« Marketing de soi » : arrêtons les salades !

Goubelle, Author provided

Le problème n’est pas d’aimer ou de ne pas aimer se marketer. Se « produitiser », pour qui raisonne, n’est pas – à moins de souffrir de mégalomanie aiguë – la chose la plus facile à faire. Aussi attention, il ne s’agit pas ici de vantardise, d’égocentrisme, de développer le syndrome de Dorian Gray… la problématique contemporaine, que je vous invite à découvrir à ma façon, est ailleurs. Et il s’agira, je le sais, pour bon nombre d’entre vous d’accepter de vous faire un peu violence.

Dans de nombreuses situations, que l’on soit étudiant·e ou professionnel·le, a-t-on aujourd’hui véritablement le choix ? Dès lors qu’il s’agit de trouver un stage, de progresser dans son entreprise, de trouver un emploi, de nouveaux clients…

Bref, l’art du faire savoir son savoir-faire n’est ni une affaire d’improvisation, ni à négliger. C’est devenu un travail à part entière qui doit être pratiqué avec pertinence et sans s’aliéner.

Chacun d’entre nous repère sans difficulté des contributions ici et là parfois hallucinantes, nous ne sommes pas les derniers à en faire des gorges chaudes, voire à les relayer sans grande humanité. Mais balaye-t-on bien devant notre propre porte ?

Croyez-vous que j’ai éradiqué tous mes anciens tweets, parce que mon approche des réseaux est immaculée, que je détiens la vérité vraie, que je n’ai jamais commis la moindre erreur, et que je viens devant vous, sans m’être observé agir vous faire la leçon à grand renfort de diplômes ? Ce n’est pas le genre de la maison.

Des tweets stupides, des mails inutiles que l’on regrette, des contributions idiotes d’arrogance, qui d’entre nous n’en a pas fait ? Que celui ou celle qui n’a jamais failli me jette la première pierre. Qu’il prenne toutefois garde, cette pierre pourra fort bien ressembler à un boomerang. N’est-ce pas ?

Goubelle.

Lorsque nous interagissons sur le Net, quels objectifs poursuivons-nous ? Sont-ils clairement identifiés ? Quelles stratégies avons-nous mises en place ? Quels sont nos leviers de visibilité, et pourquoi et comment les avons-nous choisis ? Quel temps allouons-nous à ce travail dans le travail ? Le faisons-nous dans le bon timing ? Et surtout comment reprendre le contrôle avant de devenir des Twittos compulsifs, des Linkediners hystériques, des Facebookers névrosés… de tout et n’importe quoi avec une expertise dans le n’importe quoi.

Voilà de quoi cet ouvrage – illustré par mon camarade « Goubelle » – parle. Il se veut pragmatique sans être pour autant ennuyeux. Écrire en s’ennuyant serait, je vous l’assure, fastidieux tant pour l’auteur que pour le lecteur… Bon je vous quitte, on vient de sonner, c’est l’heure de l’apéro et qui dit apéro entre amis, dit se concentrer sur ses amis, se tenir bien éloigné de son ordinateur de son smartphone et de toutes les formes d’écrans.

D’ailleurs il est bientôt temps de passer un excellent week-end, ou bien pire encore un merveilleux week-end. Avant de vous quitter, et pour mettre l’eau à la bouche de ceux qui savent rire sans modération… voici un extrait choisi… une bonne feuille de cette délicieuse et utile salade, j’espère que cet extrait vous plaira. Comme je le dis toujours à mes élèves, je ne détiens nulle vérité, et si j’en étais le geôlier je m’empresserais de la libérer.

Le Strat’Ego : Morceau choisi pour lancer le week-end

Il est quelques principes intangibles qu’il convient de s’imposer, il est utile de les rappeler. Si cela vous a échappé, il est des heures tardives dans la nuit noire ou la lune fait valoir ses droits sur le soleil. À ces heures il n’est pas recommandé de poster quoi que ce soit ! La visibilité n’est d’abord, nous l’avons vu, pas optimum, mais pire encore, l’après-apéritif est un moment qui se partage entre amis et où s’éloigner de son clavier n’est pas une sotte idée, ne serait-ce que par politesse pour vos convives !

Oubliez !

