Pourquoi le cosmos me fascine

Vue du ciel au dessus de l'observatoire ESO. Y. Beletsky/ESO, CC BY-SA

Pourquoi le cosmos me fascine

Cet article est publié dans le cadre de la Fête de la Science 2018 dont The Conversation France est partenaire. Retrouvez tous les débats et les événements de votre région sur le site Fetedelascience.fr


Je suis astrophysicienne à l’European Southern Observatory (Observatoire européen austral, en bref ESO) de Munich, en Allemagne. Mon domaine de recherche est l’astrophysique extragalactique observationnelle. Cette discipline étudie les phénomènes astronomiques au dehors de notre galaxie, la Voie lactée, à partir de données obtenues grâce aux télescopes terrestres et spatiaux. J’étudie les galaxies lointaines pour comprendre comment elles se sont formées et comment elles évoluent au cours du temps. Je suis intéressée par les questions suivantes : comment naissent les étoiles à l’intérieur des galaxies ? Pourquoi certaines galaxies continuent à former des étoiles et d’autres s’arrêtent ? Pourquoi les galaxies ont certaines formes et comment est-ce qu’elles changent au cours du temps ?

La naissance de ma passion pour l’astronomie

Après un lycée d’enseignement général privilégiant les sciences humaines et la littérature, j’ai décidé d’étudier l’astronomie à l’Université. Je me sentais poussée par la curiosité de percevoir le monde naturel avec un point de vue scientifique, une perspective qui manquait à mon éducation jusqu’alors. J’étais guidée par le désir d’en savoir plus sur la beauté de l’Univers et en particulier sur le monde fascinant des trous noirs, j’étais inspirée par des questions philosophiques et par la volonté de participer activement à la compréhension des mystères du cosmos. J’ai étudié l’astronomie à l’Observatoire historique de Padoue.

Mes premiers pas dans la recherche

Ma première expérience dans le monde de la recherche a eu lieu pendant mon Master lors d’un stage effectué entre l’Université de Padoue et l’Université du Minnesota (États-Unis). Pendant cette expérience enrichissante, j’ai étudié des galaxies lointaines dans lesquelles la formation des étoiles a été brutalement interrompue.

L’expérience constructive de mon stage au Minnesota m’a montré l’importance d’être exposée à différentes méthodes pour appréhender la recherche et m’a fait comprendre les avantages d’échanger des idées avec des personnes ayant une éducation très différente de la mienne. Ce sont les raisons principales pour lesquelles j’ai décidé de quitter mon pays et de commencer un doctorat dans l’environnement international et dynamique du CEA, à Saclay (Essonne), où j’ai poursuivi l’étude des galaxies lointaines.

La science au pas de course : l’Observatoire européen austral

Actuellement je travaille comme chercheuse à l’ESO où, pendant trois années, je pourrai poursuivre ma recherche de manière indépendante. L’ESO est l’une des principales organisations pour l’astronomie en Europe. Elle mène une recherche de très haut niveau et fournit aux astronomes des équipements de pointe : il s’occupe en effet de la construction et de la gestion des télescopes situés au Chili, où les conditions climatiques optimales garantissent des observations de très haute qualité. Les objets de ma recherche actuelle sont des galaxies lointaines qui forment encore des étoiles. Quand l’Univers n’avait que quelques milliards d’années, les galaxies avaient des caractéristiques très différentes de celles qu’elles montrent aujourd’hui : leurs formes étaient plus irrégulières et elles formaient leurs étoiles au sein d’énormes concentrations de gaz. La compréhension de la formation de ces grands berceaux gazeux où naissent les jeunes étoiles, de leur évolution avec le temps cosmique et de leur impact sur la vie de l’entière galaxie est crucial et très débattue.

Au-delà de mon travail de recherche, trois fois par an je séjourne à l’observatoire de Cerro Paranal, pour un total de 40 nuits chaque année. L’observatoire de Paranal est situé à 2 600 mètres d’altitude au milieu du désert d’Atacama au Chili, le plus aride sur Terre, où la pollution lumineuse est minimum.

Là j’observe le ciel de l’hémisphère sud avec un des plus grands télescopes du monde, le Very Large Telescope (Très Grand Télescope), conçu et construit par l’ESO. Regarder le ciel de ce lieu complètement isolé, entourée par le silence le plus total, est une expérience émouvante et je suis toujours fascinée par le nombre d’étoiles visibles et la beauté de la Voie lactée !

L’Observatoire du Cerro Paranal. Wikipedia, CC BY

La communication scientifique, ou comment partager ma passion

En parallèle de ma passion pour la recherche j’ai aussi développé une fascination croissante pour la vulgarisation : partager avec les autres les belles images de l’univers, faire part des dernières découvertes des chercheurs, débattre des implications de la recherche scientifique dans la vie et la pensée de chacun, et narrer l’immensité de l’inconnu me procurent un véritable engouement. C’est aussi une façon pour moi de m’éloigner de ma propre recherche et me forcer à adopter un point de vue différent : cela m’aide souvent à trouver une meilleure façon d’expliquer ce que je fais, cela m’est utile aussi pour mes conférences, mes propositions de temps d’observations et mes articles, et pour obtenir des nouvelles idées. Il est toujours encourageant de sentir que l’audience est fascinée par l’astronomie !

C’est donc avec enthousiasme que j’ai accepté de participer au Festival atmosphère, dans le contexte de la Fête des Sciences, du 11 au 14 octobre 2018. Je vais notamment animer des ateliers par petits groupes, pour les enfants et le grand public, autour du fonctionnement d’un télescope et des différentes sources de lumière. Trois ateliers sont proposés.

Pendent le premier, « Voir l’invisible », les participants découvriront comment explorer l’univers avec l’aide des télescopes submillimétriques, millimétriques et radio.

Pendent le deuxième, « Attraper la lumière des étoiles », les participants construiront des appareils optiques simples pour reproduire les différents modèles de télescopes et ils utiliseront des lasers pour suivre le chemin de la lumière à travers le système optique. Ils comprendront la physique de base des appareils optiques et les différents défis techniques rencontrés dans la création des télescopes modernes.

Finalement, pendent le troisième atelier, « L’astronomie à travers du spectre », les participants exploreront les propriétés de la lumière infrarouge et la compareront avec celles de la lumière optique. Les trois ateliers incluront des activités pratiques pendant lesquelles les participants pourront toucher les outils et construire des maquettes. La pratique est un formidable outil d’apprentissage : on se souvient mieux de ce qu’on a expérimenté personnellement ! Il y auront aussi des affiches et des vidéos qui montreront des merveilleuses images de l’univers et des observatoires d’ESO d’où elles ont été prises. J’invite le public à se laisser surprendre et inspirer par la beauté de l’univers. Ce sera l’occasion de nous émerveiller devant la splendeur fascinante du cosmos !

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