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Pourquoi est-on plus malade en voiture lorsque l’on part en vacances ?

Une jeune femme est assise, nauséeuse, à l'arrière d'une voiture.
Et ça va encore durer des heures… Kyryk Ivan/Shutterstock

Les vacances ne se passent pas toujours comme prévu… Dans notre série « Une semaine en enfer ! », nous décryptons ce qui peut aller de travers, depuis le mal des transports amplifiés lors des départs en vacances aux piqûres de moustiques désormais capables de transmettre des virus tropicaux, en passant par les dangers microbiologiques méconnus des hôtels, les « traditionnels » coups de soleil, ou les dangers insoupçonnés… du jardinage, si vous pensiez rester tranquillement chez vous.


Comme chaque année, le début de la saison estivale rime avec les départs en vacances ! Si certains attendent cette période avec impatience, d’autres la redoutent… La raison ? Les longs voyages en voiture, en bateau, en bus, en train ou en avion qui se transforment pour eux en véritable calvaire.

Un mal des transports qui n’est pas anecdotique, puisque près d’un tiers de la population serait sensible à la « cinétose » – une pathologie dont on ne connaît toujours pas exactement les causes à ce jour. Toutefois, la théorie la plus acceptée à ce sujet suggère qu’elle serait causée par une mauvaise perception des mouvements auxquels nous sommes exposés.


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Les départs et retours de vacances estivales semblent particulièrement propices à l’installation de ce malaise insidieux… Nous sommes, pour ceux qui y sont sensibles en tout cas, plus fréquemment malades lors de ces trajets spécifiques que lors de nos parcours habituels !

Notons aussi que beaucoup de passagers ressentent une sensation de fatigue, de somnolence, d’apathie ou un manque d’énergie sans avoir rien fait de particulièrement épuisant : il s’agit en fait de manifestations légères de cinétose, ce qui montre que beaucoup plus d’individus sont touchés qu’on ne le pense !

Pourquoi cette susceptibilité apparemment exacerbée ? Les raisons sont en fait multiples… Comparés à des trajets normaux, ces voyages induisent des conditions particulières, toutes potentiellement capables d’augmenter l’incidence et la sévérité des symptômes. Voici quelques éléments d’explications… ainsi que quelques conseils pour minimiser ce risque.

Les longs trajets : une répétition de mouvements préjudiciables

En voiture, plus on voyage longtemps et plus on est susceptible de se sentir malade comme le démontrent plusieurs modèles mathématiques de prédiction du mal des transports.

En effet, c’est le cumul de mouvements désagréables qui nous fait franchir le seuil au-delà duquel les symptômes se déclenchent. Pour certaines personnes, cela peut apparaître au bout de quelques minutes seulement… quand pour d’autres, ils se développent plus lentement. Seuls les longs trajets peuvent alors les pousser dans leurs derniers retranchements et les voir tomber malades eux aussi, après plusieurs heures de route, vol, bateau…

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Et les activités déployées pour faire passer le temps lors d’un long trajet peuvent contribuer davantage à ces sensations de malaise. On préfère en effet souvent se concentrer sur des activités stimulantes et distrayantes : lire un livre, regarder un film, jouer à des jeux vidéo ou surfer sur les réseaux sociaux… Sauf que ces tâches visuellement stimulantes nous absorbent au point que nous ne nous concentrons plus sur les informations visuelles qui nous permettent d’assimiler les mouvements du véhicule. Cela crée un conflit de perception du mouvement. Par conséquent, il devient beaucoup plus facile de tomber malade.

L’ambiance à bord : des risques qui se cumulent

En été, la température intérieure du véhicule est difficilement contrôlable, avec le soleil qui y impose souvent une chaleur étouffante : des conditions qui ont tendance à accentuer les symptômes de cinétose.

Dans un milieu chaud, notre corps doit fournir un effort pour réguler sa température – par la transpiration ou la respiration par exemple. Ces différents signes sont autant de symptômes dits primaires, car ils peuvent contribuer à l’émergence d’autres symptômes plus conséquents : dilatation des vaisseaux sanguins, malaise, nausée ou vomissements le cas échéant.

