réchauffement climatique amenant plus d’épisodes de canicule, d’été chauds, de sécheresses et d'inondations, le besoin se fait sentir de développer des initiatives de soutien communautaire afin d’éviter les décès dus à la chaleur chez les personnes âgées. La vulnérabilité des personnes âgées à l’extrême chaleur est un phénomène largement documenté, et augmente chez ceux qui souffrent de plus d’une maladie ainsi que pour ceux qui sont socialement isolés.

De nombreuses personnes âgées décident de demeurer chez eux dans une maison surchauffée plutôt que de se rendre dans un centre climatisé sans leur animal, particulièrement s’ils n’ont pas d’option alternative pour prendre soin dudit animal. En fournissant des climatiseurs aux personnes âgées au revenu trop faible pour se le payer, on pourrait soulager leur inquiétude par rapport à la chaleur tout en leur permettant de rester avec leur animal.

Des gens s’enfuient à l’approche d’un feu de forêt. Certains d’entre eux en serrant leurs animaux dans leurs bras tout en abandonnant leurs véhicules lors de l’incendie du Camp Fire qui a ravagé la ville de Paradise en Californie, le 8 novembre 2018. (AP Photo/Noah Berger)

Tout plan visant à aider les personnes âgées à faire face aux risques liés au changement climatique devrait prendre en compte le fait que certaines ont choisi de ne pas évacuer leur domicile malgré des événements climatiques dangereux car ils ne pouvaient pas emmener leur animal. L’obéissance aux consignes d’évacuation serait accrue si des programmes gouvernementaux étaient mis en place pour faire vacciner les animaux et évacuer les personnes âgées avec leur animal afin qu’elles puissent se rendre avec eux dans les centres d’accueil d’urgence.

Aux États-Unis de nouvelles mesures de planification et de préparation aux désastres ont été mises en place afin d’intervenir et de sauver les animaux de compagnie. En permettant l’évacuation des animaux afin de les réunir avec leurs maîtres, on peut exercer une influence positive sur la santé mentale à la suite de cataclysmes.

L’intégration des nouvelles initiatives dans le cadre des organisations communautaires afin d’aider les personnes âgées à prendre soin des animaux qui partagent leur vie serait une condition gagnante pour tous car elle permettrait l’amélioration du bien-être et pourrait diminuer les coûts de santé à long terme.

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This article was originally published in English