Après le Brexit, Trump… une chance pour l’Europe

La Silicon Valley vue d'avion ! Patrick Nouhailler / Flickr, CC BY-SA

L’Europe se réveille sous le choc de l’élection non anticipée de Donald Trump comme 45° président des Etats Unis. Passé le moment de sidération, vient celui de l’analyse, avec en premier lieu le fossé croissant entre ce qu’il est commun d’appeler les élites (politiques, journalistes…) et une part croissante de la population qui se défie de ceux qui sont censés la représenter.

On va ainsi opposer Paris à la France profonde, Paris aux banlieues, Bruxelles aux terroirs. Je ne discute pas ici la justesse de ces vues. Le fossé est creusé et les élites vont devoir se provincialiser et se réinscrire dans la réalité des citoyens de leur pays (non seulement connaître le prix du pain au chocolat ou du ticket de tram mais acheter soi-même les produits de consommation courante et prendre les transports en commun) sous peine de confondre comme Louis XVI épiphénomène et mouvement de fond.

Aujourd’hui, alors que tout porte au pessimisme, que l’inquiétude taraude non seulement les marchés financiers mais aussi les citoyens du monde entier, il n’est pas interdit de trouver des raisons d’être optimiste.

Que ce soit au Royaume Uni ou aux États-Unis, la situation est polarisée et le repli identitaire ne touche que peu les moteurs de la croissance si on regarde la coloration des cartes électorales : les grandes technopoles de l’Est (Boston, New York, Illinois) et de l’Ouest (Californie, Washington) restent démocrates. De même au Royaume Uni où les lieux d’innovation n’étaient pas favorables au Brexit.

Ce sont les lieux où les innovateurs, les entrepreneurs et les créateurs de valeur sont le plus mobiles. Ils localisent leurs activités dans les économies ouvertes sur le monde, où le protectionnisme ne risque pas d’entraver leur développement, dans les pays où les talents sont bien bienvenus quelles que soient leur religion ou leurs origines.

Innovateurs, welcome !

Nous vivons une époque étonnante où les chantres du libre-échangisme se replient sur eux-mêmes et se tournent vers le protectionnisme. C’est une formidable opportunité pour l’Europe continentale de porter une autre vision du libre-échangisme pour accélérer son développement !

Renforçons les possibilités d’accueil et de soutien aux entrepreneurs anglo-saxons, favorisons le développement des établissements d’enseignement supérieur qui peuvent être une source importante de revenu et de développement, conjuguons le modèle social de l’Europe continentale avec l’esprit d’entreprise.

Ni le libéralisme débridé, ni le repli identitaire ni le protectionniste ne sont des réponses aux enjeux d’aujourd’hui. Ils sont à la fois dangeureux car ils favorisent les inégalités, les tensions sociales et raciales ; inefficace car les activités économiques tertiaires (recherche, innovation…) se jouent des frontières et contre-productifs car ils entrainent à moyen terme un appauvrissement des pays qui les mettent en œuvre.

L’Europe s’est construite autour de l’idée du marché commun et de la libre circulation des biens et des personnes. Ravivons aujourd’hui cet esprit des fondateurs pour construire ensemble une nouvelle conception du libre-échangisme.

Il n’est pas nécessaire d’importer la Silicon Valley en Europe. En revanche, il est possible de favoriser le développement d’activités high-tech source de création d’emploi et de richesse. Mais la création des high-tech Valleys risque de se heurter au protectionnisme si cela se fait au détriment des populations. Apprenons à conjuguer high-tech valleys et Etorki, Beaufort et Cantal vallées !

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