Chronique juri-geek

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Véhicule intelligent à l’approche : entre highway star et highway to hell

À l'intérieur d'une voiture autonome (système LIDAR sur une Volkswagen). Steve Jurvetson/Flickr, CC BY

Au lendemain de la double alliance Microsoft–Toyota et Toyota–Nippon Telegraph and Telephone Corporation, il est clair que les véhicules connectés figureront en tête des prévisions de croissance des 2.5 milliards de connexions cellulaires en 2025. Quels sont les promesses et défis de l’industrie des véhicules intelligents ?

Voiture autonome : un déploiement progressif en France

Freinage d’urgence, alerte en cas de fatigue, aide à la conduite ou au créneau, adaptation aux limitations de vitesse… votre véhicule propose certainement ces outils d’aide à la conduite. Les voitures connectées offrent d’autres possibilités : alertes de sécurité, données de trafic en temps réel, alerte météo… Demain, c’est le LIDAR qui vous sera proposé : il s’agit de télédétection laser servant à apprécier les distances entre le véhicule autonome et son environnement, mais aussi l’odométrie (estimation de la position d’un véhicule en mouvement) et bien sûr l’intelligence artificielle.

Google Robocar sur piste d’essai. Steve Jurvetson/Flickr, CC BY

Les services de voitures autonomes préconisés par Apple, Google et Uber reposent quant à eux sur des logiciels de conduite automatique. Pourtant, juridiquement, la présence d’un conducteur est toujours requise du moins en droit français (art.R412-6 I du Code de la route). Le développement technique des « systèmes embarqués de transport intelligents » (STI) est en cours avec une phase de test sur la vie publique après ratification du parlement (ordonnance de 2016). Autoriser un véhicule à circuler sans conducteur nécessite en effet une adaptation de la réglementation nationale comme c’est déjà le cas dans plusieurs états américains (Nevada, Californie, Floride, Louisiane, Michigan, Nord Dakota, Tennessee et Utah).

Dialogue incontournable avec les régulateurs internationaux

Si les offres commerciales sont quasi-prêtes, l’industrie automobile conjointement avec celle des technologies de l’information dialoguent avec les régulateurs afin de concevoir les futures normes qui guideront ce marché dans plusieurs années. C’est à l’ONU qu’il faut être, et en particulier à l’Union Internationale des Télécommunications dont le secteur « T » (standardisation) a déjà un agenda bien chargé sur le sujet. Le récent ralliement de Hyundai à cette agence souligne l’importance d’une collaboration rapprochée à l’ère où les TICs convergent avec les transports. L’industrie automobile a bien compris l’intérêt de rejoindre cette organisation pour concevoir des normes globales des systèmes de transport intelligent.

Ces normes devront répondre à un large spectre de considérations : collecte, traitement et échange de données, vie privée et confidentialité, sécurité des systèmes d’information, cybersécurité des véhicules, interface homme-machine, formation et entraînement des conducteurs, enregistrement et certification, comportement après un impact, aspects juridiques (national, régional, international), considérations éthiques. D’autres considérations sont spécifiques aux systèmes tels que : réponse et détection des événements et objets ; validation des méthodes… Mais c’est la détection d’intrusion qui sera sûrement mise en avant auprès des consommateurs.

Vers plus de transparence ?

Des problématiques morales et éthiques seront gérées par des algorithmes intégrés aux logiciels installés par les constructeurs… Toute ressemblance avec un scandale environnemental récent de l’industrie automobile n’est pas fortuite. Comment garantir que ces codes de logiciels refléteront des considérations éthiques ? Les assureurs seront-ils appelés à valider ces algorithmes ? Seront-ils rendus publics ? Après la prise d’otage d’hôpitaux victimes de cyberattaques nos véhicules seront-ils les prochaines cibles de hackers malveillants sur le darknet ? De la détection des menaces aux réponses sur incidents et notification, trouver le juste équilibre entre vie privée et cybersécurité émerge comme le challenge central des véhicules intelligents.

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