2018 en revue : avril et la bulle du bitcoin

Le bitcoin, si volatil. fdecomite on Foter.com , CC BY
cours du bitcoin en 2018. www.abcbourse.com

La chute du bitcoin en 2018 : « la bulle la plus violente de l’histoire » ?

Au travers de l’histoire, il y a eu plusieurs effondrements subits du prix d’actifs divers, qualifiés de « bulles ». L’exemple le plus connu est la bulle des bulbes de tulipes au 17e siècle, mais il y a aussi eu des bulles autour des actions de chemin de fer, des bicyclettes, de la radio et des télécommunications – ayant contribué à la crise financière de 1929 – etc.

Le point commun, c’est qu’il s’agissait à chaque fois d’une innovation technologique pour l’époque. On remarque également que les bulles sont aussi corrélées à l’apparition d’une nouvelle technologie financière. Le bitcoin correspond à ces deux critères, auquel il faut ajouter sa nature volatile. La chute subite des prix du bitcoin début 2018 partage donc certains de critères de « bulles » connues.

Pourquoi cette chute subite du cours du bitcoin, alors que sa valeur ne cessait d’augmenter auparavant ?

C’est très difficile de définir ce qui provoque subitement la chute d’un actif financier, bitcoin ou autre. Il n’existe pas de théorie claire aujourd’hui. Les attaques et piratages de plusieurs plates-formes d’échange de bitcoin ont certainement joué un rôle déclencheur. Il y aura très probablement d’autres bulles liées aux monnaies virtuelles, bitcoin ou autre. Quant à savoir quand… C’est impossible !

Et les autres monnaies virtuelles (darkcoin, etherium, lightcoin…) ?

Il existe une grande concurrence dans le secteur des monnaies virtuelles aujourd’hui. Elles sont basées sur le même principe fondateur que celui du bitcoin : elles représentent une valeur d’échange pure, sans produit « physique » derrière.

Toutes ne se comportent pas comme le bitcoin et réagissent différemment aux fluctuations du marché : c’est donc un avantage pour les investisseurs qui souhaitent diversifier leur portefeuille d’actifs. En revanche, elles sont toutes soumises aux mêmes risques de fraudes : monnaie non soutenue par une banque centrale, plate-forme d’échange frauduleuse, etc. Le secteur des monnaies virtuelles n’est en effet actuellement pas contrôlé.

Faut-il légiférer ?

Cela pourrait porter un coup dur à l’attractivité du bitcoin, qui est justement de ne pas être contrôlé et ne pas dépendre du marché financier classique – avant de devenir un actif financier à part entière, le bitcoin servait notamment à se procurer des objets illicites ou à blanchir de l’argent, rappelons-le.

Plusieurs banques centrales ont déjà manifesté un intérêt envers la technologie blockchain et pourraient vraisemblablement lancer leur propre monnaie virtuelle. Celle-ci aurait l’avantage d’être contrôlée et avalisée par un acteur officiel, contrairement aux autres monnaies virtuelles actuellement en circulation.

La technologie blockchain, une clé pour l’avenir des transactions ?

L’innovation de la technologie blockhain est de garantir les transactions : elles ne peuvent pas être modifiées par des tiers. C’est cette notion d’authenticité, de garantie, qui est novatrice et intéressante. On a ainsi vu des œuvres d’art contenant des codes blockchain cachés pour éviter les faux. On peut imaginer aussi que cela intéressera l’industrie du luxe, pour lutter contre les contrefaçons, par exemple.

Malheureusement, le blockchain se base sur la résolution d’algorithmes complexes qui nécessitent beaucoup de puissance de calcul. L’énergie nécessaire pour résoudre ces problèmes a été pointée du doigt (les datas centers s’occupant des calculs des bitcoins consommeraient autant d’électricité que 159 pays réunis). C’est la face sombre de cette nouvelle technologie, et un autre enjeu à résoudre pour voir son usage se répandre dans le futur.

Retrouvez ici l'intégrale des articles de la rétrospective 2018 des enseignants-chercheurs de l'ULB.