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Tout comme l'ensemble des urgences pédiatriques du pays, celle du CHEO, à Ottawa, est bondée par les temps qui courent, en raison notamment du VRS. La Presse Canadienne/Adrian Wyld

Grippe, rhume et Covid-19 : que nous réserve la saison des virus respiratoires ?

Les experts en santé publique de l’hémisphère nord prévoient un automne et un hiver exceptionnels pour les virus respiratoires, ce qui fait ressortir l’importance des efforts de surveillance mondiale et des vaccins comme outils de lutte contre l’influenza (grippe) et la Covid-19.

Les effets de la Covid-19 sur la grippe saisonnière

Avant la pandémie de Covid-19, la saison annuelle des virus respiratoires dans les hémisphères nord et sud était une sorte d’épidémie, caractérisée par une augmentation rapide du taux d’influenza et de maladies de type grippal à partir du milieu de l’automne, avec un pic au milieu de l’hiver et un déclin au milieu du printemps.

Le schéma de l’activité grippale, qui était auparavant prévisible dans les deux hémisphères, ne l’est plus vraiment depuis la fin des mesures de confinement.

Aux États-Unis, on a signalé environ 36 millions d’infections, 390 000 hospitalisations et 25 000 décès dus à la grippe au cours de la saison 2019-2020. En 2020-2021, on a observé une activité grippale très faible, tandis qu’en 2021-2022, on a compté quatre fois moins d’infections que pendant les saisons prépandémiques.

La mise en œuvre de mesures de santé publique strictes pendant la pandémie de Covid-19 a contribué à réduire l’incidence de l’influenza et des maladies de type grippal au cours des deux dernières saisons de virus respiratoires dans les deux hémisphères. Toutefois, l’assouplissement de ces mesures risque d’entraîner une très forte recrudescence des infections virales respiratoires dans les semaines à venir.

Ces infections comprennent l’influenza, le SARS-CoV-2 et le virus respiratoire syncytial (VRS), qui touche particulièrement les enfants.

L’influenza dans l’hémisphère sud

Quatre taches circulaires rouges sur un fond bleu
Vue microscopique de particules du virus de l’influenza B. (NIAID), CC BY

Malgré l’incidence de la Covid-19 sur la santé mondiale et une saison grippale presque négligeable au cours des deux dernières années, l’hémisphère sud a vu l’activité grippale changer de façon radicale en 2022.

Au Chili, la saison a commencé par une flambée de grippe B en janvier, suivie d’une accalmie relative en mars et avril, puis d’une montée de la grippe A qui a atteint un pic en juin. En comparaison, en Australie, la saison de la grippe a commencé en mars, a connu un pic record en juin et a été dominée tout au long par la grippe A.

Que nous réservent l’automne et l’hiver ?

Contrairement à la grippe saisonnière, la Covid-19 se comporte essentiellement comme un virus pandémique, avec une transmission virale simultanée et importante partout sur la planète. L’activité de la Covid-19 peut être « saisonnière » à certains égards, avec des taux de transmission plus élevés pendant les mois d’automne et d’hiver, lorsque les gens, qui sont plus souvent à l’intérieur, pratiquent moins la distanciation sociale.

L’expérience de l’hémisphère sud en 2022 est un indicateur de ce qui attend les climats nordiques pour la saison 2022-2023 des virus respiratoires.

Dans l’hémisphère nord, les virus respiratoires ont fait leur apparition de manière précoce et fulgurante, en particulier aux États-Unis et au Canada, et semblent voués à faire des ravages dans les systèmes de soins de santé déjà malmenés par les répercussions de la Covid-19.

L’importance de la vaccination contre la grippe

Taches circulaires vertes avec des marques noires sur un fond bleu
Vue au microscope de particules du virus de la grippe H1N1. (NIAID), CC BY

La vaccination constitue une des mesures de santé publique les plus efficaces dans la lutte contre l’influenza et la Covid-19. Les recommandations sur la composition des vaccins contre la grippe sont formulées deux fois par an par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plusieurs mois avant la saison des virus respiratoires dans chaque hémisphère.

Cependant, l’homologation des vaccins contre la grippe relève généralement des juridictions nationales. Des formulations semblables de vaccins sont approuvées aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et dans d’autres pays du Nord, et sont maintenant largement accessibles.

La composition du vaccin contre l’influenza pour la saison 2022-2023 dans les latitudes septentrionales est basée sur la surveillance des souches virales en circulation pendant la dernière saison dans l’hémisphère sud. L’OMS a recommandé le vaccin quadrivalent (quatre souches) et le vaccin trivalent (trois souches), sans accorder de préférence à l’un ou l’autre.

