Durant un stage à l’institut Pasteur de Seoul, Corée du Sud, dans l’Equipe Inserm du Dr Brodin, réalisé dans le cadre de sa formation d’Ingénieur Agronome, Estelle Marion s’est intéressée à deux infections mycobactériennes : la Tuberculose et l’ulcère de Buruli (ou infection à M. ulcerans). Sa curiosité l’amène à poursuivre ses investigations à l’institut Pasteur du Cameroun où, avec le Dr Eyangoh, elle étudie le rôle des punaises aquatiques dans l’écologie de M. ulcerans. Durant son séjour au Cameroun, elle participera à l’organisation du cours Pasteur international portant sur l’infection à M. ulcerans en prenant en charge les travaux pratiques de cet enseignement.

A son retour, elle intègre, l’équipe du Dr Marsollier (université/CHU d’Angers et Inserm), où elle étudiera les interactions entre M. ulcerans, sa toxine la mycolactone et le système nerveux. Ce travail fondamental, publié dans la revue Cell, ouvre de nouvelles perspectives dans le domaine de la prise en charge de la douleur. Enthousiasmée par les travaux qu’elle a initiés, Estelle Marion décide de réaliser un doctorat en microbiologie; pendant trois années, elle développe une approche globale intégrée et originale afin d’étudier les différentes facettes de la biologie de M. ulcerans allant de l’écologie du bacille jusqu’à ses interactions moléculaires avec ses hôtes.

A l’issue de son doctorat, passionnée par les études portant sur l’infection à M. ulcerans, elle décide de parfaire sa formation postdoctorale au Bénin plus précisément dans l’hôpital Raoul et Madeleine Follereau, un Centre de Diagnostic et de Traitement de l’Ulcère de Buruli à Pobè (CDTUB). Pendant quatorze mois, avec le soutien de la Fondation Raoul Follereau, elle met en place un laboratoire de diagnostic moléculaire tout en formant le personnel à ce nouvel outil. Par la qualité et la rapidité du rendu des résultats, ce laboratoire est devenu très rapidement indispensable aux équipes médicales. De plus, lors de son immersion au cœur d’une zone endémique pour l’ulcère de Buruli, elle réalise, en plus d’une étude portant sur l’écologie du Bacille, une étude prospective visant à comprendre les phénomènes de cicatrisations spontanées et de réactions paradoxales lors de l’infection à M. ulcerans. Actuellement, Estelle Marion, avec les équipes du Bénin et de l’Inserm, analyse les données collectées au Bénin. Dans la continuité de son engagement, elle poursuit son accompagnement auprès de l’équipe technique et médicale du CDTUB de Pobè pour faciliter le diagnostic moléculaire de l’infection.

Experience

  • –present
    Chargée de recherche, Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)