Trier, réemployer, réparer, entretenir : confinés, quatre conseils pour une consommation plus sobre

Un Français sur deux affirme avoir déjà réparé lui-même un objet électronique. K I L I A N / Unsplash, CC BY-NC-SA

En cette période de sédentarité contrainte, nos achats sont drastiquement réduits : cafés, restaurants et magasins sont pour la plupart fermés, nos dépenses hors loyers et énergie se résument donc globalement à l’alimentation. Le 9 avril, l’Insee annonçait que la consommation des Français avait chuté de 35 % depuis le 16 mars, veille de la mise en place du confinement.

L’occasion de questionner nos besoins réels, de redécouvrir toutes les ressources que renferment nos maisons et nos appartements, et de faire le tri entre l’utile et l’artificiel. Depuis 1960, les ménages ont multiplié par trois leur consommation, comme le rappelle l’Ademe.

Et chacun de nous génère en moyenne 568 kg de déchets par an, soit deux fois plus qu’il y a 40 ans.

Redécouvrir des trésors cachés (et faire le tri)

Nos caves, garages et placards regorgent d’objets tombés pour beaucoup dans l’oubli. Pour s’en rendre compte, quelques chiffres : en France, chacun de nous possède en moyenne 99 équipements électriques et électroniques, et croit en détenir 34. Sur cette centaine d’objets, 6 en moyenne ne sont jamais utilisés.

Profitons du confinement pour faire l’inventaire de ce que nous avons, et réalisons le tri entre ce que nous utilisons, ce qui fonctionne mais que nous n’utilisons pas, et ce qui ne fonctionne plus.

C’est l’occasion de redécouvrir des vêtements à remettre ou équipements à réutiliser et d’identifier les objets à renvoyer dans d’autres circuits, afin qu’ils tombent dans des mains qui en auront besoin : le don ou la vente de seconde main. Rappelons que le don, la revente et la réutilisation ont évité 1 million de tonnes de déchets en 2017.

Bien sûr, il faudra attendre le déconfinement pour apporter les biens dont nous souhaitons nous débarrasser dans des structures adéquates, mais nous pouvons dès à présent les mettre de côté. Dans un second temps, les solutions sont nombreuses : sites de dons (comme Geev ou Bon débarras), associations caritatives, friperies, vide-greniers ou dépôts-ventes.

Au geste environnemental qui consiste à éviter la production superflue de biens neufs, s’ajoute le geste social qui permet à des personnes d’accéder gratuitement ou à coût minime à un bien dont elles ont besoin.

Apprendre à réparer

Par ailleurs, plutôt que de jeter les équipements électriques ou électroniques qui nous paraissent défectueux, pensons à la réparation. En moyenne, chaque Français envoie à la poubelle entre 20 et 24 kg d’équipements électriques ou électroniques ménagers. Une grande partie sans qu’on ait tenté de les réparer.

Si les magasins dédiés sont eux aussi fermés, nous sommes capables d’effectuer un certain nombre de petites réparations, un Français sur deux déclare d’ailleurs avoir déjà remis en marche un appareil électronique. C’est l’occasion de découvrir comment fonctionnent les équipements. Certaines réparations exigent d’ailleurs très peu de matériel. Parfois, un tournevis ou une aiguille et un fil suffisent.

Donner une seconde vie aux objets

Au-delà des équipements, de nombreux objets peuvent être détournés et réemployés à une fonction nouvelle. Votre pot de moutarde devient un contenant pour des légumes secs ou du rangement, et un vieux T-shirt devient alors un chiffon.

Mais vous pouvez également faire preuve de créativité en vous lançant dans l’upcycling, qui consiste à composer à partir de différents objets un nouvel appareil ou un nouveau vêtement. Customiser une vieille robe, la transformer en jupe ou en déguisement, par exemple.

« La robe » (Ademe).

Entretenir pour allonger la durée de vie

Habits, équipements électroniques, équipements sportifs… un certain nombre d’équipements requièrent un entretien régulier pour prolonger au maximum leur durée de vie. Comme nous bichonnons notre voiture, il serait logique de prendre soin de l’ensemble de nos objets, et bien sûr aussi de notre habitat. Pour cela, quelques produits suffisent, parfois même un peu de vinaigre blanc ou de bicarbonate de soude.

Une étude réalisée par l’Ademe montre qu’allonger la durée de vie de l’ensemble du parc français de téléviseurs d’un an (que ce soit par l’entretien, le don, la revente), passant de 8 à 9 ans, le gain environnemental serait de 1,7 million de tonnes de CO2, soit les émissions annuelles d’une ville comme Lyon. De même, si nos smartphones étaient utilisés un an de plus, 181 000 tonnes de CO2 seraient évitées, soit les émissions sur un an d’une ville de 45 000 habitants.

Veiller à réparer et à entretenir nous permettra de conserver les objets plus longtemps, et ainsi d’éviter un renouvellement très fréquent. Sur la garde-robe des Français, les chiffres sont frappants. Depuis 10 ou 15 ans, son volume a augmenté de 60 %, avec des habits que l’on garde deux fois moins longtemps. Si les producteurs ont un rôle considérable à jouer de leur côté sur la qualité des produits qu’ils nous vendent et la réduction de la fréquence de renouvellement des gammes, nous pouvons nous aussi contribuer à plus de sobriété.

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