Tous différents. Pixabay

May, 11 ans : « Pourquoi les gens se moquent de la culture des autres, alors qu’ils ne l’ont pas choisie ? »

C’est vraiment une très bonne question. Elle part d’une évidence dont peu de gens semblent conscients : nous naissons à un endroit du monde par hasard. Nous arrivons au monde dans un milieu que nous ne choisissons pas. Chacun de nous est donc un héritier. Que ce milieu soit favorable (parents cultivés, financièrement aisés) ou le soit moins, nous n’y pouvons rien, notre responsabilité est nulle. Nous ne devrions avoir ni mérite, ni honte. Nous aurions pu naître ailleurs et donc notre fierté d’être, par exemple, français ne repose sur aucune raison solide.

Cette réalité ne doit pas nous empêcher d’être heureux de ce que notre pays a pu donner au monde. Dans le cas de la France, cela peut être les principes comme ceux de la devise républicaine : liberté, égalité, fraternité, issue de la révolution de 1789.

Alors, pourquoi, bien souvent, trop souvent, les gens ont tendance à se moquer des comportements, des croyances ou des valeurs de cultures différentes de la nôtre ?

Souvent parce qu’ils sont surpris, ou qu’ils trouvent inconfortables ces façons d’être différentes. On pourrait dire que le respect des différences commence par l’éducation et l’information. Sans elles, on n’imagine que très difficilement que les humains puissent se comporter ou penser de manières aussi diverses. On sait qu’il existe des conventions sociales : par exemple, rouler à droite ou à gauche. Elles s’expliquent souvent par l’histoire. Elles n’ont pas d’autre signification que les circonstances. Nous en rions parfois, et ce n’est pas bien grave.

Mais notre tolérance est soumise à plus rude épreuve lorsque les différences entre cultures concernent des choses plus importantes, comme la religion (ces différences d’ailleurs existent à l’intérieur d’un même territoire). Alors on a tendance à considérer que ce que nous faisons et croyons est bien mieux que ce que font les autres. Mais il faut apprendre à nuancer son jugement. Bien entendu, on ne peut tout admettre. Il existe des principes fondamentaux sur lesquels on ne peut transiger : l’égalité entre les sexes, le refus de la violence, le respect des libertés fondamentales, etc.

Tolérer, c’est donc accorder à autrui le droit d’exprimer des opinions ou d’avoir des comportements que nous n’approuvons pas (parfois parce qu’ils sont inhabituels, là où nous vivons). On oublie souvent que tolérer n’a de sens que si la conduite d’autrui heurte nos préférences. Il suffit de songer aux actes d’un enfant : on ne l’interdit pas toujours même si l’on aimerait qu’il agisse autrement. Les façons de s’habiller sont souvent sujettes à incompréhension. Nous invoquons, par exemple, la liberté de se vêtir comme nous le désirons, alors que d’autres invoquent la pudeur pour justifier leurs choix. Mais, bien souvent, on a plus de chances de se faire comprendre par la persuasion que par la contrainte. Il faudrait que nous nous inspirions de ce principe lorsque nous sommes en présence de comportements très différents des nôtres. Nous devrions nous dire que nous pourrions être à la place de ceux dont nous sommes tentés de nous moquer.


Diane Rottner, CC BY-NC-ND

Si toi aussi tu as une question, demande à tes parents d’envoyer un mail à : tcjunior@theconversation.fr. Nous trouverons un.e scientifique pour te répondre.

Illustration : Diane Rottner.