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Planète science : Beijing, New York, Tokyo, grands producteurs de « publis »

Earth. stux/pixabay

Planète science : Beijing, New York, Tokyo, grands producteurs de « publis »

Dans nos sociétés dites de la connaissance, la mesure de l’activité scientifique revêt une dimension politique certaine. Pour éviter des interprétations caricaturales, comme celles issues des lectures du « classement de Shanghai », nous proposons d’envisager le monde scientifique à partir des publications des chercheurs. Nos cartes restent à analyser avec précaution, car focalisées sur un seul indicateur issu du Web of Science, la plus ancienne et la plus complète des bases de données bibliographiques mondiales sur la science (plus de 1,5 million d’articles en 2012).

 
Combinaison d’une représentation en anamorphose et d’une projection Dymaxion (voir plus bas).

Conception et réalisation : M. Baron et L. Jégou pour Géoconfluences. D’après Thomson-Reuters Web of Science 2015, Natural Earth Data, 2016.

La superficie de chacun des pays est ici proportionnelle au nombre d’articles scientifiques publiés en 2010-2011. Cette information est complétée par la localisation et le poids de chacune des 100 premières villes « scientifiques ». Apparaît alors une planète de la recherche très déformée et plutôt polarisée. 130 pays, dont beaucoup de pays africains, ne regroupent que 1 % des articles publiés dans le monde. En parallèle, les 100 plus grandes villes de la science concentrent à elles seules plus de 57 % de l’activité scientifique mondiale.

Elles sont situées, pour un premier tiers, en Amérique du Nord (New York et Boston respectivement au 2e et 5e rang mondial), pour un deuxième tiers en Europe (Londres et Paris 4e et 7e) et pour 20 % en Chine et au Japon (Beijing, 1er, Tokyo et Osaka, 3e et 11e). Les États-Unis sont de très loin le premier contributeur, avec près de 325 000 articles (plus du quart de l’ensemble mondial). Reste l’image d’un monde scientifique très « étroit ».

 
Anamorphose

L’anamorphose correspond à une transformation du fond de carte en fonction du nombre de publications scientifiques (voir la petite carte annexe sur le choix de l’anamorphose). Plus précisément, cette technique consiste à déformer la géométrie des pays d’un fond de carte classique pour obtenir des surfaces proportionnelles à une quantité, tout en préservant au mieux la position respective des pays sur le planisphère et la continuité des frontières. La superficie de chacun des pays est ainsi proportionnelle au nombre d’articles scientifiques publiés. On limite la surreprésentation de pays dont la superficie est importante comme la Russie.

 
Projection Dymaxion

L’utilisation d’une projection Dymaxion, inventée par R. Buckminster Fuller en 1954, se justifie par la volonté de ne pas présenter le monde selon une orientation nord/sud et une coupure par le Pacifique, pratiques certes habituelles en Europe, mais utilisées par convention, sans justification scientifique précise. Comme nous tentons d’identifier les foyers concentrant les publications recensées dans le WoS, une des meilleures façons d’y parvenir est de sélectionner ce type projection. Enfin, la Dymaxion est équivalente : elle ne déforme pas les surfaces des continents, qu’elle présente comme une grande île centrale. Elle permet ainsi une comparaison plus aisée entre les pays.


Ces visualisations ont été initialement publiées par Géoconfluences. Pour en savoir plus : le dossier de la revue M@ppemonde.

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