Quatre conseils pour limiter la pollution de l’air chez soi

Éteindre les bougies, un geste simple pour limiter les émissions nocives liées à la combustion. Shutterstock

L’Institut national de la consommation a récemment fait le buzz en alertant sur ces produits dits « purifiants » (antiallergènes, antiacariens, antibactériens en diffuseurs ou aérosols) « qui loin d’assainir la maison comme le prétendent fabricants et vendeurs, décuplent en réalité la pollution intérieure ».

S’il ne suffit donc pas de faire « pschitt » pour respirer sain chez soi, que faire pour s’assurer de la bonne qualité de son air ambiant ?

On ne s’aventurera pas ici à résumer tout ce qu’en dit la science, tant les composés présents dans l’habitat sont nombreux et leur chimie complexe. La revue spécialisée Indoor Air a toutefois énoncé quatre grands principes, classés par ordre de priorité, pour une bonne qualité d’air intérieur. Il s’agit donc de réduire les émissions à l’intérieur du lieu de vie ; de garder ce dernier au sec ; de bien ventiler ; et, enfin, de le protéger des pollutions extérieures.

L’application de ces principes ne saurait toutefois relever de la seule responsabilité de l’habitant. Car la mise sur le marché des produits, l’édiction de règles constructives, la réduction des pollutions extérieures ou encore l’obligation d’information des consommateurs relèvent de l’action publique.

Ceci étant dit, nous restons en règle générale maîtres chez nous de l’air… que nous polluons puis respirons. Heureusement, les bons gestes ne sont pas contre-intuitifs et le bon sens y trouve son compte. Voyons à quoi, dans la pratique, correspondent ces quatre principes classés par ordre de priorité.

1. Réduire les émissions à l’intérieur

Le contrôle à la source est à privilégier pour éviter des concentrations excessives, l’exemple ultime et funeste étant le monoxyde de carbone émis par des chauffe-eau défectueux ou des chauffages de fortune responsables d’une centaine de décès par an.

D’ailleurs toute combustion non ou mal contrôlée est à proscrire : cigarette bien évidemment, mais aussi d’autres émetteurs de contaminants aériens comme les bougies et les encens … Mais si l’on ne devrait rien faire brûler dans sa maison pour qu’elle sente bon, il n’est pas non plus recommandé de se fier les yeux fermés aux parfums chimiques ou épurateurs d’air.

Pour les odeurs, mieux vaut donc les éviter que les masquer ! D’ailleurs, un peu de ménage (en limitant les produits parfumés, avec serpillière et/ou un aspirateur doté d’un filtre à haute efficacité) ne fera pas de mal. En effet, les composés dits semi-volatils (plastifiants, retardateurs de flamme, pesticides…) trouvent refuge dans la poussière pour ensuite se revolatiliser. Une fois le ménage terminé vous pourrez ranger vos produits dans une pièce non occupée ou, à défaut, une pièce ventilée.

Vigilance également à l’endroit des pesticides appliqués sur les plantes et les animaux. Car nous finissons par les inhaler, les ingérer via le contact des mains avec les surfaces et poussières, puis des mains avec la bouche. Les enfants sont ici tout particulièrement concernés.

Pour ce qui est des contaminants biologiques, des travaux publiés dans la revue Pollution atmosphérique donnent des conseils pratiques aux amis des bêtes et aux ennemis des acariens et des moisissures.

2. Surveiller l’humidité

Il existe aujourd’hui un solide corpus de connaissances épidémiologiques établissant un lien entre l’humidité des logements et le risque de survenue de troubles respiratoires ou allergiques comme l’asthme, les infections respiratoires, la toux, les rhinites allergiques…

Si les agents causaux (moisissures, champignons…) ne sont pas tous identifiés, il est intéressant de noter que les troubles sont associés aux signes visibles d’humidité et de moisissure, ce qui permet de déclencher aisément des actions.

Celles-ci reposent sur la limitation et l’aspiration des émissions de vapeur d’eau et la ventilation. Il faut aussi mentionner des facteurs liés au bâtiment lui-même, échappant donc plus ou moins à l’occupant. Par exemple, l’enveloppe de l’habitation doit protéger de l’humidité extérieure (on veillera donc à ce que les matériaux ne soient pas stockés dehors pendant le chantier de construction) et également éviter la condensation ; ce dernier conseil vaut pour les climatiseurs qui doivent éviter la condensation de l’air extérieur.

3. Bien ventiler

La ventilation, si elle est suffisante et efficace, permet de limiter l’accumulation des émissions inévitables liées aux occupants eux-mêmes.

Elle ne saurait cependant être un moyen de compenser des émissions excessives évoquées plus haut. Assurez-vous donc de son bon fonctionnement en suivant ces gestes simples.

4. Éviter les pollutions extérieures

Ce dernier principe est celui dont l’application nous échappe sans doute le plus en tant qu’occupant, puisque la qualité de l’air extérieur dépend d’actions collectives et d’innovations techniques sur des dispositifs de filtration (ou d’isolation des émanations du sous-sol dans les régions granitiques émettrices de radon).

On peut bien sûr y contribuer par des modes de transport moins émissifs et en ne plantant pas d’espèces émettrices de pollens allergisants. Pour aérer son logement, on préférera donc éviter les heures de pointe de trafic automobile en ville et la journée en période de pollinisation.

Ce buzz sur la qualité de l’air de son logement vous aura-t-il incité à y mettre du vôtre ? Espérons qu’il contribue également à la mise sur l’agenda politique de la problématique de la qualité de l’air intérieur pour la mise en œuvre d’actions publiques volontaristes et le développement de la recherche.

Le bon sens évoqué ici est en effet compatible avec des progrès et des innovations pour des matériaux et meubles moins émissifs, des méthodes et connaissances nouvelles pour quantifier les risques, des solutions efficientes de couplage ou découplage ventilation/climatisation ou chauffage, des capteurs alertant les occupants ou permettant d’optimiser le fonctionnement de la maison…