Entrepreneuriat et quête de l’ikigai

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Une enquête effectuée par HEC Paris a montré qu’un nombre croissant d’étudiants (plus de 20 %) avait l’intention de créer une entreprise dans les trois ans suivant la fin de leurs études, certains lançant même une startup pendant leur scolarité.

Cependant, le créateur d’une entreprise innovante est en moyenne âgé de 38 ans. Cet âge est très proche de la fameuse crise de la quarantaine, où beaucoup de personnes décident de changer de cap lorsque leur existence ne correspond pas suffisamment à leurs aspirations et qu’elles ont le sentiment de n’avoir pas un impact suffisant sur le monde.

À cet âge, après avoir passé une quinzaine d’années à trouver sa voie et à se mettre sur orbite sur le plan professionnel, il peut devenir de plus en plus insupportable de travailler au sein d’organisations où vos initiatives sont bloquées, souvent pour de « très bonnes raisons », ce qui peut inciter à ne plus rien entreprendre du tout, ou si peu. Le paradoxe ultime est qu’au final vous risquez fort d’être alors blâmés pour votre inaction. L’art de dépasser certaines injonctions paradoxales fait partie du kit de survie de nombreux salariés…

Plusieurs études ont montré que ceux qui choisissent de se lancer dans l’aventure de la création d’entreprise ne sont pas en priorité motivés par l’argent. Le désir de liberté et d’épanouissement personnel reste le principal moteur de l’entrepreneuriat.

Ceci nous amène à la fameuse intersection popularisée par les Japonais, entre ce que vous aimez faire, ce que vous savez faire, ce dont le monde a besoin et ce pour quoi vous pouvez être rémunérés.

L’entrepreneuriat peut être une très bonne manière de trouver votre « ikigai », terme qui correspond peu ou prou à votre raison d’être, synthèse de votre passion, votre mission, votre profession et votre vocation.

Les composantes de l’ikigai.

Pour autant, atteindre cet objectif constitue un défi à plusieurs titres.

Le jeu en vaut-il la chandelle ? Le risque de n’en prendre aucun…

Même s’il existe plus d’opportunités que jamais, un professionnel en milieu de carrière doit prendre davantage d’éléments en compte avant de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Il faut en effet faire face à des dépenses significativement plus importantes qu’à vingt ans, lorsqu’on a charge de famille et qu’on a plusieurs crédits à rembourser…

Créer sa propre entreprise est indéniablement risqué mais ceux qui seraient tétanisés par cette perspective peuvent également convenir que ceux qui n’ont jamais pris de risque finissent souvent par travailler pour ceux qui en ont pris. Beaucoup de grands entrepreneurs ne sont pas nécessairement des génies mais ce sont souvent des visionnaires et des adeptes de la prise de risques calculés.

L’intrapreneuriat ou le grand saut ?

Si on choisit de rester chez son employeur actuel, l’intrapreneuriat peut être une bonne manière de trancher le nœud gordien. Il est dans ce cas souhaitable de développer ses compétences managériales mais également de renforcer des qualités humaines comme la diplomatie et la détermination. La formation et le mentorat peuvent vous aider à cultiver ces talents.

Pour autant, l’option la plus rationnelle à mi-carrière est parfois de réinventer son avenir ailleurs. Si l’on est dans ce cas, c’est peut-être le moment de se lancer car la plupart des entrepreneurs ont plus de 35 ans. Une étude réalisée sur un échantillon de 525 participants d’un programme d’accompagnement de créateurs d’entreprises innovantes (HEC Challenge +) a montré que l’âge moyen de ces entrepreneurs est de 38 ans.

Plusieurs dispositifs de formation et d’accompagnement peuvent contribuer à développer les compétences des candidats à l’entrepreneuriat et mobiliser des ressources propres à favoriser le succès de leur entreprise. Les incubateurs ou accélérateurs de startups, le mentorat, les fonds d’amorçage et divers contenues numériques et outils collaboratifs et de développement de votre réseau font partie de la panoplie de services qui vous permettront d’identifier et de développer des opportunités de business.

Le prix de la liberté

D’après Henry de Montherlant, « la liberté existe : il suffit d’en payer le prix ». Ce point de vue n’est pas très éloigné du précédent, où la prise de risque est souvent nécessaire pour ne pas se retrouver dans l’impasse.