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Quartier, rue, bâtiment : immersion dans la ville rêvée de 2050

Des passerelles pour créer du lien dans la ville de demain. Étudiants du master spécialisé en marketing, design et création, Audencia Business School

En 2050, plus des deux tiers de la population mondiale vivra en ville. Les études projettent qu’à cet horizon, la planète comptera 43 métropoles de 10 millions d’habitants. Des chiffres qui suscitent la réflexion : concrètement, que signifiera d’habiter de tels environnements et comment nous y préparer ?

Pendant six mois, les étudiants du master spécialisé en marketing, design et création de l’école de commerce Audencia ont mené un projet dont l’ambition était de cartographier les grands enjeux de la ville d’ici 30 ans, et de formuler des propositions à plusieurs échelles.

Ils se sont fondés sur quatre sources principales : des interviews d’experts, une analyse quantitative des évolutions que les villes vont subir (écologiques, humaines, etc.), une analyse des imaginaires et une revue des solutions existantes.

Ils ont tiré de cette analyse trois catégories d’enjeux qui attendent les villes de demain : la gestion des ressources, les changements climatiques et les problématiques sociales. Face à ces défis, trois thématiques de solutions ont surgi : la création de lien social, la question du confort thermique et l’optimisation de l’espace et des ressources.

Trois grands enjeux pour la ville de demain. Étudiants du master spécialisé marketing design et création, Audencia Business School

Cette première phase d’immersion a permis de formuler la problématique suivante : et si nous vivions en 2050 dans une ville des saisons, capable de s’adapter aux différents cycles qui rythment la vie en société ? Le terme est polysémique, et les projets menés ambitionnent d’exploiter cette saisonnalité dans toutes ses dimensions : cycles de vie, adaptabilité, transformation naturelle des éléments, etc.

Quartier, rue et bâtiment : les trois échelles de travail. Étudiants du master spécialisé en marketing, design et création, Audencia Business School

Cette question implique un travail sur plusieurs échelles : l’analyse part ainsi du bâtiment, avant de poser la question des espaces de vie, de la rue et finalement du quartier.

Le bâtiment : rénovation et expansion urbaine

La première échelle, celle du bâtiment, est idéale pour traiter des enjeux du confort thermique. Le bâti des villes existant, il n’est pas envisageable de le raser pour reconstruire des édifices plus performants. Il convient donc de capitaliser sur les ressources présentes, en développant un système d’isolation capable de s’adapter aux variations de température, tout en préservant les surfaces habitables.

La solution doit offrir une modularité importante afin de s’adapter à la diversité du bâti, être complémentaire à ce qui est et facile à intégrer. Il s’agit d’isoler par l’extérieur, avec des panneaux de façade aux fonctions multiples.

image. Étudiants du master spécialisé en marketing, design et création, Audencia Business School

Trois façons de le faire :

  • Une peinture thermochrome pour améliorer le confort de vie des habitants, tout en réduisant les dépenses énergétiques. Ce type de démarche réduit de 30 % de la consommation d’énergie, prolonge la durée de vie de la façade et réduit l’influence de la météo sur le confort de vie.

  • Des façades végétalisées bioluminescentes pour combiner performance énergétique (isolation thermique mais aussi phonique) et création d’une source lumineuse.

  • Des biofaçades en microalgues pour créer une symbiose entre le bâtiment et la production de microalgues. Elles permettent notamment de générer un bouclier thermique, de prétraiter les eaux usées et de potentiellement améliorer la qualité de l’air en utilisant du CO₂ ambiant. Par son approche modulaire, cette solution est déclinable pour les toits en plus des murs.

L’habitat : design des espaces et modes de vie

La deuxième échelle de travail, celle de l’habitat, propose une réflexion sur le lien social en 2050. Nous avons pour cela pris en compte quatre éléments, à savoir l’isolement des individus et la désertion de certains espaces publics, la volonté de construire des lieux expérimentaux et la capitalisation sur le partage comme vecteur d’une économie de la connaissance.

Nous proposons dans ce contexte un projet évolutif, calqué sur les conditions spatiales urbaines et les besoins des habitants. Le lien social de proximité est placé au cœur, avec le développement d’écosystèmes par quartiers, et le design repose sur la création de structures partagées.

