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Deux hommes en costume sombre lèvent des coupes de champagne l'un vers l'autre. Une peinture murale ornée se trouve derrière eux
Le président chinois Xi Jinping et son homologue russe Vladimir Poutine portent un toast lors de leur dîner au Kremlin, à Moscou, en mars 2023. (Pavel Byrkin, Sputnik, Kremlin Pool Photo via AP)

Voici comment contenir la Chine et la Russie, superpuissances frappées d’allégations d’atrocités

En Afrique du Sud, lors de la dernière réunion des BRICS, un groupe de puissances économiques comprenant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, le président russe Vladimir Poutine brillait par son absence.

Parce que la Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt contre lui plus tôt cette année en raison d’atrocités présumées sur des enfants ukrainiens, Moscou s’inquiétait visiblement que Poutine soit arrêté s’il se rendait à Johannesburg.

Les atrocités de masse comprennent les génocides, les crimes contre l’humanité, le nettoyage ethnique et les crimes de guerre. Parmi tous les défis du monde actuel, l’urgence de prévenir les atrocités de masse s’impose.

En 2023, nous faisons face à un nombre sans précédent de personnes déplacées de force, plus de 100 millions, phénomène attribuable en partie à un flot exacerbé par l’invasion russe en Ukraine.


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Stagnation du progrès

Bien qu’il y ait eu des réussites en matière de réduction des violations des droits de la personne, comme l’adoption de la doctrine Responsabilité de protéger des Nations unies et la création de la Cour pénale internationale, de récents événements préoccupants indiquent non seulement une stagnation du progrès, mais une régression.

Le fait de voir deux membres du Conseil de sécurité de l’ONU, la Chine et la Russie, être accusés d’atrocités de masse est particulièrement troublant.

La Chine est devenue de plus en plus belliqueuse et agressive, menaçant ses voisins et persécutant ses minorités. Les mesures de Beijing contre sa population musulmane ouïghoure ont soulevé l’indignation mondiale, à la suite d’allégations de génocide, de travail forcé, de détentions de masse, de répression culturelle et de destruction de mosquées.

De façon similaire, l’invasion russe de l’Ukraine a soulevé de graves préoccupations en matière de violation des droits de la personne. De nombreux chercheurs et experts prêtent une intention génocidaire à l’armée russe en raison du massacre de civils dans des villes ukrainiennes comme à Boutcha, des cas généralisés de torture confirmés par les Nations unies et des tentatives continues qui semblent destinées à détruire la culture ukrainienne.

Une femme vêtue d’une robe bleue à motifs regarde un grand mur commémoratif sur lequel sont gravés des noms d’Ukrainiens
Une femme dans une robe aux motifs bleus devant une murale honorant les gens tués par les troupes russes à Boutcha, en Ukraine. Boutcha a été occupée par les forces russes pendant environ un mois au début de l’invasion. (AP Photo/Jae C. Hong)

Les liens entre la Chine et la Russie

L’alliance émergente entre les régimes autoritaires de Chine et de Russie est très préoccupante. Le président chinois Xi Jinping, lors de son récent voyage à Moscou, a dit à Poutine :

Il y a des changements qui ne sont pas arrivés depuis 100 ans. Ensemble, nous provoquons ces changements.

L’idée d’un futur ordre mondial façonné par ces deux autocrates donne une nouvelle profondeur à cette célèbre citation du romancier anglais George Orwell : « Si vous voulez un portrait de l’avenir, imaginez une botte écrasant un visage humain, à jamais. »

Alors que Poutine et Xi s’efforcent de transformer l’ordre international, chaque pays doit réfléchir à la grave menace qui pèse sur les droits de la personne, les normes démocratiques et l’essence même de la Charte de l’ONU, particulièrement à l’égard des actes d’agression

Le fait de voir de grandes puissances se comporter ainsi confirme l’effritement de l’engagement mondial à prévenir ces atrocités.

La situation actuelle souligne l’urgence de raviver les flammes du progrès et de veiller au maintien des normes et des institutions des droits de la personne.

Il incombe à la communauté internationale de réaffirmer son engagement à prévenir les atrocités de masse, peu importe le statut géopolitique et la puissance économique des coupables. Cela passera par quatre piliers.

Quatre moyens de faire respecter les droits de la personne

  1. La sensibilisation et l’éducation doivent être améliorées pour amplifier la voix des populations présumément ciblées par la Russie et la Chine. Les populations informées peuvent faire pression sur leur gouvernement pour faire respecter les droits de la personne et obliger les criminels à rendre des comptes. Elles peuvent également exiger que les entreprises arrêtent de faire affaire avec les deux pays jusqu’à ce que leurs politiques et leurs comportements changent. Moscou et Beijing font tout leur possible pour diffuser de la propagande et de la désinformation à l’échelle mondiale.

  2. Des initiatives diplomatiques doivent être lancées pour veiller à ce que les intérêts économiques n’éclipsent pas la nécessité de prévenir les atrocités de masse. Les pays doivent se regrouper pour contrer les plans d’hégémonie mondiale de Moscou et de Beijing, qui sonneraient le glas des droits de la personne et de la démocratie.

  3. L’importance de renforcer les mécanismes de justice est capitale. La Cour pénale internationale doit avoir le pouvoir d’enquêter et de poursuivre tous les responsables, peu importe leur statut. Cela inclut l’exploration de moyens que la Cour pourrait utiliser même lorsqu’elle fait face à des sanctions et à des menaces.

  4. Les pays doivent continuer de faire respecter l’article 51 de la Charte de l’ONU, « le droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un membre des Nations unies est l’objet d’une agression armée » et soutenir l’Ukraine dans ses efforts pour stopper l’invasion génocidaire russe. De fausses déclarations de négociations de paix masquent l’intention russe de recoloniser l’Ukraine, ce qui se produira seulement par la violence de masse et la destruction de l’identité ukrainienne. Cela enverra également un message à Beijing que son soutien à l’invasion russe de l’Ukraine, sans parler d’une potentielle attaque chinoise sur Taïwan, s’accompagnera de conséquences.

La communauté internationale doit reconnaître que des superpuissances commettent des atrocités et que cela fait peser une menace concrète sur la paix et la sécurité dans le monde.

Les pays qui commettent des génocides à l’intérieur et à l’extérieur de leurs frontières, sans oublier l’emprisonnement de journalistes, de leaders de l’opposition politique et de groupes de la société civile, représentent un danger pour l’humanité.

Lorsqu’ils sont membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et qu’ils se concertent, ils représentent une menace totalitaire à prendre au sérieux.

This article was originally published in English

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