Pour contrer ces effets, on serait tenté de mettre en route la climatisation, qui pourrait elle-même, au contraire, aggraver la situation pour les passagers qui y sont très sensibles. Les systèmes de ventilation ou d’aération de l’habitacle montrent également leurs limites.

Les odeurs désagréables sont un autre facteur capable d’accentuer les symptômes de malaise en voiture : les odeurs de pollution, de cigarette, de renfermé ou même celle du cuir seraient la deuxième cause du mal de voiture ! Un scénario qui a plus de risque de se produire lors de la saison de départs en vacances, où des pics de pollution sont régulièrement enregistrés et où les rayons du soleil font chauffer les matériaux. On sait par ailleurs qu’une région du cerveau (l’area postrema) est capable de déclencher hypersalivation et nausée rien qu’en détectant certaines odeurs – un réflexe protecteur contre les toxines et autres poisons.

Une petite est gênée par la fumée de cigarette dans l’habitacle de la voiture.
Les odeurs fortes, désagréables… peuvent provoquer ou amplifier les nausées. Zabavna/Shutterstock

Le trafic routier : une contrainte physique et mentale

Dans une voiture, ce n’est pas la vitesse qui rend malade mais ses variations surtout lorsqu’elles sont abruptes. Les mouvements d’accélération et de freinage seraient même les plus perturbants pour l’organisme, plus encore que la prise de virages.

En pratique, ces variations de vitesse sont souvent imposées par la réglementation routière (limitations, croisements, feux), mais aussi par l’état du trafic routier. Un véhicule coincé dans des embouteillages sera contraint à une succession d’accélérations et de décélérations éprouvantes même à basse vitesse.

Et les embouteillages ajoutent aussi une contrainte psychologique. Avec l’allongement du temps de trajet, déjà long potentiellement, l’anxiété quant à l’heure d’arrivée qui recule, la fatigue, le stress, l’agacement… viennent plomber le moral des passagers. Il a été observé que de tels facteurs influencent significativement le niveau de sévérité des symptômes.

Mieux vaut donc prendre son mal en patience et garder l’esprit détendu ! Ce qui est, il est vrai, plus facile à dire qu’à faire…

File de voitures prises dans un embouteillage sous un soleil de plomb.
Chaleur, changements de vitesse abrupts et embouteillages contribuent au phénomène. swa182/Shutterstock

Quelques astuces pour limiter les dégâts

Si vous prenez la route avec des passagers susceptibles de tomber malades, ou alors si vous êtes vous-même sensible, sachez que quelques changements dans vos habitudes de voyage peuvent vous aider. Nous les reprenons ici.

En tant que conducteur :

  • Faites des pauses régulières. Ce qui permet aux passagers de s’aérer et de réduire de manière significative voire faire disparaître leurs symptômes. Parfois les symptômes peuvent mettre du temps à se dissiper, mais 15 à 30 minutes suffisent généralement.

  • Essayez de limiter les accélérations et décélérations brutales. Roulez autant que possible à une vitesse constante et adoptez une conduite souple y compris lorsque vous dépassez ou freinez.

  • Évitez de tourner trop brutalement dans les virages sur des routes sinueuses. Les passagers doivent être les moins déséquilibrés dans leurs sièges que possible.

Pour les passagers :

Enfin, compte tenu du rôle prédominant de la psychologie dans l’évolution des symptômes, sachez que des passagers se sentant malades pourraient se sentir mieux avec un simple placebo (une solution sans effet démontré mais annoncée comme efficace). Des techniques simples peuvent se montrer particulièrement efficace. Par exemple, proposer un bonbon, un chewing-gum, une gorgée d’eau ou de respirer un peu d’air frais en vantant leurs mérites pour lutter contre les symptômes peut avoir son petit effet.

Nous vous souhaitons donc bonne route, en espérant que le voyage se fera dans les meilleures conditions !

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