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Coronavirus : le point hebdomadaire sur la couverture internationale (16)

Shutterstock / Nelson Antoine

La pandémie de Covid-19 est la plus grande et la pire course de relais de l’histoire. Sans vaccin ni traitement fiable à l’horizon, nous sommes contraints d’observer une courbe des contaminations qui descend dans une région du globe, avant qu’elle ne remonte dans une autre. Les mesures de prévention et d’isolement restent les moyens les plus efficaces pour contrôler son évolution. La maladie continue de frapper au niveau sanitaire mais touche aussi tous les aspects de notre quotidien.


CC BY

Notre point hebdomadaire sur le coronavirus. Composé d’associations à but non lucratif, The Conversation est un média qui travaille avec des milliers d’universitaires à travers son réseau mondial. Ensemble, nous publions des analyses fondées sur les faits et la recherche académique. Les articles sont gratuits – libres d’accès – et peuvent être republiés.


Covid-19 et médecine

Le professeur Nial Wheate, de l’université de Sydney (Australie), explique comment un médicament peu coûteux, déjà sur le marché, semble être une option possible pour traiter le Covid-19. La dexaméthasone, un anti-inflammatoire courant, a été utilisée avec succès dans le traitement des patients intubés. Apparemment, ce médicament réduit la pression dans les poumons et améliore le processus respiratoire des patients gravement malades. Toutefois, ces résultats sont préliminaires et des informations plus complètes et plus détaillées restent nécessaires pour émettre des conclusions.

Le professeur Teguh Haryo Sasongko de l’université de Perdana (Indonésie) évoque les leçons tirées de la décision de The Lancet, la plus importante revue scientifique du monde médical, de retirer un article relatif à l’utilisation des médicaments antipaludiques dans le traitement du Covid-19. Après sa publication, la collecte de données s’est avérée peu fiable. Si des doutes ont été émis quant à l’origine des données, les analyses ultérieures se sont également révélées bancales. Le débat reste ouvert concernant la nécessité d’opter pour le modèle de la science ouverte.

À l’université de Calgary (Canada), les chercheurs Shirin Moossavi et Marie-Claire Arrieta étudient la corrélation entre le microbiome intestinal et la gravité de l’infection due au Covid-19. Il a été prouvé que le risque d’infection est plus élevé chez les personnes souffrant d’hypertension, de diabète et d’obésité, qui sont associés à des altérations du microbiome intestinal. Ces preuves ouvrent la possibilité de travailler sur certaines espèces de microbiomes intestinaux qui pourraient améliorer ces conditions.

Inspirez doucement par le nez, expirez doucement par la bouche. Ce n’est pas un cours de méditation, c’est la technique de respiration recommandée par le professeur de l’université de Californie, Los Angeles (États-Unis) et le Prix Nobel de médecine 1998 Louis J. Ignarro, afin de profiter des avantages de l’oxyde nitrique (NO) produit dans les cavités nasales. La présence de NO dans les poumons pourrait aider à combattre les infections dues au coronavirus car il dilate les artères pulmonaires et les voies respiratoires, augmentant le flux sanguin et les niveaux d’oxygène dans les poumons et le sang. De plus, en réagissant avec les globules blancs, le NO génère des agents antimicrobiens qui peuvent détruire les bactéries, les parasites et les virus.

Covid-19 et société

David J. Peters, de l’université d’État de l’Iowa (États-Unis), explique comment, au début de la pandémie, les zones rurales des États-Unis semblaient mieux protégées contre le coronavirus que les grandes villes. Ce faux sentiment de sécurité a fait place à une augmentation spectaculaire du nombre de personnes infectées dans les zones les moins peuplées du pays. Les raisons de ce phénomène ? Le vieillissement de la population ou la présence d’installations telles que les bases militaires, les prisons et les industries de la viande, ainsi que le fait que dans ces petites communautés, le manque de services sociaux et d’aide sociale aggrave la situation de vulnérabilité.

Le professeur de géographie humaine et président de l’UNIR (Espagne) Rafael Puyol, analyse les conséquences démographiques de la pandémie de Covid-19 en Espagne. La croissance végétative de la population augmente : le nombre de décès est plus important que le nombre de naissances. Si en 2019, le bilan était de – 57 000 personnes, il sera plus élevé en 2020 en raison des décès causés par la pandémie, et en 2021 en raison de la baisse du taux de natalité. En outre, la fermeture des frontières aujourd’hui, puis le ralentissement économique, auront une influence négative sur l’arrivée de travailleurs immigrés.

Le professeur Jackie Cassell de la Brighton and Sussex Medical School (Royaume-Uni) explique les raisons pour lesquelles les autorités sanitaires anglaises chargées de gérer la pandémie de Covid-19 pourraient avoir de grands alliés parmi les conseillers des cliniques de santé sexuelle qui travaillent depuis des décennies sur les problématiques liées à la recherche des contacts. Dans le cas du coronavirus, la personne potentiellement infectée pourrait avoir de grandes difficultés à s’isoler (difficultés financières, incapacité à maintenir une distance sociale), ce qui représente un vrai défi.

L’Afrique du Sud n’a pas été en mesure de maintenir l’isolement suffisamment longtemps pour contenir le virus, ni de mettre en place des systèmes de test et de recherche des contacts pour endiguer la propagation. Un groupe de chercheurs de l’université du Witwatersrand (Afrique du Sud) explique l’importance de réorienter les efforts vers la gestion des espaces publics où il existe un risque élevé de contagion, à condition que les autorités fournissent à la population des informations claires et précises.

