Coronavirus : le point hebdomadaire sur la couverture internationale (10)

La gestion de la pandémie Covid-19 a donné lieu à des mesures de politique publique sévères dans le monde entier, notamment des mesures de confinement visant à réduire au minimum les interactions humaines. Ces mesures, qui ont mis un terme à de grandes parties de l’activité économique, ont eu des conséquences dévastatrices, obligeant les entreprises à licencier des dizaines de millions de travailleurs dans le monde.

Pour atténuer les conséquences sociales et économiques, les gouvernements ont dû puiser dans leurs ressources financières qui, dans certains cas, étaient déjà mises à rude épreuve. Ces dépenses s’ajoutent à celles que l’exécutif doit injecter dans les systèmes de santé pour lutter contre la pandémie, alors que l’arrêt de l’activité économique a souvent entraîné une suspension voire une annulation des impôts des entreprises, mettant à rude épreuve les finances publiques.

Dans ce tour d’horizon de nos experts internationaux, nous avons rassemblé de nombreuses analyses concernant les budgets des états en temps de pandémie, l’aggravation des inégalités liées au travail à distance, les répercussions de la pandémie sur l’inflation, la hausse du chômage et la probabilité d’une augmentation du fardeau de la dette pour les générations futures.


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Notre point hebdomadaire d’informations expertes sur le coronavirus. Composé d’associations à but non lucratif, The Conversation est un média qui travaille avec des milliers d’universitaires à travers son réseau mondial. Ensemble, nous publions des analyses basées sur les faits et la recherche académique. Les articles sont gratuits – il n’y a pas de paywall – et peuvent être republiés.


Ce que font les différents pays

Les gouvernements ont deux options pour financer les dépenses supplémentaires : augmenter les impôts et accroître la dette.

  • Un certain nombre de pays africains sont confrontés à des finances publiques tendues, certains luttant déjà pour rembourser leur dette. En réponse, des appels de plus en plus nombreux ont été lancés en faveur d’un allégement de la dette. Cependant, Rodrigo Olivares-Caminal soutient que toute proposition de moratoire doit impliquer les prêteurs et les investisseurs afin d’éviter des conséquences involontaires qui pourraient être coûteuses pour l’Afrique.

  • Le Canada prévoit une multiplication par douze de son déficit budgétaire pour cet exercice financier, en raison de la forte baisse des prévisions de recettes fiscales et des mesures extraordinaires prises par le gouvernement pour soutenir l’économie et gérer la pandémie. Toutefois, comme le souligne Patrick Lebland, cela ne se traduira peut-être pas par une augmentation des impôts.

Le rendement moyen des obligations négociables du gouvernement du Canada de trois à cinq ans. À noter : les coûts d’emprunt pour le gouvernement fédéral ont diminué depuis le début de la pandémie de coronavirus. Bank of Canada
  • Aux États-Unis, le chômage est passé de 4,4 % en mars à 14,7 % en avril, mais Jay L. Zagorsky affirme que ce taux ne devrait pas atteindre 25 %, soit le plus haut niveau atteint pendant la dépression de 1933. Selon lui, la crise sera de courte durée et l’économie américaine rebondira lorsque les gens reprendront leurs activités économiques.

  • La Banque de réserve australienne a prévu une croissance économique trop optimiste (une personne sur 13 en Australie va perdre son emploi) pour les deux prochaines années, selon Peter Martin. S’appuyant sur ce qui s’est passé après la crise financière mondiale de 2008, il voit une reprise qui ressemble davantage à un bateau à fond plat.

En attendant, Alan Shipman met en garde contre les dangers d’une nouvelle baisse de l’inflation des prix à la consommation. Lorsque les consommateurs sentent que les prix vont continuer à baisser, ils reportent leurs dépenses pour des achats non essentiels, espérant acheter plus tard à un prix encore plus bas. Un tel comportement entraîne évidemment une baisse des dépenses de consommation, l’un des principaux moteurs de l’activité économique.

Que se passe-t-il lorsque les capitaux cessent de circuler ? Kate Townsend/Unsplash

Le lieu de travail et l’inégalité

  • Dave Cook décrit les cinq tendances qui façonneront le lieu de travail de l’avenir.

  • Le travail à distance peut être une source d’inégalité socio-économique, avertissent Ugo Lachapelle et Georges A. Tanguay. Bien que la mesure vise à ralentir la propagation de la pandémie, les chercheurs ont analysé les données de l’Enquête sociale générale (ESG) canadienne de 2015 pour montrer que le nombre de télétravailleurs augmente selon le salaire et la situation économique. Les emplois comportant une forte proportion de travailleurs à faible revenu comptent généralement peu de télétravailleurs et perdent ainsi leurs avantages.


Enquête sociale générale (ESG) canadienne de 2015, pondérée pour représenter la population active canadienne.

This article was originally published in English

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