  • Les nids : des apports aux structures existantes pour élaborer un nouvel espace partagé à l’échelle de la copropriété. La nuit, ils sont en mesure d’illuminer de manière diffuse grâce à un éclairage basse consommation. Leur construction est fondée sur une structure en acier léger et une membrane en éthylène tétrafluoroéthylène (ETFE). Comparé au verre, l’ETFE ne pèse que 1/100 du poids de ce dernier, transmet plus de lumière, isole mieux et coûte de 24 à 70 % moins cher à installer.
image. Étudiants du master spécialisé en marketing, design et création, Audencia Business School
  • Les promontoires : des espaces hybrides privés et professionnels sur des mi-hauteurs de bâtiments. Ils sont construits avec des passerelles en verre et des structures légères en acier.
image. Étudiants du master spécialisé en marketing, design et création, Audencia Business School
  • La canopée : une sorte de repère dans la ville qui joue un rôle de signal, avec une identité visuelle forte. La création de passerelles permet de développer les liens entre immeubles, en utilisant les surfaces créées et les toits comme espaces semi-privés. La structure est en acier et peinture photochromique.
image. Étudiants du master spécialisé en marketing, design et création, Audencia Business School

La rue : fraîcheur et biodiversité en ville

Troisième niveau de lecture de la ville, la rue, qui est porteuse de nombreux enjeux, est désormais la garante d’une forme de biodiversité, et doit apporter la fraîcheur, tout en créant de nouveaux lieux d’inclusivité et de partage.

L’objectif est de créer un continuum de température, avec un parcours de fraîcheur à travers un triptyque de solutions. Ces zones « cocons » redonnent aux arbres leurs lettres de noblesse et rendent l’expérience plus fluide, poétique et naturelle.

  • Le coquelicot : un dispositif adossé aux arbres pour encourager la socialisation autour. L’arbre devient un « refuge », contre la chaleur et la pluie. La corolle d’air installée autour du tronc s’adapte à la météo.

  • Le papillon : un arrêt de bus revisité, qui constitue un espace de repos et de fraîcheur. Un système de réemploi de l’eau de pluie et des brumisateurs pour rafraîchir les passants.

  • La chrysalide : conjugaison de plusieurs coquelicots qui forment un lieu ombragé, frais et végétal pour les espaces de transition des citadins. L’installation permet le réemploi de l’eau de pluie et la mise en place de brumisateurs actifs.

Le quartier : fabrique de la ville et migrations climatiques

La dernière échelle d’analyse de la ville en 2050 est celle du quartier. Un niveau d’analyse complexe, donc plus prospectif. L’intention est de briser la logique linéaire de la ville pour redessiner la logique urbaine en tenant compte de la potentielle arrivée massive de migrants climatiques.

Pour répondre à ces enjeux, l’école et la formation sont placées au cœur des centres-ville, pour intégrer et former tout en garantissant le mélange des générations.

La réponse se structure autour de trois principales briques :

  • La ville intégratrice, un modèle d’organisation urbaine, applicable partout. Dans ce modèle, l’espace est divisé en différentes zones pour favoriser les échanges sociaux et empêcher l’isolement. Une zone pour accueillir les migrants en phase d’adaptation et une autre pour héberger les migrants intégrés et les locaux. Au cœur de chaque quartier, les campus regroupent écoles, centres de formation et de nombreux services de proximité. L’entrelacement des deux zones d’habitation fait la valeur de la ville intégratrice.

  • Le campus de quartier, un lieu central de rencontre et de partage, contribue à créer un nouveau système éducatif. C’est parce que la rencontre des populations se fait notamment par les enfants et la jeunesse que le campus a été choisi pour déterminer l’existence d’un quartier.

  • Et enfin, le bâtiment Lego. Sur le modèle de l’urbanisme transitoire, et pour faciliter l’hébergement des migrants qui viennent d’arriver, c’est une forme de logement d’urgence, modulable, aisément montable et démontable. Ces lots sont redistribuables et réutilisables par d’autres collectivités, quand les besoins ne sont plus là. Cela est rendu possible par la mise en place d’un système de commande, qui favorise le réemploi et la logique d’économie circulaire entre les collectivités.

Le lien social, l’adaptabilité aux nouveaux contextes climatiques et l’intégration sont les enjeux majeurs qui ont guidé ce travail d’immersion dans la ville de 2050. Ces quatre projets proposent un futur souhaitable à différentes échelles de l’espace urbain. Les imaginaires explorés ont permis de cartographier les imaginaires actuels pour tenter de façonner la vision pour 2050 d’une ville soucieuse de son environnement, de ses habitants, et qui retisse des relations distendues par nos modes de vie contemporains.

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