Malgré la bonne gestion de la pandémie de Covid-19 par les autorités néo-zélandaises, après 23 jours de résultat de tests négatifs, deux cas ont été confirmés cette semaine : il s’agit de deux femmes anglaises qui, pour des raisons de compassion, ont été autorisées à ne pas se soumettre à la quarantaine (pour rendre visite à leur père mourant). Cette situation a une fois de plus mis le pays en alerte et a forcé la suspension de toute exemption de quarantaine. Il est ainsi devenu évident que, malgré la fin de la transmission communautaire (c’est-à-dire survenant en dehors d’un établissement de santé), le contrôle des facteurs de risque doit être maintenu.

Le professeur Lauren Ball de la Griffith University (Australie) le dit haut et fort : les « certificats d’habilitation de Covid-19 » que certaines écoles et certains lieux de travail demandent restent un gaspillage de temps et de ressources et donnent un faux sentiment de sécurité. Un test négatif ne tient pas compte de la possibilité qu’une personne soit en train d’incuber la maladie.

Covid-19 et gadgets

Les professeurs Andrea Fuller et Duncan Mitchell de l’université du Witwatersrand (Afrique du Sud) expliquent les raisons pour lesquelles le dépistage de la fièvre n’est pas une mesure de contrôle sanitaire efficace dans les espaces publics. En effet, pour détecter la fièvre, il faut mesurer la température interne du corps, tandis que les caméras thermiques et les thermomètres infrarouges mesurent la température d’une surface.

Le manque de matériel de protection et d’autres fournitures pour la gestion du Covid-19 a généré diverses solutions de bricolage, dans le plus pur style McGyver. Bien qu’imaginatives et volontaires, elles n’ont pas toutes été efficaces. Stuart Marshall de l’université de Monash (Australie) explique que le processus d’approbation du matériel médical reste long et rigoureux, et que les organismes de réglementation ont besoin de la preuve que les outils fonctionnent et sont sûrs.

Covid-19 et économie

Bien que la pandémie semble avoir mobilisé les sociétés occidentales en faveur du changement, Julien Pillot, professeur à l’INSEEC (France) se demande si les citoyens sont prêts à assumer une augmentation des prix due à une plus grande transparence fiscale, sociale ou environnementale des entreprises, à dépenser moins, ou à consommer mieux.

« La bourse n’est pas l’économie ». Sur la base de cette citation de Paul Krugman, Gunther Capelle-Blancard de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (France), explique la déconnexion des bourses avec le monde réel. Au début de la pandémie, les marchés financiers sont restés dynamiques, mais lorsque le Covid-19 a atteint l’Europe, ils ont vécu un mouvement de panique. Ils ont maintenant déjà retrouvé leur euphorie comme si les infections, les décès et le confinement de la moitié du monde ne signifiaient rien pour la finance.

Richard Shearmur, professeur à la McGill University (Canada) explique comment, à moins que les employés ne soient dûment récompensés, le télétravail pourrait devenir une variante du « capitalisme parasitaire ». En effet, les employeurs pourraient économiser beaucoup d’argent sur les dépenses de l’entreprise.

Le tourisme doit se réinventer après la pandémie. Pour le professeur Anna Leask de l’université Edinburgh Napier (Royaume-Uni), une option pour l’Écosse serait d’encourager le tourisme national. Ses citoyens restent préoccupés par la possibilité d’infection et la saturation ultérieure de leur système de santé.

Le professeur Pere Suau, de la Universitat Oberta de Catalunya (Espagne), étudie les défis que l’aviation commerciale doit relever en raison de la crise du Covid-19 : il est plus que probable que la crise modifiera les processus de l’aviation commerciale, et provoquera un redimensionnement de l’offre et de la demande de voyages impactant ainsi les opérations aéroportuaires.

Covid-19 et impact socio-économique au niveau régional

La baisse de la demande et des prix à l’exportation, l’effondrement du tourisme et la diminution des envois de fonds vont provoquer la plus grande crise économique en Amérique latine et aux Caraïbes depuis la Grande Dépression. Après la pandémie, l’inégalité et la pauvreté seront plus pressantes d’après les résultats de l’analyse du professeur René Hernández, de l’université d’Alcalá (Espagne).

Le Centre international de croissance (Royaume-Uni) explique comment l’instabilité politique et une capacité financière limitée font du Soudan un État fragile, qui devrait être soutenu, en particulier en cette période de pandémie. Tant qu’il n’y a pas de vaccin, la prévention et les soins restent essentiels, et particulièrement difficiles dans les pays dont les faiblesses institutionnelles entravent leur gouvernance.

Covid-19 et l’avenir

Les professeurs Hakimul Ikhwan et Vissia Ita Yulianto de l’université Gadjah Mada (Indonésie) expliquent comment le Covid-19 constitue une belle opportunité pour la science et la foi de marcher main dans la main. Les chefs religieux peuvent venir en aide aux autorités sanitaires en convainquant de nombreux croyants de l’importance de la prévention de la pandémie de Covid-19.

La lutte contre le nouveau coronavirus nous prépare pour l’avenir : un avenir dans lequel nous devrons faire face à de nouvelles pandémies. David Murdoch, de l’université d’Otago (Nouvelle-Zélande) souligne comment il s’avère essentiel de renforcer les études épidémiologiques, de développer des modèles de gestion des épidémies et de concevoir des plans d’urgence flexibles et adaptables qui nous permettent d’être prêts à faire face à la prochaine pandémie.

This article was originally published in Spanish

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