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Les liens entre l'humain et l’animal peuvent avoir des effets bénéfiques sur la société. Shutterstock

Voici comment notre vision des animaux influence notre lien avec eux

Une des conséquences de la pandémie de coronavirus est qu’elle nous confronte à notre mortalité. Nous sommes non seulement vulnérables aux maladies, mais nous pouvons aussi en partager avec d’autres animaux.

Cette réalité a un côté menaçant, mais elle peut également permettre une meilleure compréhension de nous-mêmes, un aspect sur lequel la recherche commence à peine à se pencher. D'un point de vue biologique, l’humain est un animal. Cependant, les gens ont diverses manières de se percevoir comme un animal et de s’identifier aux autres espèces.

Des recherches récentes en psychologie sociale montrent que les humains peuvent s’identifier aux autres animaux, et ce, de trois manières. En tant que psychologues sociaux, nous nous intéressons à la façon dont on comprend les relations entre l’humain et l’animal, et à la façon dont cela peut affecter nos interactions avec les animaux et même avec les autres humains.

Solidarité envers les animaux

Tout d’abord, les gens peuvent ressentir de la solidarité envers les animaux, c’est-à-dire avoir un lien psychologique avec les autres animaux et un engagement envers ceux-ci.

Quelqu’un qui ressent de la solidarité envers les animaux est d’accord avec cette déclaration : « Je me sens attaché aux animaux. » Cette personne est plus encline à vouloir contribuer au bien-être animal et à entreprendre des actions qui tiennent compte de ce bien-être. Dans le cadre d’études empiriques, la solidarité envers les animaux est liée à des attitudes et des comportements positifs envers les animaux, même si cela entraîne une perte de ressources — avec des dons à des œuvres caritatives, par exemple.

Des manifestants pour les droits des animaux défilent à Londres, au Royaume-Uni, le 1er septembre 2020.“ zoomable="true”/> Étant donné que la solidarité envers les animaux nécessite une pensée inclusive et souple, elle est également liée à une tendance à projeter des pensées et des sentiments humains sur des espèces non humaines, phénomène qu’on appelle <a href= Shutterstock
anthropomorphisme. La solidarité envers les animaux est plus forte chez deux groupes de personnes qui sont particulièrement préoccupées par les besoins et la détresse des animaux : les propriétaires d’animaux de compagnie et les végétariens.

Se rapprocher des animaux

Deuxièmement, les humains peuvent s’identifier aux animaux en reconnaissant que tous les animaux, y compris les humains, ont beaucoup en commun ; c’est ce qu’on appelle la « similarité humain-animal ».

Quelqu’un qui a un fort sentiment de similarité humain-animal est d’accord avec cette affirmation : « Les animaux, y compris les humains, ont beaucoup en commun. » Cette personne considère que les animaux sont assez proches des humains en termes, par exemple, d’intelligence et de capacités sensorielles.

Cette façon de s’identifier aux animaux est assez abstraite, mais ses répercussions sont concrètes. Ainsi, les organisations qui militent pour les droits des animaux utilisent des stratégies qui mettent en évidence les similitudes qui existent entre les animaux et les humains afin d’inciter les gens à prendre la défense des animaux.

Dans le cadre de nos études, nous avons constaté que plus les gens voient des similarités entre humains et animaux, plus ils sont susceptibles d’affirmer que les animaux possèdent des caractéristiques qui sont généralement perçues comme typiquement humaines, comme la rationalité, la civilité et une capacité de raisonnement complexe.

Étant donné que les gens qui voient les animaux comme semblables aux humains ont davantage tendance à penser qu’ils méritent qu’on se soucie d’eux, cette similarité humain-animal prédit des considérations morales accrues envers les animaux que nous mangeons et un plus grand soutien pour la défense des droits des animaux en captivité.

Considérer que les humains font partie du règne animal permet de voir nos similitudes. Taylor Friehl/Unsplash, FAL

Animal et fier de l’être

Pour finir, les gens peuvent ressentir une fierté rattachée au fait d'être un animal et s’identifier à eux.

Quelqu’un qui ressent ce type de fierté est d’accord avec cette déclaration : « Je suis fier d’être un animal. » Il reconnaît qu’il fait partie du règne animal et en est heureux.

Le fait de voir les humains comme des animaux peut avoir une connotation négative et mener, par exemple, à une déshumanisation des gens puisqu’on les associe aux animaux. La fierté d’être un animal est considérée comme ayant des effets négatifs, tant pour les animaux que pour les humains. Ce type de sentiment est lié à un moindre désir d’aider les animaux et au spécisme, une attitude négative envers les autres animaux où on accepte l’utilisation des animaux à des fins humaines, telle que l’expérimentation.

En outre, plus les gens sont fiers d’être un animal, plus ils sont susceptibles d’adhérer à une vision compétitive et hiérarchique de l’organisation de la société humaine — une vision du monde basée sur l’idée que l’Homme est un loup pour l’Homme.

Ces réactions pourraient être attribuables au fait que les personnes qui sont particulièrement fières d’être un animal peuvent percevoir les animaux comme étant agressifs et motivés à défendre leur territoire, pour ensuite appliquer ces caractéristiques aux êtres humains et à eux-mêmes.

En fait, considérer que les animaux sont impulsifs et territoriaux peut constituer un stéréotype que les humains ont des autres animaux. En effet, les recherches menées en éthologie montrent que les animaux peuvent ressentir de l’empathie et que ceux qui se trouvent en position de dominance peuvent afficher des comportements qui dénotent un grand sens des responsabilités et d’altruisme.

Les différents modes d’identification

Dans l’ensemble, ces découvertes confirment que l’humain peut s’identifier à d’autres animaux de différentes manières et que ces formes d’identification ont des répercussions distinctes, non seulement sur les relations humains-animaux, mais aussi sur celles avec nos semblables.

Il faudra davantage de recherches pour saisir les processus psychologiques riches et parfois complexes qui sont à l’œuvre dans nos relations avec les autres animaux.

Comprendre les diverses manières dont nous sommes en relation avec les animaux pourrait nous aider à créer des sociétés plus inclusives, tant pour les animaux non humains que pour les humains.

This article was originally published in English

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