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Pour créer des lieux de travail plus sûrs, il faut des dirigeants qui comprennent comment des années de restrictions des ressources, d’environnements malsains, d’abus de la part des patients, sans oublier une pandémie, ont contribué à l’épuisement professionnel et à l’insatisfaction des travailleurs. LA PRESSE CANADIENNE/Nathan Denette

Comment les gestionnaires du réseau de la santé peuvent favoriser des lieux de travail psychologiquement plus sûrs

La crise du personnel des soins de santé au Canada semble s’aggraver de jour en jour, avec des fermetures de salles d’urgence, une pénurie de médecins de famille et des délais d’attente élevés pour accéder aux soins de longue durée.

Au cœur du problème se trouve un personnel soignant physiquement et mentalement épuisé par les milieux peu sécuritaires dans lesquels on lui demande de travailler depuis des années, et qui se sont considérablement détériorés pendant la pandémie de Covid-19.

Les dirigeants du secteur de la santé ont un rôle clé à jouer dans la conception de lieux de travail psychologiquement plus sûrs pour favoriser le bien-être de nos professionnels de la santé. Pour créer des milieux plus sûrs, il faut des décideurs qui comprennent comment des années de restrictions des ressources, d’environnements malsains, d’abus de la part des patients, sans oublier une pandémie, ont contribué à l’épuisement professionnel et à l’insatisfaction que l’on constate chez les travailleurs.

Risques physiques et émotionnels

Avant même la pandémie de Covid-19, les travailleurs de la santé canadiens souffraient déjà d’épuisement professionnel et de dépression. La pandémie a détérioré des environnements de travail déjà précaires, les exposant non seulement à un virus mortel, mais aussi à une montée de la violence physique et verbale, entraînant une hausse des taux d’épuisement professionnel et de dépression.

Il n’est donc pas surprenant que les travailleurs de la santé soient de plus en plus nombreux à quitter la profession, ce qui exacerbe encore davantage les conditions de travail de ceux qui restent.

Un ambulancier portant une visière de protection et une veste jaune fluo longe une file de patients sur des civières dans un couloir d’hôpital
Les enjeux ne se limitent pas à un seul groupe de travailleurs de la santé ni à un seul type de lieu de travail ; les préposés aux bénéficiaires, le personnel infirmier, les médecins, les ambulanciers exerçant dans les hôpitaux, les soins de longue durée, les cliniques de soins primaires et les services d’urgence font tous état d’épuisement professionnel. LA PRESSE CANADIENNE/Nathan Denette

Les enjeux ne se limitent pas à un seul groupe de travailleurs de la santé ni à un seul type de lieu de travail ; les préposés aux bénéficiaires (PAB), le personnel infirmier, les médecins, les ambulanciers exerçant dans les hôpitaux, les soins de longue durée, les cliniques de soins primaires et les services d’urgence font tous état d’épuisement professionnel. Les PAB actifs dans le domaine des soins de longue durée dénoncent des milieux de travail dangereux sur le plan physique et émotionnel, des ratios personnel/patients insuffisants et des environnements irrespectueux.

Nous savons que la santé et la sécurité psychologiques en milieu de travail sont directement liées à la productivité, à la rétention, à l’absentéisme, aux conflits professionnels et au succès opérationnel global du lieu de travail. Les dirigeants, gestionnaires et superviseurs canadiens du secteur de la santé sont exceptionnellement bien placés pour aider les organisations de soins de santé à créer des environnements de travail où le personnel se sent soutenu et en sécurité.

Panneau extérieur affichant « Recrutement de PAB -- nombreux quarts de travail -- avantages »
Les PAB actifs dans le domaine des soins de longue durée dénoncent des milieux de travail dangereux sur le plan physique et émotionnel, des ratios personnel/patients insuffisants et des environnements irrespectueux. LA PRESSE CANADIENNE/Frank Gunn

Notre équipe de recherche a récemment été financée par la Commission de la santé mentale du Canada pour examiner les facilitateurs et les obstacles rencontrés par les organisations de soins de santé dans la création d’environnements de travail sûrs. Nous avons sondé et interviewé des centaines de travailleurs de la santé, toutes disciplines, tous lieux de travail et toutes provinces confondus. Voici ce qu’ils nous ont dit :

  • Beaucoup d’attention est accordée au renforcement de la résilience du personnel soignant, mais sans lui donner le temps et l’espace nécessaires pour le faire. Les organisations peuvent aider en garantissant les congés des travailleurs.

  • Des travailleurs de la santé nous ont dit que des ressources organisationnelles à long terme telles que des champions du mieux-être, des éthiciens et des indemnités de maladie efficaces pour tout le personnel soignant (par exemple, des prestations qui couvrent les services de consultation) contribueraient à soutenir leur bien-être.

  • Des politiques et des procédures opérationnelles appropriées et transparentes liées aux soins cliniques ou aux ressources humaines, qui régissent l’ensemble d’une organisation, contribuent à instaurer un climat de travail équitable et sûr. Les gestionnaires peuvent appuyer davantage leurs travailleurs en s’assurant que ces politiques et procédures sont appliquées et suivies de manière cohérente.

  • Les organisations devraient recruter et épauler des dirigeants efficaces, compatissants et authentiques. Il est essentiel de former des dirigeants du secteur des soins de santé qui sont compétents et se montrent à la hauteur dans leur environnement stressant ; il convient de les encourager et de les récompenser. Les gestionnaires ont également été mis à rude épreuve au cours des dernières années et ont besoin d’être soutenus par leur organisation.

  • Moins de 50 % des travailleurs de la santé de notre étude ont déclaré exercer dans un climat éthique. Par exemple, de nombreux soignants n’ont pas accès aux soutiens nécessaires pour résoudre les dilemmes éthiques. Les organisations de soins de santé ont tout intérêt à se concentrer sur ce point ; en cultivant un environnement de travail éthique, elles démontrent à leurs employés leur volonté de les protéger de la détresse morale.

  • Des professionnels de la santé nous ont dit que la transparence et les communications efficaces sont essentielles et renforcent la confiance dans leurs dirigeants.

L’avenir de notre système de santé dépend du recrutement et de la rétention de travailleurs de la santé passionnés, dévoués et hautement qualifiés. Chaque travailleur de la santé, dans chaque lieu de travail, dans chaque province, a besoin d’une organisation qui valorise et privilégie sa santé et sa sécurité psychologiques.

Pour le rapport complet, veuillez visiter : CSMC – Exploration de deux facteurs de sécurité psychologique pour les travailleurs de la santé.

This article was originally published in English

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