Une ambulance passe par Brooklyn avec les tours de Manhattan en arrière-plan. À New York les écoles, les entreprises et les lieux de travail ont été fermés ou limitent leurs heures d'ouverture, les autorités sanitaires s'efforçant de limiter le nombre croissant d'infections à Covid-19. Spencer Platt / AFP

Coronavirus : le point hebdomadaire sur la couverture internationale de The Conversation (4)

De New York à Moscou en passant par Johannesburg ou Buenos Aires, le coronavirus SARS-CoV-2 poursuit son voyage planétaire. Le 30 mars, soit près de trois mois après l’annonce de sa découverte par la Chine, il a officiellement contaminé plus de 720 000 personnes, et fait au moins 34 000 morts. Alors que l’épidémie paraît maîtrisée en Chine, les États-Unis sont désormais le pays le plus touché. En Europe, il semblerait que le confinement commence à porter ses fruits : les chiffres italiens indiquent un ralentissement des hausses des contaminations.

L’OMS a salué ces efforts, tandis que partout sur la planète les pays se verrouillent les uns après les autres, fermant leurs frontières et confinant leur population de plus en plus drastiquement. Le monde tourne au ralenti et retient son souffle. Pour combien de temps ?

Origine de la pandémie, effets du confinement, impact socio-économique, évolution de la maladie… Les universitaires continuent à décrypter tous azimuts les conséquences de cette situation inédite et à chercher des solutions à la crise.

Le réseau international de The Conversation poursuit sa collaboration avec eux pour vous informer au mieux, en puisant à la source de leurs travaux.


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Notre point hebdomadaire d’informations expertes sur le coronavirus. Composé d’associations à but non lucratif, The Conversation est un média qui travaille avec des milliers d’universitaires à travers son réseau mondial. Ensemble, nous produisons des analyses basées sur les faits et la recherche académique. Les articles sont gratuits – il n’y a pas de paywall – et peuvent être republiés.


Voici quelques-uns des thèmes couverts par nos différentes éditions, pour cette quatrième chronique hebdomadaire.

Le devenir de l’épidémie

Combien de temps devrons-nous côtoyer le Covid-19 ? Faudra-t-il s’attendre à le voir revenir ?

Le devenir de la pandémie dépendra évidemment des armes à notre disposition pour lutter contre le coronavirus.

La pandémie de Covid-19 ne doit pas faire oublier les autres fléaux.

  • Emily Wong (University of KwaZulu-Natal) attire notre attention sur le fait qu’en Afrique du Sud, le Covid-19 s’ajoute aux épidémies de tuberculose et de sida. Les experts s’inquiètent que ces malades soient plus à risque de développer des formes sévères ;

  • Selon Éric Muraille (Université Libre de Bruxelles), notre histoire nous apprend que les épidémies sont inéluctables. C’est la raison pour laquelle il est primordial de savoir les anticiper.

Une maladie de la biodiversité

Comme bon nombre de maladies infectieuses qui affectent l’être humain, la pandémie de Covid-19 est une zoonose : le virus qui l’a engendrée provient des animaux.

Plutôt que de s’en prendre à la chauve-souris, nous ferions mieux de nous interroger sur notre rapport à la nature et à la biodiversité.

  • Cette crise pourrait bien être le symptôme d’une crise environnementale globale, selon Philippe Grandcolas (MNHN) et Jean‑Lou Justine (MNHN) ;

  • Cette tragédie n’en est pas une pour tout le monde, et certains de nos voisins se portent mieux depuis que nous nous sommes retirés dans nos appartements, constate Jérôme Sueur (MNHN). Moins d’activité humaine signifie moins de bruit, ce qui n’est pas pour déplaire aux oiseaux de nos villes, notamment.

De quoi le confinement est-il le nom ?

Nous sommes de plus en plus nombreux à nous retrouver confinés, dans l’espoir de limiter la propagation du virus et de relâcher l’insoutenable tension des systèmes de santé. Mais nous ne sommes pas tous égaux devant le confinement.

Il est d’autant plus difficile de définir des mesures de santé publique génériques que tous les citoyens ne sont pas soumis aux mêmes contraintes.

En plus du risque de contamination, les chefs d’État font face au risque politique : leurs moindres faits et gestes sont scrutés et commentés.

  • Le président sud-africain n’y échappe pas, nous explique Richard Calland (University of Cape Town), mais jusqu’ici les mesures de verrouillage du pays prises par son gouvernement semblent adéquates juge Philip Machanick (Rhodes University) ;

  • À l’inverse, en Indonésie Iqbal Elyazar (EOCRU), Sudirman Nasir (Universitas Hasanuddin) et Suharyo Sumowidagdo (LIPI) exhortent le gouvernement à durcir les mesures pour éviter le pire, alors que l’épidémie entre à peine en phase exponentielle dans le pays ;

  • en France, Catherine Le Bris (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) s’interroge sur la façon de concilier situation d’urgence, limitation des libertés et État de droit. L’équilibre résiderait dans le respect des droits de l’homme.

Enfin, Michael Baker revient sur le point essentiel de tous ces efforts de verrouillage : la maîtrise de l’épidémie. Ce professeur de santé publique est « fou de joie » de le voir porter ses fruits.

Le Covid-19, révélateur des inégalités

La pandémie en cours est loin d’aplanir les inégalités, elle les exacerbe plutôt.

Mais la crise en cours pourrait aussi être l’occasion d’explorer des pistes pour réduire les inégalités, et de tester de nouvelles approches, économiques notamment.

Et pour terminer, en hommage aux « héros en blouses blanches », l’édition américaine de The Conversation publie exceptionnellement une série de témoignages de cliniciens et de chercheurs opérant en première ligne de la pandémie.

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