Le laboratoire créatif

Le laboratoire créatif

L’électricité au secours de la créativité !

pexels photo.

Les humains ont tous un potentiel créateur. Si certains expriment leur créativité avec plus de liberté, d’autres sont moins audacieux, ils respectent les normes et finissent par croire qu’ils sont dépourvus de créativité. Ce qui est entièrement faux, bien sûr !

Il faut parfois un tout petit geste de la part d’un enseignant ou d’un parent pour changer la trajectoire de vie d’un enfant. Le directeur de l’innovation chez Desjardins, une grande coopérative financière à Montréal, Federico Puebla m’a confié lors d’une interview comment enfant il a été traumatisé par le geste de son enseignante. L’homme, dans la quarantaine aujourd’hui, a gardé ce souvenir avec vivacité. C’est dire l’impact d’une remarque ou d’un comportement.

La créativité s’exprime mieux dans un environnement dépourvu de tout jugement, sauf si on a la chance d’avoir un tempérament comme celui du compositeur le plus prolifique de l’histoire après Telemann, Philip Glass, qui affirme dans son autobiographie, Words Without Music, être porteur du germe : « je me fous de ce que vous pensez de moi ».

Il y a de nombreuses façons de stimuler sa créativité, cette chronique le montre chaque semaine. Parmi les nouvelles techniques, l’électricité pourrait aider notre cerveau à penser autrement.

Brancher son cerveau

Une équipe de chercheurs de l’université Queen Mary de Londres explore différentes approches pour augmenter la créativité en stimulant électriquement le cerveau !

Faut-il vraiment recourir à de telles méthodes pour stimuler notre créativité ? Les avis sont évidemment partagés.

Ces outils de recherche permettent de mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre dans notre cerveau, et plus spécifiquement, les raisons pour lesquelles nous éprouvons de la difficulté à penser autrement.

L’équipe de chercheurs a découvert qu’en interrompant temporairement l’activité du cortex préfrontal dorsolatéral, une région du cerveau engagée dans les processus de réflexion et du raisonnement augmenterait notre capacité à penser « out of the box ».

Lorsqu’un courant électrique de faible intensité inhibe le fonctionnement de la région, les participants résolvent plus efficacement certains casse-têtes (puzzles) géométriques qui nécessitent le recours à la pensée latérale.

Ces expériences illustrent la façon dont notre cerveau fonctionne. Pour résoudre un problème, nous réalisons une foule d’expériences, nous en déduisons des règles que nous appliquons ensuite de manière automatique et souvent inconsciemment.

La plupart du temps, ce mode opératoire est tout à fait satisfaisant. Mais lorsque nous sommes confrontés à des problèmes nouveaux, des problèmes qui nécessitent une autre façon de voir et de réfléchir, nos expériences passées peuvent constituer des freins.

Les expériences des chercheurs londoniens confirment en quelque sorte les verrous cérébraux qui sont en cause. Pour aller au-delà de cette fixation mentale, il faut mettre de côté les règles apprises.

Faire sauter les verrous

Selon les chercheurs eux-mêmes (et nonobstant ce qu’en disent les entreprises qui commencent à commercialiser les casques de stimulation transcrânienne à courant continu), il est trop tôt pour recourir à de la stimulation électrique pour provoquer le surcroît de créativité nécessaire pour résoudre un problème nouveau.

Pourquoi ne pas tirer les leçons de ces expériences et contrebalancer les limitations de certaines régions de notre cerveau en stimulant d’autres régions qui sont naturellement activées dans des projets de créativité et d’innovation ? Par exemple :

  1. Mener une multitude d’expériences tout en sachant que plusieurs tentatives mèneront à l’échec : l’humain demeure, en son essence même, un formidable expérimentateur.

  2. Enrichir notre mémoire en multipliant les données concernant le problème à résoudre, même si ces données sortent du champ habituel d’analyse. Observer, analyser toutes les données pertinentes et tenter de trouver des motifs communs, des pistes originales de solution : encore là, l’humain est un extraordinaire extracteur de motifs, de patterns, de règles inédites et originales.

  3. Brider nos réactions émotionnelles face à l’échec et éviter de constamment recourir à des processus formatés pour réussir. Oser explorer et expérimenter des voies complètement nouvelles.

Stimuler sa créativité

Et vous, que faites-vous pour stimuler votre créativité ? Seriez-vous parmi ceux qui aimeraient expérimenter la stimulation électrique ou au contraire vous y êtes complètement opposés ?

Dans la chronique de la semaine dernière, nous avons pu découvrir une expérience où l’intelligence artificielle a créé des œuvres d’art considérées comme plus réussies que celles créées par les humains. Si nous voulons être toujours plus créatifs et créatives, aurons-nous besoin d’augmenter notre cerveau ? J’aimerais beaucoup vous lire sur ce sujet.

Et si vous vous intéressez à la neuropsychologie, je vous invite à écouter le balado (podcast) du Monde des idées avec la professeure émérite, Maryse Lassonde, directrice scientifique du Fonds de recherche Nature et Technologies du Québec et présidente de la Société royale du Canada qui raconte l’expérience menée avec des bébés âgés de dix jours lorsqu’elle était directrice du Laboratoire d’électrophysiologie et d’imagerie optique du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine. Une rencontre vraiment stimulante.

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