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En politique, la « Blablatique » fait de la résistance !

Elisala/Flickr, CC BY-NC-SA

La « Blablatique » :

La « Blabatique » serait-elle une option méconnue enseignée en science politique aussi occulte qu’alternative ? Une option se substituant à la rhétorique ? Cette dernière consisterait-elle pour certains de nos politiciens à désapprendre le sens des mots avant de les utiliser à outrance parce qu’ils sonnent bien à l’oreille des citoyens ?

Mystère.

Tandis que les Français emploient des termes extrêmement durs pour désigner leur perception des politiques : « méfiance », « dégoût », « corruption », la « Blablatique », elle, continue de prospérer. Nous pouvons raisonnablement douter que cela puisse contribuer à arranger les choses.

En 2017, juste après les élections présidentielles il y aura eu en terme de perception une légère amélioration. Cependant « l’effet Macron » n’aura pas été à la hauteur des espoirs de ce « Nouveau Monde » politique tant vendu et vanté. La novlangue médiaticopolitique a ses limites : la réalité des pratiques et des faits.

Le dégagisme martelé (sur fond d’une forme décomplexée d’âgisme) n’aura pas mis fin à la défiance du citoyen envers le politique. Par ailleurs cette approche aura eu pour conséquence insidieuse de dépasser (de mon point de vue) la seule sphère du politique au détriment de populations déjà en difficulté dans notre société.

« Un peu de bon sens ! Il ne faut pas déraison entretenir : Non la « jeunesse » sans lui faire offense n’est pas garante de probité, pas plus que la « vieillesse » (sans faire offense aux seniors) ne garantit la sagesse… et vice-versa ! »

Les « Nouveaux jeunes » de l’« Ancien Monde »

À l’heure où j’écris, l’« Ancien Monde » politique (supposé disparaître d’un coup d’un seul dans le gouffre de nôtre histoire de France) fait de la résistance. Je peine pour ma part à voir ce « Nouveau Monde » politique tant promis pas vous ?

C’est un triste constat, actuellement, le Politique quelle que soit le Monde duquel il se revendique : « Ancien » ou « Nouveau » n’a pas résolu la problématique du désintérêt de nôtre jeunesse pour la chose publique. Tandis que la bataille existentielle de chiffonniers se poursuit entre « has been à crucifier » et « génies autoproclamés » le désintérêt de la jeunesse lui continue de s’accroître : « L’intérêt de la nouvelle génération envers la politique a chuté de 14 points en cinq ans, selon le baromètre de la confiance politique du Cevipof » (Centre de Recherches Politiques de Sciences Po). Les choses peuvent changer. Il est ainsi de bon augure d’apprendre que le Parlement européen conscient de cette difficulté, cherche comment transformer l’engagement en ligne des jeunes en « engagement pour la démocratie ».

Le sens des mots, suivez-moi, c’est par là

Que les praticiens de « Blablatique » soient des ignorants ou des malhonnêtes, voire les deux, importe peu. Leur parti n’est ni de droite, ni de gauche, ni du centre, ni d’aucun extrême, ni « Ancien », ni « Nouveau », ni de nulle part. Il est le même : le parti inique des « Blabateurs » ! Un parti plus dangereux qu’il n’y paraît et d’accord à l’unanimité sur une chose : un statu quo des pratiques politiques.

Abuser le sens de mots comme « Démocratie » ou « République » n’est pas la meilleure des idées pour se faire passer pour un honnête homme extrêmement préoccupé de ces « biens » qui nous sont collectifs. Cela disqualifie cette soi-disant nouvelle façon de faire de la politique, et cela ne fait de bien :

Ni aux citoyens ! Ni à la République Ni à notre Démocratie semi-directe !

« Celui, celle qui trahit les mots est bien proche de trahir les hommes ! »

Aussi, soyons pédagogues, ne laissons pas errer dans l’ignorance ceux et celles qui usent et abusent de la « Blablatique » et attachons-nous aujourd’hui à leur enseigner, pour leur bien et pour le nôtre, le véritable sens de ces deux mots essentiels que sont : Démocratie et République.

La démocratie :

Étymologie : du grec dêmos, peuple, et kratos, pouvoir, autorité. La démocratie est le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu ou contrôlé par le peuple (principe de souveraineté), sans qu’il y ait de distinctions dues à la naissance, la richesse, la compétence… (principe d’égalité). En règle générale, les démocraties sont indirectes ou représentatives, le pouvoir s’exerçant par l’intermédiaire de représentants désignés lors d’élections au suffrage universel. Pour John Deway l’émergence du concept même de démocratie est complexe, sa façon d’expliquer en 1927 la façon dont il évolue et se façonne n’a jamais été autant d’actualité :

« Nés d’une révolte contre les formes établies de gouvernement et de l’état, les événements qui finalement culminèrent dans les formes politiques démocratiques furent profondément marqués par la peur du gouvernement et furent détermines par le désir de réduire le gouvernement au minimum afin de limiter le mal qu’il pourrait causer. »

La démocratie : un idéal assiégé !

