Le laboratoire créatif

Que faire lorsqu’on ne s’aime pas assez ?

Darius Bashar/Unsplash

Cette chronique est dans la droite ligne et se nourrit des recherches et rencontres publiées sur mon site Les cahiers de l’imaginaire.


Comme promis, voici mon deuxième billet sur l’estime de soi. Il est le frère jumeau de mon billet précédent, « Narcissisme… ou vouloir briller à tout prix ».

J’ai fait ces recherches à la demande de mes lecteurs qui souhaitent, entre autres, que je traite de deux sujets : l’estime de soi et la rumination. Je ne devais pas relier les deux sujets jusqu’au moment où j’ai découvert que ces deux thèmes étaient mis en relation dans certaines études. Je vous explique cela un peu plus tard. Pour l’instant, j’aimerais rapidement revenir sur le narcissisme.

Qu’est-ce que le narcissisme ?

D’une manière générale, le narcissisme est la tendance qu’a un individu à se préoccuper exagérément de lui-même. Mais en réalité, il n’existe pas de définition tranchée du narcissisme. Il s’agit d’un concept aux multiples facettes.

Sur le plan de la personnalité, on distingue deux grands types de narcissisme :

  • La grandiosité narcissique (grandiose narcissism) : un individu qui se prétend omnipotent, qui est incapable de faire preuve d’empathie, qui a un sens disproportionné de sa valeur et de ses prérogatives (volet que j’ai traité dans l’article précédent).

  • Le narcissisme vulnérable (vulnerable narcissism) : un individu fragile qui ressent parfois de la honte, qui est anxieux, hostile et dépressif.

Une étude a tenté d’élucider les liens qui existent entre les deux types de narcissisme (grandiose et vulnérable) et l’insatisfaction qu’un individu ressent à l’égard de son corps en relation avec d’autres facteurs comme, par exemple, l’estime de soi.

Les résultats de l’étude démontrent que les liens qui existent entre le narcissisme vulnérable et l’insatisfaction à l’égard de son corps dépendent fortement de l’estime de soi, peu importe qu’il s’agisse d’une femme ou d’un homme.

Chez les jeunes en particulier, le narcissisme est un phénomène multidimensionnel où l’estime de soi joue un rôle prépondérant.

Deux termes sont définis avec plus de précision :

  • L’insatisfaction à l’égard de son corps : une évaluation négative de son corps : le poids, la silhouette, la musculature, et une discordance marquée entre le corps comme il est, et le corps idéal.

  • L’estime de soi que vous pourrez mesurer en répondant au questionnaire Rosenberg proposé dans l’exercice « Apprendre à s’aimer » à la fin de cet article.

Comment compenser une piètre estime de soi lorsqu’on provient d’un milieu moins fortuné ?

Une étude menée auprès de jeunes Chinois indique que les étudiants issus des milieux moins favorisés ont tendance à compenser leur manque d’estime de soi par un comportement matérialiste.

Un individu au comportement matérialiste accorde une valeur disproportionnée à la richesse individuelle. Pour lui, la richesse matérielle est considérée comme une valeur centrale, une des principales sources de bonheur et le critère de réussite par excellence.

Le terme ‹ milieu défavorisé › est utilisé en référence à la classe sociale d’appartenance. Une classe sociale est définie en fonction des ressources dont elle dispose : revenus, niveaux d’éducation, emplois, statut social. Les résultats de l’étude indiquent que dans les milieux défavorisés, les possessions matérielles peuvent compenser un manque d’estime de soi.

À tout le moins, à court terme. Plus tard, un autre mécanisme se met progressivement en place. La dynamique de ce mécanisme est la suivante : plus on a de l’argent, plus l’estime de soi s’améliore et plus l’estime de soi augmente, plus on est en mesure d’augmenter ses revenus.

Étant donné de la rareté des ressources dont ils disposent, les individus issus des milieux défavorisés sont sous pression, leurs besoins psychologiques ne sont pas satisfaits et, par conséquent, leur estime de soi est faible.

Dans une société où la richesse est considérée comme le signe de la réussite, l’acquisition de biens matériels est perçue comme le moyen par excellence de rehausser son image de soi. La poursuite de la richesse matérielle devient une valeur qui est, peu à peu, intériorisée. Toutefois, à long terme, cette stratégie peut s’avérer dommageable pour la santé mentale.

Des mesures visant à accroître l’estime de soi permettraient de réduire le niveau de matérialisme des adolescents chinois, à savoir :

  • Encouragements (par les professeurs, les amis…) et plus de reconnaissance parentale.

  • Encadrement scolaire et communautaire afin de promouvoir des activités valorisantes susceptibles d’améliorer l’estime de soi des participants.

Ces mesures peuvent être transposées dans n’importe quels milieux sociaux pour aider les jeunes à augmenter leur estime de soi.

Si vous souffrez d’une faible estime de soi, il y a également des exercices simples pour vous aider à transformer cette situation. C’est l’exercice de cette semaine.

Une fois, son auto-évaluation terminée, dès qu’on se connaît un peu mieux, il n’y a rien de mieux que d’entreprendre un projet créatif. On peut le faire seul ou s’associer à des amis ou des membres de sa famille.

Les grands comédiens sont souvent de grands timides. Les grands entrepreneurs sont souvent des personnes qui étaient différentes des autres, pas toujours comprises par leur milieu. Une faible estime de soi peut être une force sur laquelle on mise pour se sortir de sa condition. C’est la trame de plusieurs histoires à succès.