La France inégale : où sont les jeunes ? où sont les vieux ?

Manège. http://www.pixnio.com/

Nous poursuivons notre série cartographique en s’intéressant aujourd’hui aux cycles de la vie. De même que les classes sociales, les classes d’âge sont mobiles sur le territoire national. La période actuelle est marquée par l’urbanisation. Périphérie urbaine pour la jeunesse, centres-villes pour les plus âgés.

 

Jeunes et métropolitains

Part des 20 – 24 ans dans la population en 1968 et en 2013 (actionnez les boutons pour changer d’époque).

Source des données : Insee.

Les jeunes, ici la classe d’âge de 20 à 25 ans, étaient assez régulièrement répartis sur le territoire à la fin des années 1960. Ils étaient un peu plus nombreux dans les grandes villes où ils poursuivaient des études et un peu plus rares dans le sud-ouest en raison de la faible fécondité persistante de cette région.

L’augmentation massive du nombre d’étudiants, le recul de l’âge auquel on accède à un emploi et fonde une famille ont entièrement modifié la localisation des jeunes. Désormais, ils passent les premières années de leur majorité dans les grandes métropoles, désertant les campagnes et les petites villes. Ils constituent plus de 15 % de la population de Bordeaux, de Rennes ou de Montpellier tandis qu’ils sont moins de 3 % dans la plupart des zones rurales. Ceci entraînera une profonde transformation des mœurs car la première socialisation et les premières expériences adultes auront eu pour cadre le centre d’une grande ville et non l’environnement familial souvent provincial de l’enfance.

 

De l’enfance au grand âge, les trajectoires des Français

Part des différentes classes d’âge dans la population, en 2013. Utilisez les boutons pour voir la classe d’âge correspondante.

Source des données : Insee.

De plus en plus, chaque classe d’âge se concentre dans un espace particulier. Les jeunes scolarisés (5-15 ans ici) vivent plutôt en périphérie des grandes agglomérations. Ils résident moins souvent dans les grandes villes et aussi dans un grand sud-ouest où les familles ont moins d’enfants. Après le bac, ils s’installent dans une grande ville, soit pour poursuivre des études, soit pour profiter des opportunités culturelles et économiques. Quand ils se sont stabilisés dans leur vie familiale et professionnelle après l’âge de 30 ans, ils émigrent en banlieue, souvent loin du centre car ils recherchent un logement assez grand à un prix acceptable.

Les familles deviennent alors aussi rares au centre des grandes villes que dans les campagnes reculées. Nouveau changement quand les enfants quittent le nid et que se profile la retraite. Les « jeunes vieux » (60–79 ans) colonisent alors les côtes françaises. Ils forment aussi une fraction importante de la population dans les régions rurales vidées par l’émigration et la faible fécondité. Ultime changement aux grands âges. Ceux qui en ont les moyens abandonnent leur villégiature de retraite pour se loger dans une agglomération à proximité d’une structure hospitalière importante. Les villes resurgissent ainsi sur la carte comme lieux de concentration des personnes très âgées.