Pour compléter le propos de Deway, Alexis de Tocqueville voyait dans le mot Démocratie une forme de société qui a pour valeur la liberté et l’égalité. (Tendez les yeux, cela ne vous rappellerait-il pas quelque chose ?) Une approche visionnaire des démons qu’il pressentait et qui guettaient l’idéal démocratique :

Un idéal assiégé aujourd’hui, un idéal « terroristisé » à l’envi, « anxiogénisé » au quotidien, et « GAFAMIisé ».

Sans avoir prétention à être exhaustif, je vois déjà deux phénomènes importants qui chahute actuellement cet Idéal :

Lorsqu’un idéal est assiégé de cette façon, il est en quelque sorte pris entre deux feux d’ores et déjà identifiés : la pratique d’une politique de la peur et une colonisation numérique. La réaction de la population est alors une réaction humaine qui ne diffère en rien de celle que décrivait Alexis de Tocqueville (1805/1859) :

« La crainte du désordre et l’amour du bien-être portent insensiblement les peuples démocratiques à augmenter les attributions du gouvernement central, seul pouvoir qui leur paraisse de lui-même assez fort, assez intelligent, assez stable pour les protéger contre l’anarchie. »

Est-il nécessaire d’ajouter que toutes les circonstances particulières qui tendent à rendre l’état d’une société démocratique troublé et précaire augmentent cet instinct général et portent, de plus en plus, les particuliers à sacrifier à une tranquillité illusoire, mais promise, leurs droits les plus essentiels ?

La république :

Étymologie : du latin res publica, chose publique. La république est un système politique dans lequel la souveraineté appartient au peuple qui exerce le pouvoir politique directement ou par l’intermédiaire de représentants élus. Ceux-ci reçoivent des mandats (un trust à la John Locke), pour une période déterminée et sont responsables de leurs actes et décisions devant la Nation, devant vous et devant moi, devant nous quoi. Par ses représentants, le peuple est la source de la loi. L’autorité de l’État, qui doit servir le « bien commun », s’exerce par la loi sur des individus libres et égaux.

Pour ce qui concerne la France, le défilé incessant d’élus (encore et toujours) mis en cause, mis en examen pour des faits qui parfois sont aussi inédits que surréalistes invite le citoyen à émettre quelques doutes quant à l’intégrité de certains d’entre-eux et leur attachement scrupuleux aux biens publics et à la collectivité. A contrario lorsqu’il s’agit de courir derrière la Légion d’honneur nous trouvons beaucoup de marathoniens. Mieux encore, plus drôle et pour qui aime rire, ce sont parfois les mêmes..

Le sens de l’honneur, c’est par où ?

L’honneur en politique au niveau national comme international se fait rare, il ne fait pas recette. Tout les élus ne présentent pas leur démission pour une minute de retard comme l’a fait outre-Manche l’actuel ministre du Développement international anglais Lord Michael Bates, tandis qu’en France l’ex-ministre Jérôme Cahuzac aura droit à son portrait à Bercy.

Sans accabler l’homme, que dire ? Je vous laisse seul juge. Autre pays autre mœurs. L’honneur en politique s’en servir plusieurs fois n’est pas un problème. Le lien s’est fait ténu entre compromis et compromission ! Lorsqu’il s’agit d’honneur en France, il y a bien les Légions d’honneur qu’on distribue comme des bonbons à la fête d’Halloween… l’heure est maintenant à être déterminé à en retirer certaines devenues scandaleuses ! Fort bien. Alors, pourquoi omettre dans cette dynamique de reconquête de sens ne pas retirer les plus honteuses et les plus sanglantes ?

Mais l’honneur, après tout, pourquoi s’en embarrasser ? Il est vrai que depuis le 21 avril 1967 on ne risque plus sa peau à le défendre !

Mais demeurons optimistes, postulons, et espérons en observant ces Légions d’honneur régulièrement rattrapées par le déshonneur, que le sens de l’honneur recouvrera un jour du sens dans la « classe » politique française !

Dans cette attente, pour les plus égarés, il s’agirait dans un premier temps de retrouver (outre un minimum syndical d’élégance), celui du sens des mots… Il s’agit d’être persévérant, d’aller « En avant calme et droit », l’honneur suivra !

En cas de faiblesse éventuelle dans l’effort, qu’ils se rappellent que lorsque l’on à prétention à faire la leçon aux citoyens, le B-A-B-A du politique qui se voudrait « nouveau » est de commencer par l’apprendre !

À suivre.