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Climat des affaires : malgré le contexte, le retour de la confiance se confirme

Les entreprises françaises anticipent une hausse moyenne de la masse salariale d’environ 3,2 % en 2021. Gerd Altmann / Pixabay, FAL

En France, le niveau de confiance du climat des affaires se maintient actuellement autour de 50 sur une échelle de zéro à cent, et ce malgré la reprise, depuis la rentrée, de l’épidémie de la Covid-19. Ce niveau de confiance (enregistré avant l’annonce de nouvelles restrictions, le 14 octobre) indique une croissance à venir faible de l’économie française, mais pas de risque de récession à court terme.

Niveau d’optimisme moyen des responsables financiers en France (observations mensuelles). Auteur

Si cette trajectoire se confirme, le choc du confinement et de la mise sous coma artificiel de l’activité au mois de mars dernier serait rapidement absorbé par une période de rebond vif, débouchant sur une croissance quasi-nulle.

Signe particulièrement frappant de cet optimisme, l’indicateur de solidité financière de l’entreprise ressort à nouveau à 66 contre 41 au plus fort de la crise sur une échelle de zéro à cent. Cet indicateur est sans aucun doute porté par le plan de soutien gouvernemental.

L’élection américaine ne pèse pas

En Europe, le climat des affaires ressort à 56 contre 52 au trimestre précédent sur une échelle de zéro à cent. Ce niveau n’est que légèrement en dessous du niveau moyen observé courant 2019. La hausse est particulièrement élevée dans les pays du nord comme l’Allemagne, le Danemark ou la Norvège qui affichent une moyenne de 68.

Niveau d’optimisme moyen des responsables financiers en Europe et aux États-Unis (observations trimestrielles). Auteur

Aux États-Unis, le climat des affaires ressort à 61 contre 59 au trimestre précédent. Ni la perspective de l’élection présidentielle de novembre ni la crise de la Covid-19, ne semblent ainsi impacter la marche en avant de l’économie américaine.

Climat des affaires mondial pondéré par le PIB (PIB à prix constants en USD source : Banque mondiale). Auteur

À l’échelle mondiale, l’indicateur d’optimisme retrouve aussi des niveaux pré-crise, mais les disparités restent toujours aussi importantes entre, par exemple, les pays du nord de l’Europe où la confiance est forte et l’Amérique latine où elle est au plus bas.

Aucune zone économique ne semble réellement pouvoir prendre le relais de la croissance avant plusieurs trimestres.

Une reprise vigoureuse en 2021

Le rebond des indicateurs de confiance se traduit par une amélioration des chiffres prévisionnels. En France, par exemple, les perspectives de croissance du chiffre d’affaires pour l’année 2020 ressortent désormais à environ – 4,5 % selon le scénario central, contre des anticipations de l’ordre de – 7,5 % à la sortie du confinement en mai.

Au-delà, les entreprises françaises s’attendent à un fort rebond de l’activité pour 2021 avec une croissance du chiffre d’affaires qui pourrait atteindre 10 % pour le scénario central, compris entre 3,5 % pour le scénario pessimiste et 15 % pour le scénario optimiste.

Variation du chiffre d’affaires, de l’investissement, du nombre d’employés et de la masse salariale attendus à 12 mois en pourcentage en France. Auteur

Nous retrouvons la même dynamique sur l’ensemble des variables que nous mesurons. En particulier, si le nombre de salariés pourrait baisser d’environ 2 % sur l’année en cours, 2021 devrait voir, selon les anticipations des entreprises, une reprise des embauches et une hausse moyenne de la masse salariale d’environ 3,2 %.

Enfin, les entreprises prévoient désormais une hausse des investissements de l’ordre de 7 % sur 2021. À titre de comparaison, les entreprises américaines anticipent une baisse de 0,2 % de leurs chiffres d’affaires en 2020 avant un rebond de 8,7 % en 2021.

Les partenaires inquiètent toujours

Les indicateurs de confiance pointent tous vers une reprise rapide de l’activité mais l’inquiétude demeure quant aux relations d’affaires avec les clients et fournisseurs.

Lorsqu’on interroge les entreprises, elles sont encore près de 90 % en France à nous dire leurs doutes sur la solidité financière de leurs partenaires quotidiens (clients et fournisseurs). Dans ce contexte, il semble difficile de parier sur une reprise forte de l’activité dans les mois qui viennent.

Il en est de même aux États-Unis où seulement la moitié des entreprises espèrent avoir retrouvé en 2022 un chiffre d’affaires équivalent à celui qu’elles affichaient avant la crise. Comme le notait récemment le FMI, il est probable que la reprise sera longue à venir, inégale à travers les pays et d’un caractère incertain.


Pour voir les résultats complets de cette enquête : grenoble-em.com Prochaine enquête courant décembre 2020 : ceocfo.org


Cet article est tiré de la dernière enquête Duke University – Grenoble École de Management soutenue par la DFCG qui mesure chaque trimestre, depuis plus de 20 ans, le climat des affaires tel qu’il est perçu par les responsables financiers des entreprises à travers le monde. L’enquête recueille plus de 800 réponses anonymes d’entreprises de tous secteurs et de toutes tailles. Vous pouvez consulter les résultats complets de cette enquête.

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