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Debbie Frier, infirmière diplômée, injecte à Leah Sawatsky, infirmière des urgences, à droite, le vaccin Pfizer-BioNTech contre la COVID-19 au Regina General Hospital de Regina, le 15 décembre 2020. La Presse Canadienne/Michael Bell

La statistique de l’année : 332

Des scientifiques en Chine ont publié la séquence du génome complet du SARS-CoV-2 le 11 janvier 2020. Le 8 décembre 2020, les autorités sanitaires du Royaume-Uni ont commencé à administrer au public un vaccin efficace contre le coronavirus et le Canada faisait de même une semaine plus tard.

Ainsi, la communauté scientifique mondiale aura réussi à mettre au point un vaccin contre la Covid-19 en seulement 332 jours.

En tant que statisticienne, j’ai fait partie cette année du jury de la Royal Statistical Society, qui choisit chaque année la Statistique internationale de l’année. Tout comme pour le concours du « Mot de l’année » du dictionnaire anglais Oxford, nous choisissons une statistique qui reflète l’actualité de l’année.

La statistique de 332 jours a été la gagnante incontestable. Après cette année marquée par la pandémie, les difficultés économiques et la tristesse provoquées par les décès et le confinement, ce chiffre reflète une collaboration sans précédent dans l’histoire de la médecine. Qui plus est, il donne l’espoir d’un retour à la normale en 2021.

Un chercheur travaillant avec des flacons contenant le vaccin de la Covid-19 dans un laboratoire
Le développement d’un vaccin prend normalement environ 10 ans. AP Photo/Jessica Hill, File

Le développement de vaccins le plus rapide jamais réalisé

En 1981, des chercheurs ont établi un lien entre le papillomavirus humain et le cancer du col de l’utérus, une maladie qui cause encore des centaines de milliers de décès par an dans le monde entier. Mais ce n’est qu’en 2006, plus de 25 ans plus tard, que le premier vaccin contre le HPV a été mis au point aux États-Unis.

Il faut en moyenne plus de 10 ans pour mettre au point un vaccin. Avant cette année, le processus le plus rapide a été celui du vaccin contre les oreillons, qui a pris quatre ans avant d’être approuvé.

En avril 2020, le New York Times avait élaboré plusieurs scénarios avec des experts en vaccins pour déterminer le temps nécessaire à l’obtention d’un vaccin contre le SARS-CoV-2. Dans des circonstances normales, les experts ont estimé qu’un vaccin pourrait être prêt en novembre 2033.

Comment les chercheurs ont-ils bien pu réussir à mettre un vaccin sur le marché en seulement 332 jours ?

La Maison Blanche la nuit
Le financement massif du gouvernement américain a joué un grand rôle dans la rapidité de la mise au point du vaccin. AP Photo/Susan Walsh

Le gouvernement américain a financé la recherche de plusieurs vaccins en sachant que certains d’entre eux ne verraient jamais le jour, mais en espérant que d’autres fonctionneraient. Dans le cadre de l’opération Warp Speed, le gouvernement américain a rapidement promis près de 9 milliards de dollars pour financer le développement et la production de vaccins.

Moderna – le deuxième vaccin autorisé aux États-Unis après celui de Pfizer – a reçu un peu moins d’un milliard de dollars de fonds fédéraux, avec 1,5 milliard de dollars supplémentaires pour 100 millions de doses. Bien que ce chiffre ne soit pas surprenant – le coût de développement des vaccins se situe généralement entre 521 millions et 2,1 milliards de dollars – ce n’était qu’un des nombreux projets coûteux.

L’appui des gouvernements et des donateurs privés a également servi à la construction de nouvelles installations de production, partant du principe qu’un vaccin était imminent et que les obstacles réglementaires habituels seraient franchis rapidement. Par exemple, la Fondation Bill et Melinda Gates a aidé à financer sept usines en avril dernier, même si seulement une ou deux de ces usines seront effectivement utilisées.

Cet afflux de capital dans de multiples vaccins et la préparation en amont de la fabrication ont contribué à ce qu’un vaccin soit développé et distribué en un temps record. La mise au point des vaccins contre la Covid-19 témoigne de l’ingéniosité, du dévouement et des efforts de collaboration de la communauté scientifique. Au terme d’une année en apparence sans espoir, il y a enfin une lumière au bout du tunnel.

This article was originally published in English

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