Le vaccin quadrivalent contient deux souches inactivées de la grippe A (H1N1 et H3N2) et deux souches inactivées de la grippe B. Le vaccin trivalent est similaire, sauf qu’il ne contient qu’une seule souche inactivée de la grippe B.

L’efficacité des vaccins contre la grippe

Des mains gantées faisant une injection dans une épaule
On peut recevoir le vaccin contre l’influenza en même temps que celui contre la Covid-19. (AP Photo/Rogelio V. Solis)

La protection vaccinale contre l’infection, les formes graves de la grippe et les décès a d’immenses répercussions sur la santé publique, mais elle est souvent mal comprise. L’efficacité du vaccin varie d’une saison à l’autre et dépend de plusieurs facteurs, notamment le degré de correspondance entre le vaccin et les souches en circulation, l’utilisation de vaccins à forte dose ou à dose standard, les antécédents de maladie grippale ou de vaccination, l’âge, l’état de santé général et les mesures de santé publique telles que la distanciation sociale ou le port du masque médical.

Les vaccins contre la grippe tendent à offrir une meilleure protection contre les sous-types de la grippe B et de la grippe A H1N1, mais une efficacité moindre contre le sous-type A H3N2.

La recherche a démontré que, aux États-Unis, l’efficacité des vaccins antigrippaux à dose standard pour prévenir les formes graves de grippe pendant la saison 2019-2020 était plus élevée pour les jeunes adultes (60 %), relativement faible chez les adultes d’âge moyen (20 %) et faible ou négligeable pour les personnes âgées.

Les vaccins à haute dose permettent d’obtenir une efficacité de 30 % chez les personnes âgées. Par conséquent, les personnes âgées de 65 ans et plus devraient recevoir un vaccin quadrivalent à haute dose. Les vaccins contre la grippe doivent être accompagnés d’autres précautions de prévention des infections, notamment la distanciation sociale, le port du masque à l’intérieur et le lavage fréquent des mains.

Ai-je besoin d’un vaccin contre la grippe ?

On peut se faire vacciner en même temps contre la grippe et contre la Covid-19.

Les vaccins contre l’influenza sont considérés comme sûrs et efficaces chez pratiquement tous les individus, malgré l’absence de preuves solides de protection chez les très jeunes enfants et les personnes âgées. Leur usage est comparable à la protection qu’offre le port de la ceinture de sécurité : on ne sera peut-être pas impliqué dans un accident, mais si on l’est, les chances de survie et de protection contre les blessures graves sont plus élevées avec que sans ceinture.

Au cours de la saison 2019-2020 de virus respiratoires aux États-Unis, la vaccination contre la grippe a permis d’éviter plus de 100 000 hospitalisations et plus de 6 000 décès. Compte tenu de la pression que la grippe et la pandémie de Covid-19 risquent d’exercer sur les soins de santé, les avantages de la vaccination seront probablement plus importants pendant la saison actuelle que pour les années précédentes.

À quoi servent les doses de rappel contre la Covid-19 ?

Masses orange constellées de petits points verts
Vue microscopique de particules de la souche Omicron du virus SARS-CoV-2 (colorées en vert) sur une cellule humaine. (NIAID), CC BY

Pour la Covid-19, l’efficacité d’une primovaccination de deux doses avec une seule dose de rappel est de près de 90 % pour prévenir l’hospitalisation, mais elle chute progressivement à environ 65 % au cours des quatre à cinq mois suivant la dernière dose. Les rappels avec le vaccin bivalent pourraient préserver l’immunité induite par la vaccination contre les nouveaux variants du SARS-CoV-2.

Les vaccins contre la Covid-19 font partie d’une bonne stratégie pour contrer la prochaine vague d’infection. Les derniers vaccins bivalents de Pfizer et de Moderna sont recommandés pour les doses de rappel des personnes ayant reçu au moins deux doses de primovaccination contre la Covid-19.

On pense que les vaccins bivalents sont meilleurs contre les souches dominantes BA.4 et BA.5 d’Omicron que les vaccins à ARNm originaux, mais qu’ils sont aussi efficaces que les vaccins bivalents de première génération qui ciblent la souche originale et le sous-variant BA.1 d’Omicron. Les États-Unis, le Canada et l’Europe ont des critères d’éligibilité légèrement différents en fonction de l’âge et des délais pour ces doses de rappel.

On s’attend à ce que l’influenza et la Covid-19 gagnent du terrain pendant la saison des virus respiratoires dans les climats nordiques. La vaccination, associée à des mesures de protection individuelle, constitue le meilleur moyen de préserver sa santé.

This article was originally published in English

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