Certains n’ont pas l’alcool bon. D’autres ont le post férocement mauvais. Il se trouve que ce sont souvent les mêmes. Je ne préjuge pas de vos rapports à l’alcool et je ne saurais réfréner les velléités de ripailles des activistes épicuriens. Mais bon ou mauvais, vos mots pourraient rapidement franchir la ligne blanche et dépasser votre pensée. Il relève tant de la salubrité du net que de votre image, que de ne jamais agir sous l’emprise de quoi que ce soit en mesure d’altérer votre lucidité.

Si vous pensez votre idée géniale après l’apéritif, c’est votre bon droit, bravo : écrivez-la de préférence sur un brouillon puis relisez-la… à jeun ! Restez convaincu que l’absinthe n’a pas toujours accouché de bons poèmes, pas plus que ne sont tous bons et géniaux les poèmes de bistrot chers aux Oulipos :

« Qu’est-ce qu’un poème de bistro ?
J’écris, de temps à autre, des poèmes de bistro. Ce poème en est un.
Voulez-vous savoir ce qu’est un poème de bistro ? Admettons que la réponse soit oui.
Voici donc ce qu’est un poème de bistro.
Un poème de bistro est un poème composé dans un bistro, pendant le temps d’une beuverie.
Un poème de bistro compte autant de vers que votre beuverie compte de verres moins un.
Le premier vers est composé dans votre tête entre les deux premiers verres de votre beuverie (en comptant le verre de départ).
Il est transcrit sur le papier quand le coude redémarre au verre deux.
Le deuxième vers est composé dans votre tête entre les verres deux et trois de votre beuverie. Et ainsi de suite.
Il ne faut pas composer quand le coude est en marche.
Il ne faut pas transcrire quand le coude est arrêté.
Le dernier vers du poème est transcrit sur le banc du fourgon de police.
Si votre beuverie impose un ou plusieurs changements de tabouret, le poème comporte deux strophes ou davantage.
Si par malchance le coude redémarre entre deux verres, c’est toujours un moment délicat de l’écriture d’un poème de bistro.
Avertissement : le poème de bistro est strictement interdit aux mineurs. À composer avec modération. » (Ian Monk)

À très vite, Yannick. NDLA une page Facebook est à votre disposition pour vos meilleures perles (sans citer l’émetteur ou l’émettrice cela va de soi).

« Que de lettres on n’écrit que pour leur post-scriptum ! » (Sacha Guitry)


« Le Strat’Ego ».

P.-S. Un merci tout particulier à Didier Pourquery, directeur de la rédaction de The Conversation France, à Leighton Kille, directeur de la rédaction adjoint, coordination internationale et technique, ainsi qu’à leurs équipes pour leurs temps et leurs enseignements. Merci à Anne Laure Oudinot, directrice de la communication de Grenoble École de Management et Michel Magali, administratice de la recherche pour leur soutien. Un grand merci à Laurent Mandica, directeur du département marketing de Grenoble École de Management pour son extraordinaire capacité à me supporter, à Laurence Dussert, chargée de communication com-corporate, et Laura Leick, chargée des relations presse de l’école, ainsi qu’Élodie Auprètre, attachée de presse spécialisée dans l’enseignement supérieur et l’innovation de l’Agence MCM. Enfin merci à Philbert Adamon, mon éditeur chez Pearson France, à Laure Rouchy-Duclaud, éditrice de réalisation, Peggy Renoult, chargée marketing et communication, Alexia Uzzan, coordinatrice marketing enseignement supérieur, David Gamblin, commercial comptes clés chez Pearson France, pour leur confiance, leur écoute et leur gentillesse. Sans oublier et pour conclure mon camarade illustrateur dans ce crime bienveillant de lèse-Internet : le talentueux dessinateur de presse j’ai nommé « Goubelle ».

« Le Strat’Ego : les meilleures et les pires pratiques de marketing personnel ». Yannick Chatelain (auteur), Dominique Goubelle (illustration). Paru le 8 juin 2018 Guide (broché) aux éditions Pearson France.

P.-S. du P.-S. : Je serai le 9 juin 2018 l’invité de Stéphane Delaunay, pour une rencontre-dédicace de 16h à 18h Rayon Droit-Economie-Gestion chez Gibert Jeune, 10 place Saint-Michel, Paris. Si vous voulez échanger, rire, passer un bon moment, nous vous attendons…

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