L’enseignement supérieur et la recherche, acteurs essentiels dans la lutte contre les changements climatiques

L'enseignent supérieur et la recherche s'engage sur le climat. Dominique Faget / AFP

En cette fin d’année 2015, dans le cadre de la COP21 qui voit 150 chefs d’État se réunir pour conclure un accord sur le climat qui met en jeu l’avenir de notre planète, l’Enseignement supérieur et la Recherche français publient leur agenda des solutions, présenté le 2 décembre au Bourget.

Celles-ci sont le fruit notamment des travaux du colloque Eco-campus 3 organisé les 15 et 16 octobre derniers par la Conférence des Présidents d’Université (CPU) et la Conférence des grandes écoles (CGE) à l’université de Paris Ouest Nanterre la Défense et à l’Essec Business School et Kedge Business School, qui a fondé le Sulitest (Sustainability Literacy Test).

Détermination

Les établissements d’enseignement supérieur français affirment aujourd’hui leur pleine détermination à s’engager dans le grand défi de la transition écologique et de la lutte contre le changement climatique ; ils soutiennent que leurs campus, intégrant ces enjeux, peuvent constituer des leviers majeurs pour la mobilisation de la jeunesse et la mutation des territoires vers de nouvelles formes de comportement et de vivre ensemble.

Universités et écoles, nous sommes des acteurs incontournables de ces défis :

  1. parce que, en vertu de nos missions fondamentales, celles de l’enseignement et la recherche, nous avons la responsabilité de faire progresser la connaissance, l’acculturation et la formation des citoyens, et le développement des innovations nécessaires à l’accompagnement de la transition énergétique ;

  2. parce que notre activité, avec les locaux et les usages qu’elle induit, impacte l’environnement, et que nous avons la responsabilité de réduire notre empreinte écologique ;

  3. enfin, parce que, en raison de ces deux dimensions, nos campus représentent des démonstrateurs uniques permettant de déployer les solutions positives pour la lutte contre le changement climatique et servir d’exemple dans les territoires où nous sommes implantés, car c’est localement que les changements s’opèreront, en collaboration avec les collectivités, les ONG et les entreprises engagées dans une démarche de responsabilité sociétale.

Plan vert

Mais nous n’avons pas attendu la COP21 pour nous engager concrètement dans la transition énergétique et écologique de nos campus !

Dès 2010, la CPU et la CGE ont lancé un Plan vert des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, et mis au point le référentiel correspondant.

Chaque établissement universitaire a pu ainsi entreprendre un état des lieux, diagnostiquer ses points forts et ses points faibles, définir sa stratégie de développement durable, élaborer son plan d’action, le mettre en œuvre et développer un processus d’amélioration continu.

Cadre commun à tous les établissements, ce Plan vert illustre les actions menées, les initiatives développées et souligne les pratiques performantes.

Dans la continuité de ce travail, les conférences ont défini un label, véritable outil d’incitation à l’évaluation et au progrès continu, qui est un label « développement durable & responsabilité sociétale » ouvert à tous les établissements engagés dans cette démarche.

Acteurs innovants

Conscients de cette responsabilité que nous portons, nous rassemblons nos forces pour devenir dans nos territoires respectifs des acteurs exemplaires et innovants.

Mais nous avons besoin de compter sur le soutien des pouvoirs publics, nationaux, locaux et européens afin de bénéficier des financements qui se mettent en place pour la transition énergétique.

Ce soutien est encore timide, et il tarde à s’exprimer au niveau attendu…

Notre ambition, dans les débats qui vont suivre, est de montrer à notre pays que l’enseignement supérieur est aussi un acteur engagé au cœur des changements sociétaux.

Nous sommes prêts à apporter la démonstration que la société pourra compter sur les universités et les grandes écoles pour faire aboutir, avec ses personnels, avec ses étudiants, des réalisations concrètes dont notre jeunesse pourra se réclamer et s’inspirer !


Signataires associé(e)s :

Denez L’Hostis, Président de France Nature Environnement (FNE)
Denez L’Hostis est engagé dans les associations de protection de la nature depuis plus de quarante ans. Responsable du réseau Mer, océans et littoraux de France Nature Environnement, il a derrière lui un parcours professionnel varié, tourné vers la mer et l’environnement. Diplômé de l’ESSEC (1970), Denez L’Hostis a débuté comme chercheur à l’INRA et à l’Ifremer, avant de diriger une importante organisation de pêcheurs puis le Port-Musée de Douarnenez et la Cité de la Mer à Cherbourg. Il s’implique également depuis les années 70 pour le développement des énergies renouvelables, notamment de l’énergie éolienne. Vice-président de la communauté d’agglomération et conseiller municipal de Quimper entre 2008 et 2014.

Clara Doly-Tacconi, Présidente du Collectif pour l’intégration de la Responsabilité sociétale et du Développement durable dans l’enseignement supérieur (CIRSES), Directrice stratégie et développement territorial à l’Université ParisSeine
Clara Doly-Tacconi est présidente du CIRSES et responsable stratégie et développement à l’Université Paris Seine, titulaire d’un diplôme d’Ingénieur Agronome, génie de l’environnement et de la ressource. Le CIRSES est le premier réseau français professionnel qui a vocation à regrouper les responsables développement durable et patrimoine des universités et des écoles, au niveau technique et politique.

Oriane Cebile, Présidente du Réseau français des étudiants pour le développement durable (REFEDD)
Diplômée de Sciences Po, Oriane Cebile est présidente du REFEDD qui regroupe environ 100 associations membres. Elle est également en charge des relations institutionnelles et du plaidoyer. Le REFEDD rassemble, forme et porte la voix des étudiant.e.s sur le développement durable. Ces objectifs s’exercent dans le cadre d’un réseau thématique et d’un réseau géographique national.