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Deux rochers gris sur la toile de fond noire de l'espace.
Didymos (en bas à droite) et sa petite lune Dimorphos (au centre) étaient les cibles du test de redirection de l'astéroïde double. NASA/Johns Hopkins APL

En plein dans le mille : la sonde DART de la NASA a percuté un astéroïde

Dans une première mondiale, la NASA a lancé un vaisseau spatial sur un astéroïde dans le but de faire dévier le voyageur de pierre de sa trajectoire. Le Double Asteroid Redirection Test – ou DART – est destiné à tester une approche potentielle qui pourrait prévenir la collision d’une météorite avec la Terre. David Barnhart est professeur d’astronautique à l’Université de Californie du Sud et directeur du Space Engineering Research Center de cet établissement. Il a regardé la diffusion en direct de la mission réussie par la NASA et voici ses explications sur ce que l’on sait jusqu’à présent.


Cette vidéo, accélérée 10 fois sa vitesse réelle, révèle une série d’images prises à une seconde d’intervalle par le vaisseau spatial DART alors qu’il s’approchait de Didymos et du plus petit Dimorphos avant d’entrer en collision avec ce dernier. Les dernières images sont montrées en temps réel.

1. Que dévoilent les images ?

Les premières images, prises par une caméra embarquée sur DART, montrent l’astéroïde binaire Didymos – d’un diamètre d’environ 780 mètres (2 500 pieds) – en orbite autour de l’astéroïde Dimorphos, plus petit, mesurant approximativement 160 mètres (525 pieds).

Un objet gris, oblong et rocheux flottant sur la trame de fond noire de l’espace
Cette image de la minilune Dimorphos a été prise 11 secondes avant que le vaisseau spatial DART ne s’écrase sur l’astéroïde. NASA/Johns Hopkins APL

Lorsque l’algorithme de ciblage du DART a trouvé Dimorphos, le vaisseau a ajusté son vol et a commencé à se diriger vers le plus petit des deux astéroïdes. L’image prise 11 secondes avant l’impact et à 68 kilomètres (42 miles) de Dimorphos présente la météorite centrée dans le champ de vision de la caméra. L’algorithme de ciblage était donc assez précis pour que le vaisseau entre en collision juste au centre de Dimorphos.

Une surface rocheuse grise vue d’en haut
Cette photo, qui montre la surface texturée et jonchée de roches de Dimorphos, a été prise deux secondes avant que la DART ne s’écrase sur l’astéroïde. NASA/Johns Hopkins APL

L’avant-dernière image, prise deux secondes avant l’impact, révèle la surface rocheuse de Dimorphos, y compris de petites zones d’ombre. Ces ombres sont intéressantes, car elles suggèrent une prise de vue directe de Dimorphos par la caméra à bord du vaisseau spatial DART, même si le Soleil se trouvait à un certain angle par rapport à celle-ci. Bien qu’elles laissent supposer que DART était centré sur sa trajectoire pour percuter Dimorphos à ce moment précis, il est également possible que l’astéroïde tournait lentement relativement à la caméra.

Une portion d’une photo représentant une surface grise et rocheuse, le reste de l’image étant noir
La dernière image de DART, prise une seconde avant l’impact, n’a pas pu être entièrement transmise vers la Terre. NASA/Johns Hopkins APL

La dernière photo, prise une seconde avant l’impact, ne montre que la tranche supérieure d’une image, mais c’est incroyablement captivant. Le fait que la NASA n’en ait reçu qu’une partie suggère que l’obturateur s’est déclenché, mais que DART, voyageant à environ 22 500 km/h (14 000 m/h) n’a pas pu transmettre l’image complète avant l’impact.

2. Que devait-il se passer ?

L’objectif de la mission DART était de tester s’il est possible de dévier un astéroïde par un impact cinétique – en y précipitant un objet. La NASA a utilisé l’analogie d’une voiture de golf heurtant le côté d’une pyramide égyptienne pour exprimer la différence de taille relative entre le minuscule DART et Dimorphos, le plus petit des deux astéroïdes. Avant le test, Dimorphos a fait le tour de Didymos en environ 16 heures. La NASA s’attend à ce que l’impact raccourcisse l’orbite de Dimorphos d’environ 1 %, soit approximativement 10 minutes. Même s’il s’agit d’un infime choc, si l’opération est effectuée suffisamment loin de la Terre, un tel choc pourrait potentiellement dévier un futur astéroïde se dirigeant vers la Terre, juste assez pour éviter un impact.

3. Que savons-nous déjà ?

Les derniers fragments de données provenant de l’engin spatial DART juste avant la collision montrent qu’il suivait sa trajectoire. La cessation de la transmission des images après l’atteinte du point cible ne peut que signifier que l’impact a été couronné de succès.

Bien qu’il y ait probablement beaucoup d’informations à tirer des images prises par DART, le monde devra attendre pour savoir si la déviation a également été une réussite. Quinze jours avant l’impact, DART avait lancé un petit satellite doté d’une caméra conçu pour documenter l’intégralité de la collision. Des photos ont sans doute été prises par les capteurs de ce petit satellite et des données collectées, mais comme son antenne n’est pas très puissante, les images seront transmises lentement vers la Terre, une par une, au cours des prochaines semaines.

Infographie montrant l’effet de l’impact de DART sur l’orbite de Dimorphos
La force de l’impact de DART devrait légèrement déplacer l’orbite de Dimorphos autour de Didymos. NASA/Johns Hopkins APL

4. Que signifie ce test pour la défense planétaire ?

Je pense que ce test était une excellente validation de principe pour de nombreuses technologies dans lesquelles le gouvernement américain a investi au fil des ans. Et surtout, cela prouve qu’il est possible d’envoyer un vaisseau pour intercepter une cible minuscule à des millions de kilomètres de la Terre. De ce point de vue, DART a été un franc succès.

Au cours des prochains mois et des prochaines années, les chercheurs apprendront l’ampleur de la déviation causée par la collision et, surtout, si ce type d’impact cinétique peut réellement déplacer un objet céleste, même légèrement, à une distance suffisamment grande pour empêcher un futur astéroïde de menacer la Terre.

This article was originally published in English

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