Pour 2019, changez de regard sur les cosmétiques

Regard arc-en-ciel. Harry Quan on Unsplash

Le mois de janvier, temps des chocolats, des galettes et de leurs couronnes portées sur la tête… et des bonnes résolutions. Et si on en profitait pour remettre en questions nos croyances et idées reçues sur les cosmétiques ?

Changer de regard

… sur les parabens

Les parabens sont des conservateurs antimicrobiens utilisés dans les domaines pharmaceutique et cosmétique depuis le début du XXe siècle. Leur utilisation fait polémique depuis le début des années 2000. Malgré les avis réitérés du Cosmetic Ingredient Review sur la sécurité d’emploi de cette famille de matières premières, un certain nombre de laboratoires cosmétiques continuent à pointer du doigt ces conservateurs sûrs et efficaces. Cela alors même que la réglementation s’oppose à ce type de comportement marketing. En 2019, il est temps de prendre en compte toutes les études et de communiquer autrement.

… sur les silicones

Les silicones sont des ingrédients utilisés depuis une trentaine d’années dans le domaine cosmétique. Les silicones ou polysiloxanes sont des ingrédients sûrs, adaptés à tout public. Les diméticones, nom générique utilisé pour désigner les silicones, sont des ingrédients retrouvés aussi bien dans les produits pharmaceutiques que dans les produits cosmétiques. Utilisée par voie orale, la diméticone exerce un rôle protecteur du tractus digestif ; par voie cutanée, elle favorise l’étalement du produit appliqué sur la peau et joue un rôle barrière.

Très utile dans le domaine du maquillage afin de permettre une bonne dispersion des pigments, les silicones sont appréciées dans les produits capillaires du fait de leur effet conditionneur (les silicones ont une grande affinité pour la kératine du cheveu) et protecteur (protection vis-à-vis de l’effet délétère des UV en particulier). Dans les formules hydratantes à destination des sujets souffrant d’eczéma, les silicones ont fait preuve de leur utilité ; leur emploi permet de restaurer la barrière cutanée et permet d’éviter dans un certain nombre de cas le recours à des traitements corticoïdes ce qui mérite d’être signalé. Enfin, ces ingrédients sont non comédogènes ce qui les distingue des sous-produits de la chimie des pétroles et des huiles végétales. Il s’agira donc des ingrédients de choix pour la réalisation de cosmétiques à destination des sujets acnéiques.

… sur les sous-produits de pétrole

Ces ingrédients occlusifs forment une barrière protectrice très efficace et constituent les ingrédients de choix pour la formulation des sticks labiaux et des crèmes protectrices destinées à la prise en charge des sécheresses cutanées sévères, indispensables l’hiver.

… sur le fluor

Dentifrice au fluor. Alf van Beem/wikipedia

Le fluor est un actif anti-caries bien connu. Il a fait largement ses preuves et permet de faire reculer la prévalence de la maladie carieuse. A moins d’avaler systématiquement et volontairement son dentifrice à chaque brossage, on ne risque pas d’intoxication chronique.

… sur les bases lavantes

Le respect d’une bonne hygiène est un élément-clé de la santé cutanée et de la propreté capillaire. Selon les sensibilités particulières, on optera pour un savon (peaux sans problème particulier), un pain dermatologique, un lait nettoyant ou une eau micellaire (pour les peaux dites réactives). Avec parfum ou sans parfum, chacun trouvera la formule la mieux adaptée. À part le laurylsulfate de sodium (c’est l’irritant de référence) que l’on évitera, on optera pour un tensioactif anionique, amphotère ou non ionique selon la sensibilité cutanée particulière.

… sur les filtres UV

Publicité. Tony Irvine

Pour réaliser un produit de protection solaire permettant d’assurer un haut niveau de protection (SPF affiché 50) ou un très haut niveau de protection (SPF 50+), il est indispensable d’associer dans une même formule un grand nombre de filtres UV. Les filtres organiques appelés improprement « filtres chimiques » sont décriés par certains laboratoires qui leur préfèrent les filtres minéraux (dioxyde de titane et oxyde de zinc). On leur reproche, entre autres, leur effet polluant – mais l es filtres minéraux sont dans le même cas. Autre critique, leur absence d’innocuité totale. Sur ce dernier point, rappelons que si l’effet allergisant de certains filtres est reconnu, l’effet perturbateur endocrinien suspecté pour certains filtres relève du même type de communication que celle concernant les parabens.

En effet, l’effet oestrogénique déterminé in vitro est bien moins important dans le cas des filtres UV () que dans le cas du soja, de la racine de kudzu (Pueraria lobata), ou du bakuchiol. L’application d’un produit de protection solaire à haut indice constitue un bon moyen de se protéger des UV et donc des cancers cutanés photo-induits. Attention, toutefois, de ne pas tomber dans l’excès inverse. Une protection solaire s’impose en cas d’exposition solaire mais elle devient inutile, en revanche, dès lors que l’on ne s’expose pas. Les produits de maquillage et les produits de soin affichant un SPF seront donc soigneusement évités.

… en un mot

L’année 2019 doit être celle de la remise en cause d’une certaine cosmétophobie, qui consiste à voir tout en noir au sujet des produits cosmétiques. Ces derniers constituent des produits de base indispensables dont on ne peut pas se passer. Alliés intéressants dans la prise en charge de la sécheresse cutanée liée à certaines pathologies ou à certains traitements, les cosmétiques ne sont pas des ennemis, mais des produits très utiles.